Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1533 :
À la mi‑mars 1533, les Espagnols de Pizarro sont toujours installés à Cajamarca, attendant les renforts de Diego de Almagro. Pendant cette période, ils commencent à fondre et expédier les immenses quantités d’or et d’argent apportées par les élites incas pour payer la rançon. Le 16 mars marque un moment où les troupes de Pizarro consolident leur contrôle sur les nobles et administrateurs incas locaux, profitant de la captivité d’Atahualpa pour imposer leur autorité. Les tensions internes entre les factions espagnoles s’accentuent, tandis que les Incas, privés de leur souverain, tentent de négocier et de gagner du temps. Cette phase prépare la décision espagnole, quelques mois plus tard, d’exécuter Atahualpa malgré le paiement de la rançon, ouvrant la voie à la marche sur Cuzco et à la chute définitive de l’empire.
1549 :
Les premiers jésuites dirigés par Manuel da Nóbrega, venus accompagner le nouveau gouverneur général Tomé de Sousa à Salvador de Bahia, arrivent au Brésil. Leur mission est d’évangéliser les peuples autochtones, principalement les Tupis, et de stabiliser la colonie naissante. Ils apprennent rapidement la langue tupie et fondent les premières écoles, devenant des acteurs centraux de la politique coloniale. Les jésuites créent les aldeias, villages missionnaires destinés à regrouper les populations indigènes : officiellement pour les protéger de l’esclavage, mais aussi pour contrôler, convertir et transformer leurs modes de vie. Ce système entraîne une profonde acculturation et la restructuration forcée des sociétés tupies. L’arrivée de 1549 ouvre ainsi deux siècles d’influence jésuite, mêlant protection relative et domination culturelle.
1621 :
Les colons de Plymouth voient entrer dans leur camp un Amérindien abénaqui nommé Samoset, premier Autochtone à établir un contact direct et pacifique avec eux. À leur grande surprise, il les salue en anglais, langue qu’il avait apprise auprès de pêcheurs européens fréquentant la côte du Maine. Samoset leur fournit des informations essentielles sur les peuples locaux et annonce que le grand sachem Massasoit souhaite les rencontrer. Quelques jours plus tard, il revient avec Squanto, facilitant la signature du premier traité de paix entre les Wampanoags et les Pèlerins. Cette rencontre marque le début d’une courte période de coopération qui permettra à la colonie de survivre à ses premières années difficiles.
1649 :
Environ 1 000 guerriers iroquois (Haudenosaunee) lancent une attaque massive contre les missions huronnes‑wendat de Saint‑Ignace II et Saint‑Louis, au cœur de la Huronie. Mieux armés grâce au commerce avec les Hollandais, les Iroquois cherchent à contrôler les routes de la traite des fourrures, jusque‑là dominées par les Wendats alliés des Français. Les villages sont pris, incendiés, et les survivants capturés ou dispersés ; les missionnaires Brébeuf et Lalemant sont torturés et exécutés le lendemain. Déjà affaiblie par les épidémies, la nation huronne‑wendat ne peut plus se défendre. En 1650, elle abandonne son territoire ancestral, marquant la fin de la Huronie et l’un des épisodes les plus décisifs des guerres franco‑iroquoises.
1682 :
Lors de sa descente du Mississippi, Robert Cavelier de La Salle atteint la région occupée par les Natchez et les Taensa, deux nations puissantes du bas Mississippi, organisées en chefferies hiérarchisées. Cette étape marque l’un des moments clés où les Français commencent à revendiquer symboliquement les territoires traversés au nom de Louis XIV, en érigeant des croix et en affirmant leur souveraineté. Les Taensa, décrits par Henri de Tonti comme vivant dans des villages structurés autour d’un temple et d’un chef autoritaire, accueillent l’expédition dans un cadre diplomatique formel. Ces contacts annoncent la proclamation d’avril 1682, par laquelle La Salle baptise la région « Louisiane ». L’arrivée française bouleverse alors l’équilibre géopolitique du Sud‑Est, introduisant un nouvel acteur impérial dans une zone déjà marquée par les rivalités entre Natchez, Taensa, Quapaws et Chickasaws. Cette étape du 16 mars ouvre la voie à un siècle de recompositions politiques et d’alliances forcées.
