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De mes lectures indiennes

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Groupe de Mohawks accompagnés du maire de Montréal, William Workman, Kahnawake, QC, 1869, James Inglis, Papier albuminé - Musée McCord

14 mars

Posted on 14 mars 2026

Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.

1493 :

Christophe Colomb rédige une lettre décrivant les peuples autochtones des Caraïbes comme des êtres d’une grande générosité, « dociles » et « aimables ». Il insiste sur leur hospitalité, leur tendance à offrir spontanément tout ce qu’ils possèdent, et leur absence d’hostilité. Cette représentation flatteuse sert un objectif politique : convaincre les Rois Catholiques que ces populations seront faciles à convertir et que les îles découvertes sont prêtes à être colonisées. Colomb présente aussi les Taïnos comme dépourvus d’armes et de structures politiques complexes, ce qui renforce l’idée qu’ils peuvent être dominés sans résistance majeure. Cette lettre, largement diffusée en Europe, contribue à façonner une image idéalisée des « Indiens » tout en préparant le terrain à leur future exploitation

1565 :

Vasco de Quiroga meurt le 14 mars 1565 après avoir profondément marqué le Michoacán. Magistrat castillan devenu premier évêque de la région, il se distingue par la création de villages‑hôpitaux inspirés de l’Utopie de Thomas More, destinés à protéger, instruire et organiser les communautés purépechas. Il combat les abus coloniaux, encourage l’artisanat local et fonde des institutions durables comme le collège de San Nicolás. Surnommé Tata Vasco, il reste vénéré pour son action humaniste, même si celle‑ci s’inscrit dans le cadre de la colonisation. Son héritage continue d’influencer la vie sociale et culturelle purépecha.

1644 :

Opechancanough, chef de la Confédération powhatan, finalise les préparatifs de la grande offensive qu’il lancera quelques jours plus tard contre les colons anglais de Virginie. Cette attaque, déclenchée le 18 avril 1644, ouvre la Troisième guerre anglo‑powhatane et constitue la dernière tentative organisée pour freiner l’expansion coloniale. Opechancanough, très âgé et affaibli, dirige néanmoins une opération coordonnée visant à rétablir le pouvoir autochtone et à dissuader les Anglais de poursuivre leurs empiètements. L’assaut cause de lourdes pertes mais ne menace plus Jamestown, désormais protégée et densément peuplée. La contre‑offensive anglaise détruit les villages powhatans, et en 1646, Opechancanough est capturé puis tué en captivité. Le traité de 1646 impose aux Powhatans de vivre sur des territoires réservés et scelle la fin de leur confédération politique, ouvrant une ère d’expansion coloniale sans opposition structurée

1675 :

Les autorités de la colonie de Plymouth envoient des messagers pour tenter de négocier avec les alliés de Metacom (chef wampanoag), alors que les tensions entre colons et nations autochtones atteignent un niveau critique. Les colons cherchent surtout à détacher les Narragansetts de l’alliance wampanoag, craignant une coalition autochtone capable de menacer l’ensemble de la Nouvelle‑Angleterre. Les discussions échouent : la méfiance est trop forte et les griefs accumulés depuis des décennies rendent tout compromis impossible. Quelques mois plus tard, l’exécution de trois guerriers wampanoags par Plymouth déclenche les premières attaques, ouvrant la Guerre du Roi Philip, l’un des conflits les plus meurtriers par habitant de l’histoire coloniale. L’échec diplomatique de mars 1675 confirme l’inéluctabilité de la guerre et annonce la dévastation des nations wampanoag, narragansett et nipmuck.

1794 :

Le chef mohawk Joseph Brant (Thayendanegea) adresse plusieurs lettres aux autorités britanniques pour défendre les droits fonciers des Six Nations sur la vallée de la Grand River, territoire qui leur avait été accordé en 1784 en compensation de leur alliance avec la Couronne pendant la Révolution américaine. Brant insiste pour que ces terres soient reconnues comme une propriété souveraine, appartenant pleinement aux Haudenosaunee, conformément à la Proclamation de Haldimand qui garantissait qu’ils en jouiraient « pour eux et leur postérité pour toujours ». Il conteste les tentatives des autorités coloniales de restreindre ou redécouper ce territoire sans consentement autochtone. Cette correspondance devient un élément central des revendications juridiques des Six Nations, qui dénoncent la réduction progressive de leurs terres au XIXᵉ siècle. Les lettres de 1794 sont aujourd’hui encore mobilisées dans les litiges territoriaux autour de la Grand River.

1833 :

Le Secrétaire à la Guerre ordonne une nouvelle fois au Indian Department et aux U.S. Marshals de chasser les colons blancs installés illégalement sur les terres des Creeks, en violation des traités encore en vigueur. Malgré ces instructions fédérales, les autorités locales de Géorgie et d’Alabama refusent d’appliquer la loi et protègent les intrus. Les marshals, trop peu nombreux, ne parviennent pas à expulser durablement les colons, qui reviennent aussitôt. Cette incapacité à faire respecter les traités accélère la spoliation des terres creek et affaiblit leur souveraineté. L’épisode contribue directement au morcellement imposé par le traité de 1832 et prépare la déportation massive des Creeks vers l’Ouest quelques années plus tard.

