Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1519 :
Hernán Cortés débarque sur les côtes de l’actuel Veracruz. Ce petit groupe de conquistadors ouvre la voie à la chute de l’Empire aztèque. Très vite, Cortés noue des alliances, souvent forcées, avec les Totonaques, soumis à Tenochtitlan et désireux de s’en libérer. Ces alliances indigènes, plus que la force espagnole elle‑même, permettent l’avancée vers l’intérieur du pays et préparent l’effondrement de l’empire mexica.
1643 :
Les Canarsee, un groupe munsee‑lenape de l’actuel Brooklyn, concluent une paix provisoire avec les Hollandais à Fort Amsterdam, au tout début de la guerre de Kieft. Cette négociation survient juste après les massacres commis par les troupes néerlandaises contre des réfugiés munsee, qui ont déclenché une insurrection générale. Le sachem canarsee Penhawitz, figure diplomatique importante, facilite la rencontre entre les chefs autochtones et les autorités hollandaises pour tenter d’éviter une guerre totale. Les Canarsee sont souvent associés à la vente de Manhattan en 1626, mais ils n’en étaient pas les propriétaires : l’île appartenait aux Munsee‑Manhattan, et l’échange conclu avec les Hollandais était probablement symbolique. La paix du 4 mars reste brève : les hostilités reprennent rapidement et la guerre se poursuit jusqu’en 1645. Cet épisode illustre la diplomatie autochtone, la fragmentation des nations munsee et la violence structurelle de la colonisation néerlandaise.
1781 :
Le début mars 1781 marque le moment où la grande rébellion andine menée par Túpac Amaru II bascule en faveur des forces coloniales espagnoles. Après plusieurs mois de victoires et une mobilisation indigène massive, les troupes royales lancent une contre‑offensive coordonnée depuis Cuzco, le Haut‑Pérou et le Río de la Plata. Les Espagnols coupent les routes, isolent les communautés alliées et resserrent l’étau autour de la région de Tinta, cœur du soulèvement. Les élites créoles, d’abord ambiguës, se retirent, laissant Túpac Amaru II presque seul face à l’appareil colonial. Quelques jours plus tard, il est capturé avec sa famille, prélude à son exécution publique le 18 mai 1781. Ce tournant marque la fin de la phase initiale de la révolte, mais non de la résistance andine, qui se poursuit sous d’autres chefs comme Túpac Katari.
1825 :
la Russie et la Grande‑Bretagne signent le traité de Saint‑Pétersbourg, qui fixe la frontière entre l’Alaska russe et le Canada britannique. Cette ligne, tracée depuis les capitales impériales, ne tient aucun compte des territoires de vie des Inuit, Aléoutes et Tlingits, qu’elle coupe arbitrairement. Le traité facilite l’expansion des compagnies coloniales et sera repris tel quel lors de la vente de l’Alaska aux États‑Unis en 1867. Il laisse un héritage durable de fragmentation territoriale et de revendications autochtones toujours actives.
1829 :
Le jour de son investiture, Andrew Jackson annonce les principes de ce qu’il appelle une « politique juste » envers les nations autochtones. Sous un langage paternaliste, il prépare en réalité une vaste entreprise de déplacement forcé. Selon lui, les peuples autochtones doivent quitter l’Est des États-Unis pour « leur propre bien », afin de laisser place à l’expansion des États et des colons. Cette vision, présentée comme inévitable, nie la souveraineté des nations et les place devant un faux choix : se soumettre aux lois des États ou partir vers l’Ouest.
Cette déclaration ouvre la voie à l’Indian Removal Act de 1830 et aux déportations massives qui suivront, dont la Trail of Tears. Un moment fondateur et tragique de la politique fédérale envers les peuples autochtones.
1849 :
La gestion des affaires indiennes passe du Département de la Guerre au tout nouveau Département de l’Intérieur. Ce changement administratif marque une transition : on passe d’une gestion purement militaire à une tentative de « civilisation » et de contrôle bureaucratique des réserves.
1870 :
L’exécution de Thomas Scott constitue un tournant majeur de la Rébellion de la rivière Rouge menée par Louis Riel et le gouvernement provisoire métis. Scott, militant orangiste violemment opposé aux Métis, avait été arrêté pour insubordination et menaces de mort contre Riel. Condamné par un tribunal métis, il est exécuté à Upper Fort Garry, ce qui provoque une explosion d’indignation dans la population canadienne-anglaise, particulièrement en Ontario. Cet acte sert de prétexte au gouvernement canadien pour envoyer une expédition militaire dans la colonie, imposer son autorité et affaiblir durablement le pouvoir politique métis. L’événement marque une rupture profonde entre les Métis et l’État canadien, et ouvre la voie à la marginalisation des peuples autochtones des Plaines.
1921 :
Le 4 mars marque souvent la fin des cycles de financement fédéraux. En 1921, cette date est liée aux débats sur le Snyder Act, qui a finalement autorisé le gouvernement à dépenser des fonds pour la santé, l’éducation et l’aide aux Amérindiens « partout aux États-Unis », jetant les bases de la citoyenneté universelle qui sera accordée en 1924.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
* Gravure d’un village Manhattan avant la présence hollandaise
Manuel de la Corporation de la ville de New York (Mauel de Valentine) Edition 1858- NYC Municipal Library.