Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1519 :
L’expédition d’Hernán Cortés atteint l’embouchure du fleuve Grijalva, dans l’actuel Tabasco, où elle entre en contact direct pour la première fois avec les Mayas‑Chontales. Les chefs locaux refusent aux Espagnols l’autorisation de débarquer, ce qui provoque rapidement des affrontements. Cette tension débouche quelques jours plus tard sur la bataille de Centla, première grande victoire militaire de Cortés sur le continent. Elle ouvre la voie à la fondation de Santa María de la Victoria et marque le véritable début de la conquête du Mexique, prélude à la chute de l’Empire aztèque et des civilisations mésoaméricaines.
1765 :
Les Britanniques, encore secoués par la Rébellion de Pontiac (1763‑1764), cherchent à stabiliser la frontière de l’Ohio après la guerre de Sept Ans. Le 12 mars 1765, des représentants de l’administration coloniale rencontrent des chefs shawnees, delawares et mingos pour préparer un grand conseil de paix à Fort Pitt. Les nations autochtones acceptent le principe de rendre les prisonniers capturés durant le conflit, mais exigent en échange que les colons cessent d’envahir leurs territoires de chasse à l’ouest des Appalaches, pourtant protégés par la Proclamation royale de 1763. Ce moment marque une tentative de retour à la diplomatie après deux années de guerre, même si la méfiance reste forte et que les colons continueront, dans les faits, à franchir les limites imposées.
1848 :
Tahchee, aussi connu sous le nom de Captain William Dutch, est l’une des figures les plus marquantes des Cherokees de l’Ouest au début du XIXᵉ siècle. Né vers 1790, il fait partie des premiers Cherokees à franchir le Mississippi pour s’installer dans l’Arkansas, devenant ensuite un leader influent du groupe des Old Settlers.
Guerrier réputé pour son courage, il se distingue dans les conflits contre les Osages, liés aux territoires de chasse. Sa détermination est telle que les autorités américaines placent un temps une prime sur sa tête, sans jamais parvenir à l’arrêter. Paradoxalement, il avait auparavant vécu parmi les Osages et en connaissait la langue et les usages.
Avec le temps, Tahchee devient une figure politique importante, défendant l’autonomie des Cherokees de l’Ouest. Il met également ses talents au service des États-Unis en tant que scout de l’armée, où il obtient le grade de capitaine, fait rare pour un Amérindien de cette époque.
Il meurt le 12 mars 1848 dans le Territoire indien (Oklahoma), laissant l’image d’un chef farouche, indépendant et profondément attaché à son peuple, symbole des tensions et des migrations qui ont marqué l’histoire cherokee.
1858 :
Les Poncas signent un traité avec les États-Unis (12 Stat. 997) par lequel ils abandonnent une grande partie de leurs terres ancestrales. En échange, le gouvernement leur garantit une réserve permanente sur la rivière Niobrara ainsi qu’une protection contre leurs ennemis, qu’ils soient colons ou autres nations autochtones. Le traité prévoit aussi des annuités et une aide matérielle pour soutenir leur installation.
Mais quelques années plus tard, une erreur administrative fédérale intègre par inadvertance les terres poncas dans la réserve sioux définie par un autre traité. Malgré les protestations répétées des Poncas, cette confusion n’est jamais corrigée. Ils se retrouvent sans reconnaissance légale de leur territoire et vivent dans une peur constante des attaques sioux, alors même que la protection leur avait été promise.
Cet épisode marque le début d’une longue série d’injustices qui mèneront plus tard à leur déportation vers l’Oklahoma.
1891 :
L’adoption de la Section 15 de l’Act of March 3, 1891, appliquée autour du 12 mars 1891, réserve officiellement l’île d’Annette, en Alaska, à la communauté tsimshiane menée par William Duncan. Cette mesure fait des Annette Islands la seule réserve indienne d’Alaska, un statut exceptionnel dans un territoire où les peuples autochtones n’obtiennent généralement pas de réserves formelles. Les Tsimshians, arrivés depuis la Colombie‑Britannique en 1887, reçoivent ainsi un territoire protégé pour y établir leur communauté de Metlakatla. L’acte leur garantit également des droits de pêche exclusifs, un privilège rare à une époque où l’industrie du saumon se développe rapidement. Cette protection sera renforcée en 1916, lorsque les eaux entourant l’île seront elles aussi réservées à leur usage. L’événement marque un moment singulier où le gouvernement fédéral choisit de sécuriser les ressources et l’autonomie d’une communauté autochtone face aux intérêts industriels croissants.
1895 :
Dans le Wyoming, l’État cherche à imposer ses lois de chasse sur des terres fédérales où le traité de Fort Bridger (1868) garantissait pourtant aux Bannocks le droit de chasser pour se nourrir. En continuant leurs chasses traditionnelles à l’élan, les Bannocks sont accusés de braconnage, ce qui provoque arrestations, violences et une forte tension politique. L’affaire mène au procès Ward v. Race Horse (1896), où la Cour suprême décide que les droits de chasse issus des traités s’éteignent lorsque le territoire devient un État, donnant la primauté aux lois étatiques. Ce jugement porte un coup majeur aux droits issus des traités et à la souveraineté alimentaire des tribus des Plaines.
* Photo: Ponca delegation to Washington, DC, November 14, 1877
Premier rang, de gauche à droite: Black Crow, Big Elk, Standing Bear, Standing Buffalo Bear, White Swan, Smoke Maker. Rang du fond, de gauche à droite : Big Snake, Baptiste Barnaby, White Eagle, Charles LeClaire, The Chief. Allongé devant: Hairy Grizzly Bear.