Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1522 :
L’Espagnol Gil González Dávila poursuit son expédition le long de la côte pacifique du Costa Rica et du Nicaragua, l’une des premières incursions coloniales dans la région. Durant cette période, il rencontre plusieurs chefs autochtones, dont le célèbre chef Nicoya, et impose les premiers baptêmes massifs ainsi que le tribut au nom de la Couronne espagnole. Ces contacts, menés sous pression militaire et religieuse, marquent le début de l’évangélisation forcée et de l’installation du système colonial, bouleversant les structures politiques et culturelles des peuples chorotegas et nahuas.
1561 :
Ñuflo de Chaves fonde Santa Cruz de la Sierra dans les Llanos de Chiquitos. Cette implantation ouvre la voie à la colonisation espagnole des terres basses boliviennes. Pour les peuples locaux, comme les Chiquitanos ou les Chiriguanos, elle marque le début de l’encomienda, des premières réductions missionnaires et d’un long cycle de résistance face à l’expansion coloniale.
1690 :
Les survivants de Schenectady, petite ville frontalière de la vallée de la Mohawk, évaluent les ravages causés par un raid franco‑autochtone survenu dans la nuit précédente. L’attaque, menée par des soldats français accompagnés de guerriers Algonquins, Abenakis et Hurons‑Wendats, s’inscrit dans la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, conflit européen transposé en Amérique du Nord. La ville est presque entièrement détruite, une soixantaine d’habitants sont tués et plusieurs captifs sont emmenés vers le Canada. Les Mohawks, alliés des Anglais, arrivent trop tard pour empêcher le massacre mais s’organisent dès le 26 février pour poursuivre les assaillants et renforcer leur alliance avec Albany. Cet épisode illustre la manière dont les nations autochtones utilisent les rivalités coloniales pour défendre leurs propres intérêts, transformant un conflit européen en une guerre complexe d’alliances, de territoires et d’équilibres diplomatiques en Amérique du Nord.
1757 :
Fort Augusta, construit à Shamokin sur la Susquehanna, est brièvement assiégé par des guerriers autochtones (Delawares et Shawnees) alliés aux Français. L’attaque, bien que courte, symbolise la résistance autochtone à l’expansion coloniale britannique et annonce une intensification des conflits sur la frontière pennsylvanienne
1801 :
Dans la région de Tepic (Nayarit), les peuples Cora et Huichol participent à une série de soulèvements contre les réformes bourboniennes et les abus des autorités espagnoles. Ces révoltes, nourries par une longue tradition de résistance, visent à préserver l’autonomie territoriale et politique des communautés indigènes face à l’emprise croissante du pouvoir colonial.
1850 :
Les tensions frontalières entre le Costa Rica et le Nicaragua s’intensifient autour de la région du Guanacaste, chacun revendiquant ce territoire stratégique. Les deux jeunes républiques cherchent à fixer une frontière stable, mais leurs négociations se déroulent sans aucune consultation des Chorotegas, habitants historiques de la zone. Leurs terres sont découpées, redistribuées et intégrées aux nouvelles juridictions nationales, reproduisant les logiques de spoliation héritées de la période coloniale. Pour les communautés chorotegas, cette période marque le début d’une marginalisation accrue, entre perte de contrôle territorial, pressions administratives et effacement politique dans les États indépendants d’Amérique centrale.
1860 :
Une milice de colons attaque le village cérémoniel wiyot pendant la World Renewal Ceremony, tuant entre 80 et 250 personnes, principalement des femmes et des enfants. Le massacre de l’île de Tuluwat (Indian Island), coordonnée avec d’autres massacres dans la région, s’inscrit dans le génocide californien.
1877 :
Le président Ulysses S. Grant signe l’acte qui retire officiellement les Black Hills (Pahá Sápa) de la réserve lakota, en violation flagrante du traité de Fort Laramie de 1868, lequel garantissait que toute cession devait être approuvée par les trois quarts des hommes lakotas adultes. Poussés par la ruée vers l’or déclenchée après l’expédition de Custer en 1874, les États‑Unis imposent cette cession sous la contrainte, coupant les rations et utilisant la famine comme levier politique.
Pour les Lakotas, c’est le vol d’un territoire sacré, cœur spirituel de leur monde et lieu d’origine cosmologique. Cet acte marque un tournant décisif dans la Grande Guerre Sioux, accélère la chute des derniers groupes résistants et ouvre la voie à une colonisation massive des Grandes Plaines. Plus d’un siècle plus tard, en 1980, la Cour suprême reconnaîtra officiellement que cette confiscation était illégale — un vol jamais réparé, car les Lakotas refusent toujours l’argent proposé : « Les Black Hills ne sont pas à vendre. »
1885 :
Le Congrès américain adopte une loi interdisant l’enclosure (clôture) illégale des terres publiques. Si cela semble administratif, c’était crucial pour les peuples des Plaines (comme les Cheyennes et les Arapahos) dont les terres de réserve étaient souvent illégalement clôturées par des éleveurs de bétail blancs, empêchant les mouvements traditionnels et l’accès aux ressources.
* Dessin (ledger drawing) anonyme d’un Guerrier Arapaho à cheval combattant un groupe de guerriers Navajos ou Pueblos (env.1860) – Smithsonian institution