Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1504 :
En février 1504, Christophe Colomb est bloqué en Jamaïque lors de son quatrième voyage : ses navires sont échoués et son équipage dépend entièrement de la nourriture fournie par les Taïnos. Après plusieurs mois, les habitants cessent de les approvisionner, estimant que les Espagnols n’offrent rien en retour. Colomb, désespéré, consulte les tables astronomiques d’Abraham Zacuto qu’il possède et découvre qu’une éclipse totale de Lune aura lieu le 29 février 1504. Il convoque alors les chefs taïnos et les avertit que son Dieu, irrité par leur refus de nourrir les Espagnols, fera disparaître la Lune en signe de colère. Le soir venu, l’éclipse se produit exactement comme prévu : la Lune s’assombrit puis rougit, provoquant la panique des Taïnos. Ils accourent vers Colomb avec des vivres et le supplient d’intercéder. Colomb attend la fin de la totalité pour annoncer que son Dieu pardonne, et la Lune réapparaît peu après. Les Taïnos reprennent alors les approvisionnements, permettant à l’équipage de survivre jusqu’à l’arrivée d’un navire de secours. Cet épisode est devenu un exemple emblématique de l’usage du savoir scientifique comme outil de domination coloniale.
1692 :
Les autorités de Salem émettent les premiers mandats d’arrêt pour sorcellerie contre Sarah Good, Sarah Osborne et Tituba, décrite dans les archives comme « Indian woman », confirmant son origine autochtone caribéenne ou sud-américaine (sans doute Arawak). Les accusations viennent de jeunes filles affirmant être tourmentées par des forces invisibles. Arrêtée le jour même, Tituba est interrogée le 1ᵉʳ mars et finit par confesser sous la contrainte, décrivant pactes diaboliques et visions surnaturelles. Sa confession déclenche une hystérie collective qui mènera à plus de 150 arrestations. En tant que femme, esclave et autochtone, elle devient la cible idéale des peurs puritaines. Le 29 février marque ainsi le début officiel des procès de Salem.
1704 :
L’attaque contre le village frontalier de Deerfield, au Massachusetts, se poursuit après avoir commencé avant l’aube. Une force d’environ 48 soldats français et 240 guerriers autochtones (Abenakis, Mohawks de Kahnawake, Hurons‑Wyandots de Lorette et Pocumtucks) menée par Jean‑Baptiste Hertel de Rouville, franchit la palissade affaiblie par la neige et envahit la localité. Les assaillants incendient plusieurs maisons et tuent 47 colons dans les premières heures. Quelques habitations fortifiées résistent, mais la majorité du village est submergée. Les raiders se retirent ensuite en emmenant 112 captifs, qu’ils forcent à parcourir près de 300 miles jusqu’à Montréal ; certains meurent en route, tandis que d’autres sont rachetés ou adoptés par des familles mohawks, notamment à Kahnawake. L’attaque, l’une des plus marquantes de la guerre de la Reine Anne, choque profondément la Nouvelle‑Angleterre et révèle la vulnérabilité des colonies anglaises. Elle devient un épisode emblématique de la frontière nord-américaine, notamment grâce au récit du pasteur captif John Williams, qui contribue à inscrire Deerfield dans la mémoire collective.
1864 :
Des milliers de Navajos sont rassemblés à Fort Canby et Fort Defiance, attendant le signal du départ forcé vers Bosque Redondo (Nouveau-Mexique).
* The Captivity of Mrs. Rowlandson. Illus. dans le Harper’s New Monthly Magazine, Juin 1857, v.15, p. 34. Prints & Photographs Division, Libraru of Congress
“Mary White Rowlandson, en canoë, retenue captive par des Indiens”