1835 :

Des émissaires fédéraux rencontrent la Treaty Party, une petite faction cherokee menée par Elias Boudinot, Major Ridge et John Ridge, pour discuter d’un accord de cession des terres. Cette démarche contourne l’autorité légitime de la Nation cherokee, dirigée par John Ross, et va à l’encontre de la volonté de la grande majorité du peuple. Les discussions de mars servent à préparer le Traité de New Echota, signé en décembre 1835 par cette minorité mais rejeté par l’ensemble du Conseil national cherokee. Malgré les protestations et une pétition de plus de 15 000 Cherokees, le traité est ratifié en 1836 et devient la base juridique utilisée par Washington pour organiser la déportation de 1838‑1839, connue sous le nom de Piste des Larmes. Cet épisode marque l’un des moments décisifs où la division interne, encouragée par le gouvernement américain, rend possible l’expulsion forcée de tout un peuple.

1836 :

Des rapports militaires signalent une hausse brutale des spoliations commises par des colons et spéculateurs blancs en Alabama, malgré les garanties prévues par le traité de Cusseta(1832). Les familles creeks, déjà fragilisées par la politique d’Indian Removal, voient leurs lots individuels frauduleusement achetés, confisqués ou envahis, souvent avec la complicité des autorités locales. L’incapacité du gouvernement fédéral à protéger les Creeks contre ces intrusions crée un climat de chaos et de désespoir. Au printemps 1836, les tensions éclatent en une série d’affrontements qui deviennent la Guerre creek de 1836, un soulèvement visant à résister à l’expulsion forcée. Le conflit se solde par la défaite des Creeks et leur déportation vers le Territoire indien, marquant l’un des épisodes les plus tragiques de leur histoire

1891 :

Alors que le Chili est plongé dans une guerre civile, plusieurs communautés mapuches du sud profitent de l’affaiblissement du pouvoir central pour tenter de reprendre des terres ancestrales récemment usurpées par des colons européens. Ces actions s’inscrivent dans la continuité de la résistance mapuche qui se poursuit depuis la fin de la Pacification de l’Araucanie (1861‑1883), période marquée par des violences, des abus et une dépossession systématique des territoires autochtones. Les soulèvements de 1891 restent localisés, mais ils inquiètent un État déjà fragilisé et entraînent une militarisation accrue de la frontière sud. Cette réponse renforce le système de « réductions » (réserves) et accélère la marginalisation politique, économique et territoriale des Mapuches au début du XXᵉ siècle. Ces événements s’inscrivent dans ce que des historiens qualifient de « rébellion permanente », une résistance de longue durée face au colonialisme interne chilien.

1901 :

Le leader muscogee Chitto Harjo (Crazy Snake) est activement recherché par les autorités fédérales pour avoir instauré un gouvernement parallèle refusant l’allotissement imposé par la Loi Dawes et le Curtis Act, qui visaient à dissoudre les gouvernements tribaux et à privatiser les terres communales. Autour de lui, les traditionalistes creeks défendent la souveraineté politique et les lois ancestrales, rejetant la disparition programmée de leur nation au profit de la création de l’État d’Oklahoma. Les rapports fédéraux de mars 1901 décrivent une véritable « chasse à l’homme » contre Harjo et ses partisans, accusés de s’opposer à l’autorité américaine. Cette répression marque une étape décisive dans la lutte entre souveraineté autochtone et assimilation forcée. Elle annonce les affrontements plus violents de la Crazy Snake Rebellion de 1909 et symbolise la résistance spirituelle, politique et territoriale des Muscogees face à la fin de la propriété foncière communale.

1921 :

Les discussions autour du projet de loi Bursum s’intensifient au Congrès américain : ce texte visait à accorder des droits de propriété aux colons non‑autochtones installés depuis dix ans sur les terres des Pueblos, menaçant ainsi des dizaines de milliers d’acres de territoires ancestraux. Face à ce danger, les gouverneurs des dix-neuf Pueblos s’unissent et créent le Council of All the New Mexico Pueblos, une organisation intertribale inédite chargée de coordonner la résistance politique. Avec l’appui d’alliés comme John Collier, futur commissaire aux Affaires indiennes, ils envoient des délégations à Washington et mobilisent l’opinion publique nationale. Leur campagne dénonce un projet qui mettrait en péril leurs terres, leurs gouvernements et leurs traditions. Cette mobilisation sans précédent porte ses fruits : le Bursum Bill est finalement abandonné en 1923, devenant l’un des premiers grands succès du lobbying autochtone moderne

1922 :

Les missions salésiennes et des ethnologues comme Martin Gusinde signalent l’état critique des derniers Selk’nam (Ona) et Yaghan, presque anéantis par les violences des éleveurs de moutons et l’expansion des grandes estancias. Gusinde, qui mène alors ses expéditions en Terre de Feu entre 1918 et 1924, constate que leur disparition est imminente et documente leurs cultures pour en préserver la mémoire. Les rapports de 1922 décrivent des communautés réduites à quelques familles, dépendantes des missions et privées de leurs territoires traditionnels. Malgré les alertes, les gouvernements chilien et argentin n’offrent presque aucune protection face aux colons. Ces témoignages deviennent des sources essentielles pour comprendre l’ampleur du génocide et nourrissent les recherches ultérieures sur les peuples de Terre de Feu.

N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant

* Photo : Groupe de Mohawks accompagnés du maire de Montréal, William Workman, Kahnawake, QC, 1869, James Inglis, Papier albuminé – Musée McCord 

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