1758 :
Une coalition d’environ 2 000 guerriers, principalement Comanches, Wichitas (Taovayas, Tejas, Tonkawas) et groupes alliés, attaque la mission Santa Cruz de San Sabá, fondée un an plus tôt pour convertir les Lipan Apaches. Les assaillants considèrent la mission comme une alliance hispano‑apache, donc une menace directe pour leurs territoires. Ils incendient la mission, tuent deux missionnaires franciscains et plusieurs auxiliaires, tandis que le presidio voisin, trop éloigné et trop faible, reste incapable d’intervenir. Cette destruction marque le premier grand affrontement entre Comanches et Espagnols au Texas et met un coup d’arrêt à l’expansion espagnole vers les Plaines. L’expédition punitive espagnole de 1759 se solde par une défaite, confirmant la montée en puissance militaire des nations des Plaines équipées d’armes françaises.
1781 :
A Socorro en Nouvelle‑Grenade (Colombie), l’épicière Manuela Beltrán arrache publiquement les édits annonçant de nouvelles taxes, déclenchant une révolte populaire contre les réformes fiscales espagnoles. Le mouvement s’étend rapidement et les habitants forment un comité, el común, qui rassemble paysans, artisans, métis, Créoles… et de nombreux Indigènes réclamant la protection de leurs resguardos (terres communautaires). Sous la direction du Créole Juan Francisco Berbeo, les insurgés mobilisent entre 10 000 et 20 000 personnes et marchent vers Bogotá. Les autorités coloniales, paniquées, signent des concessions le 4 juin 1781, mais les annulent aussitôt les rebelles dispersés. La répression s’abat ensuite sur le mouvement, et le leader populaire José Antonio Galán est exécuté en 1782. Ce soulèvement massif révèle l’affaiblissement de l’autorité espagnole et annonce les futures luttes d’indépendance.
1830 :
Greenwood Le Flore est élu chef principal de la Nation choctaw lors d’un conseil réduit, une manœuvre politique qui rompt avec le système traditionnel des trois chefs régionaux. Métis, éduqué et proche des autorités américaines, Le Flore appartient à la faction favorable à la cession des terres du Mississippi et au déplacement vers le Territoire indien. Son élection facilite les négociations avec Washington et ouvre la voie au traité de Dancing Rabbit Creek, signé quelques mois plus tard, qui entraîne la perte du territoire ancestral choctaw. Une partie du peuple l’accuse alors de trahison, et il est rapidement renversé. Contrairement à la majorité des Choctaws, Le Flore reste au Mississippi, devient citoyen américain et poursuit une carrière politique locale.
1836 :
En pleine Révolution texane, le gouvernement provisoire du Texas cherche à garantir la neutralité des Cherokees et des autres nations installées dans l’Est du Texas. Les commissaires texans, dont Sam Houston, négocient un traité promettant de reconnaître leurs terres situées entre les rivières Angelina, Neches et Sabine, ainsi que l’Old San Antonio Road. En échange, les Cherokees et leurs alliés (Shawnees, Delawares, Kickapoos, Quapaws, Choctaws, Caddos, etc.) s’engagent à ne pas soutenir le Mexique. Le Congrès texan refuse de ratifier l’accord, ce que les nations autochtones perçoivent comme une trahison. Malgré cela, les Cherokees restent globalement neutres durant la guerre. Quelques années plus tard, le président Mirabeau B. Lamar renie définitivement ces promesses et lance une politique d’expulsion qui culmine avec la défaite et l’exil forcé des Cherokees en 1839.
1925 :
Bien que la célèbre livraison de sérum contre la diphtérie à Nome ait eu lieu en février, c’est autour du 16 mars que les autorités médicales et les journaux de l’époque commencent à documenter l’impact dévastateur des maladies importées sur les populations Inupiat et Yupik isolées. Cette prise de conscience mène à une réorganisation des soins de santé fédéraux pour les autochtones d’Alaska dans les années qui suivent (1926).
* Photo : « Le chef des Indiens Taensas recevant La Salle. 20 mars 1682 » est une peinture réalisée par George Catlin entre 1847 et 1848- National Gallery of Art.