Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1551 :
Le pape Jules III confirme Lima comme centre religieux majeur du Pérou colonial. Cette décision centralise l’évangélisation forcée des peuples quechuas et aymaras. Depuis Lima s’organisent la destruction des cultes andins, la répression des prêtres traditionnels, la création des réductions et la transformation profonde des structures sociales et cosmologiques des Andes.
1553 :
Les nouvelles des premiers succès mapuches contre les Espagnols, menés par Lautaro, se diffusent dans tout le sud du Chili. Ces victoires préparent la déroute espagnole de Tucapel (décembre 1553) et stabilisent la résistance indigène. Grâce à cette dynamique, les Mapuches resteront indépendants de la couronne espagnole pendant près de trois siècles, un cas unique en Amérique du Sud.
1643 :
Sous les ordres du gouverneur Willem Kieft, des soldats néerlandais attaquent de nuit un campement lenape à Pavonia, tuant environ 80 personnes, tandis que 40 autres sont tuées à Corlear’s Hook. Le massacre de Pavonia déclenche la guerre de Kieft (1643–1645) et marque un tournant dans la dépossession violente des peuples algonquiens de la région de New Amsterdam.
1779 :
George Rogers Clark reprend Fort Sackville à Vincennes après un siège audacieux. Cette victoire stratégique consolide les revendications américaines sur le Territoire du Nord‑Ouest. Elle affaiblit les alliances autochtones pro‑britanniques (Miami, Shawnee, Outaouais, Potawatomi) et ouvre la voie à une expansion coloniale rapide, entraînant bientôt des guerres et des pertes territoriales massives pour les nations de la vallée de l’Ohio.
1799 :
Le Congrès adopte une loi allouant des fonds pour appliquer les traités conclus avec plusieurs nations autochtones. Cette loi finance les annuités, les fournitures et les opérations diplomatiques prévues par les traités, renforçant l’influence fédérale dans les territoires autochtones et préparant de nouvelles négociations.
1805 :
Les négociations du traité de Fort Industry entrent dans une phase décisive. Sous forte pression, les Wyandots, Ottawas, Chippewas, Munsees, Delawares et Shawnees sont poussés à céder une immense partie de leurs terres dans l’Ohio et le sud du Michigan. Ce traité ouvre la voie à une colonisation massive et prépare les conflits autochtones des années suivantes, notamment la résistance de Tecumseh.
1825 :
Dans le Panama intégré à la Grande Colombie, des réformes administratives républicaines sont mises en place. Elles entraînent une perte d’autonomie pour les peuples Guna et Emberá, qui doivent désormais faire face à de nouvelles pressions territoriales, politiques et culturelles. Ce moment marque le début d’un long cycle de résistance autochtone face aux élites républicaines.
1873 :
En pleine guerre des Modocs, les tensions atteignent un point de non‑retour. Captain Jack et une cinquantaine de guerriers se retranchent dans le Lava Beds Stronghold, utilisant les formations de lave comme forteresse naturelle. Leur résistance héroïque contre une armée largement supérieure fait de ce conflit l’un des plus coûteux et symboliques des guerres indiennes.
1875 :
Après des mois de fuite à travers les Plaines, Lone Wolf et 252 Kiowas se rendent à Fort Sill. Cette reddition marque la fin de la résistance kiowa après Palo Duro Canyon. Lone Wolf est ensuite envoyé comme prisonnier de guerre à Fort Marion, en Floride
1885 :
Dans les Territoires du Nord-Ouest, les Métis réalisent que le gouvernement canadien refuse leurs revendications foncières. Les tensions atteignent un point critique : assemblées, patrouilles et organisation d’un gouvernement provisoire. Cette date marque le début de la crise qui mènera à la Résistance du Nord-Ouest en mars 1885.
1920 :
Le Canada discute et met en œuvre des amendements majeurs à la Loi sur les Indiens. Ces changements renforcent l’assimilation forcée : scolarité obligatoire dans les pensionnats, émancipation imposée, perte du statut d’Indien, contrôle accru sur les femmes autochtones et surveillance bureaucratique renforcée. Ces mesures bouleversent durablement les structures sociales et politiques des Premières Nations.
* Photo : Captain Jack – Louis Heller – 1873
Huntington Digital Library