Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1789 :
George Washington est élu premier président des États‑Unis.
Washington mettra en place les premiers traités fédéraux et les premières campagnes militaires contre les nations autochtones de l’Est, son « Plan de civilisation »
Si les Cherokees passent pour des bons élèves (peut-être même trop bon), les Haudenosaunee (Iroquois) restent traumatisés par l’expédition Sullivan (1779, destruction d’une quarantaine de villages) et surnomme Washington Hanadaguyus, « Le Destructeur de Villes ».
1794 :
Le Congrès américain crée le “Treasury Department Indian Fund” destiné à financer les traités avec les nations autochtones, les paiements annuels (annuities) et les cadeaux diplomatiques aux chefs autochtones.
Dès lors, les relations avec les nations autochtones deviennent un budget fédéral permanent, ce qui structure toute la politique indienne du XIXᵉ siècle.
1802 :
Ouverture à Washington d’une audience diplomatique entre le président Thomas Jefferson et le chef shawnee Black Hoof (Catecahassa). Celui‑ci expose les préoccupations des Shawnees, partagées par les Delawares, face à l’expansion américaine, aux violations de traités et aux pressions croissantes sur leurs terres. Cette rencontre illustre la ligne d’accommodement défendue par Catecahassa et annonce les tensions futures avec la position plus radicale de Tecumseh et Tenskwatawa.
1813 :
Les Red Sticks (Creeks traditionalistes) attaquent le camp américain de Camp Defiance, près de la Tallapoosa, dans la nuit du 26 janvier 1814. L’artillerie permet de repousser l’assaut, mais malgré cette victoire tactique, les Américains sont ébranlés et se replient immédiatement vers Fort Mitchell.
Cet épisode illustre la contradiction de la politique fédérale : vingt ans après la création du Treasury Department Indian Fund (5 février 1794), censé “civiliser” les nations autochtones, le gouvernement utilise désormais ses ressources pour mener une guerre totale contre les peuples qui refusent l’assimilation.

1843 :
Le Congrès de la République du Texas autorise le président Sam Houston à utiliser des fonds publics et à nommer des émissaires chargés d’organiser des conseils de paix avec plusieurs nations du Texas (Caddos, Wichitas, Kichais, Tawakonis). Cette initiative ouvre la voie au processus diplomatique qui aboutira quelques mois plus tard à la signature du traité de Bird’s Fort.
1854 :
L’État du Texas adopte une loi autorisant le gouvernement fédéral des États-Unis à choisir des sites pour établir deux réserves indiennes dans l’État :
- La première, sur la Clear Fork of the Brazos, pour accueillir les Comanches
- La seconde, plus au sud sur la Brazos, pour les « villages indians » (Caddo, Waco, Anadarko, Tonkawa, etc)
1917 :
La Constitution de 1917, adoptée à l’issue de la Révolution mexicaine, ouvre de nouveaux droits aux communautés autochtones. En reconnaissant pour la première fois la personnalité juridique des ejidos (terres communales), elle permet aux villages indigènes de revendiquer légalement les terres accaparées par les haciendas sous le régime de Porfirio Díaz. Ce texte fonde le droit agraire moderne au Mexique et redonne aux peuples autochtones une part essentielle de leur autonomie économique, même si la restitution effective des terres se fera progressivement dans les décennies suivantes.