Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1510 :
La campagne de conquête de Cuba menée par Diego Velázquez de Cuéllar s’intensifie, marquant le début de l’emprise espagnole sur l’île. Les premiers détachements explorent l’est de Cuba, imposent des prélèvements et cherchent à soumettre les communautés taïnas. C’est à cette période que le chef taïno Hatuey, venu d’Hispaniola après avoir fui les violences coloniales, organise les premières formes de résistance armée. Il avertit les habitants de Cuba de la brutalité espagnole, montrant un panier d’or pour expliquer que c’est « le dieu des Espagnols ». Dans les montagnes et les forêts de l’est de l’île, Hatuey met en place des tactiques de guérilla, harcelant les conquistadors et retardant leur progression. Cette résistance, bien que finalement écrasée, constitue le premier mouvement anticolonial documenté des Amériques. Hatuey, capturé et exécuté en 1512, est aujourd’hui considéré comme le premier héros national de Cuba et un symbole durable de la lutte autochtone contre la domination européenne
1699 :
À la fin du XVIIᵉ siècle, la France craint une avancée anglaise vers la vallée du Mississippi, un espace stratégique qui permettrait de contrôler l’intérieur du continent. Pour contrer cette menace, le roi Louis XIV autorise Pierre Le Moyne d’Iberville, officier canadien expérimenté, à établir une série de forts français dans la basse vallée du fleuve.
Le 27 février 1699 (selon certaines chronologies), Iberville commence sa remontée du Mississippi, cherchant un emplacement pour un premier établissement durable. Cette mission s’inscrit dans un vaste projet : sécuriser la Louisiane française, empêcher l’expansion anglaise et consolider les alliances avec les nations autochtones de la région (notamment les Houmas, Bayagoulas et autres nations du bas Mississippi).
1704 :
En pleine guerre de la Reine Anne, une force conjointe de Français et d’environ 250 guerriers autochtones, principalement Abénaquis, Mohawks de Kahnawake, Hurons-Wendats et Penacooks, lance un assaut surprise contre le village frontalier de Deerfield, dans la vallée du Connecticut. Profitant d’une nuit glaciale et de la neige accumulée contre la palissade, les assaillants franchissent les défenses et envahissent le village encore endormi. L’attaque est dévastatrice : 44 habitants sont tués, dont de nombreux enfants, et plus de 100 captifs sont emmenés vers le Canada pour adoption, rançon ou intégration dans les communautés alliées de la Nouvelle‑France. Dirigée par Jean-Baptiste Hertel de Rouville, l’opération illustre la maîtrise des tactiques de guerre autochtones et la coopération stratégique entre nations amérindiennes et Français pour contrer l’expansion anglaise. Pour les Abénaquis et les Mohawks de Kahnawake, le raid répond à des décennies de pressions territoriales anglaises et s’inscrit dans une lutte plus large pour la défense de leurs terres. L’événement devient l’un des épisodes les plus marquants de l’époque coloniale, révélant comment les conflits européens se transforment en guerres d’alliances autochtones, où chaque nation poursuit ses propres objectifs politiques et territoriaux.
1836 :
Le général Edmund Gaines, en retraite vers Tampa Bay après avoir trouvé Fort King sans vivres, tente de faire traverser la rivière Withlacoochee à ses 1 100 hommes. Une force séminole estimée à 1 500 guerriers attaque la colonne au moment du passage, provoquant un affrontement intense. Gaines fait ériger une position retranchée et tient dix jours sous le feu ennemi, manquant de nourriture et de munitions. Les Séminoles, eux aussi épuisés, finissent par accepter une trêve temporaire, tandis que des renforts américains approchent. Cet épisode illustre la capacité des Séminoles à exploiter le terrain et à mettre en difficulté l’armée américaine dans une guerre qui durera encore plusieurs années.
1868 :
Le Département de l’Intérieur réaffirme un ordre exigeant l’expulsion des colons blancs installés illégalement dans le Territoire Indien, sur les terres des Cinq Tribus Civilisées. Depuis la fin de la guerre de Sécession, ces territoires — pourtant garantis par des traités fédéraux — subissent une pression croissante de la part de squatters, éleveurs et spéculateurs cherchant à s’approprier des terres fertiles. Les gouvernements tribaux, notamment cherokee et choctaw, dénoncent l’impuissance fédérale à faire respecter leurs droits territoriaux. L’ordre de février 1868 s’inscrit dans une série de directives souvent répétées mais rarement appliquées, faute de moyens et de volonté politique. Les intrusions continuent, affaiblissant la souveraineté autochtone et préparant l’ouverture progressive du territoire à la colonisation américaine. Cet épisode illustre la contradiction profonde entre les promesses juridiques faites aux nations autochtones et la réalité expansionniste des États-Unis dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
1869 :
La Colombie‑Britannique adopte le “Native Passenger Act”, une loi visant à restreindre la mobilité maritime des Haïdas, Tsimshians et autres peuples côtiers. Sous prétexte de réguler le transport, les autorités coloniales cherchent à contrôler le commerce, limiter l’influence des chefs autochtones et affirmer leur domination sur les routes maritimes du Nord‑Ouest Pacifique.
1873 :
Dans le contexte de la campagne hivernale de George Crook, les conséquences du massacre de Skeleton Cave (décembre 1872) atteignent leur paroxysme. L’attaque, qui a coûté la vie à 76 Yavapais, brise la résistance autochtone dans le Salt River Canyon et marque un tournant décisif dans la conquête américaine du Sud-Ouest.
* Bas relief en bronze, situé à El Capitolio de La Havane, commémorant la mort de Hatuey.