Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1697 :
En mars, les Espagnols lancent une offensive décisive contre Nojpetén, capitale des Itza, située sur une île du lac Petén Itzá, dans l’actuel Guatemala. Cette cité, fondée au XVe siècle après la chute de Mayapán, était la dernière ville maya indépendante, protégée par l’eau, des remparts et une longue tradition de résistance. Après près de deux siècles de tentatives infructueuses, les Espagnols attaquent par voie d’eau, bombardent la ville et finissent par la prendre d’assaut. Nojpetén tombe, ses temples sont détruits ou incendiés, et la ville est rebaptisée Nuestra Señora de los Remedios y San Pablo, Laguna del Itza. Cette conquête marque la fin définitive de l’indépendance politique maya et l’intégration forcée du Petén dans l’empire colonial espagnol.
1734 :
Les tensions entre les Chickasaws et la France atteignent un niveau critique. Alliés aux Britanniques, les Chickasaws contrôlent le nord du Mississippi et bloquent les communications françaises entre la Louisiane et l’Illinois, tout en offrant refuge aux Natchez, ennemis jurés des Français. Pour briser cette puissance, le gouverneur Bienville relance une politique offensive : les Choctaws, alliés des Français, multiplient les raids contre les villages chickasaws, notamment en 1734 où ils incendient des récoltes et attaquent le village de Chatelaw. Ces escarmouches de mars 1734 préparent la grande campagne française de 1736, lorsque Bienville et d’Artaguiette tenteront une attaque coordonnée contre les Chickasaws. Malgré ces efforts, les Chickasaws résistent avec succès : ils demeurent l’une des rares nations autochtones que la France coloniale ne parviendra jamais à vaincre militairement
1775 :
A Sycamore Shoals, la Transylvania Company de Richard Henderson conclut avec plusieurs chefs cherokees — dont Attakullakulla et Oconostota — un traité par lequel les Cherokees cèdent un immense territoire couvrant une grande partie du Kentucky et du Tennessee. En échange, Henderson offre plusieurs wagons de marchandises évalués à environ 10 000 dollars. L’accord est immédiatement illégal, car la loi britannique de 1763 interdit toute vente de terres autochtones à des particuliers. Les gouvernements de Virginie et de Caroline du Nord annulent donc le traité, mais s’en servent ensuite pour revendiquer ces terres et accélérer la colonisation. Malgré son invalidité, l’accord devient un tournant majeur dans l’expansion vers l’Ouest et contribue à la dépossession progressive des Cherokees.
1854 :
En février 1854, le colonel Jesse Stem, ancien agent indien au Texas, est tué avec un compagnon près de Fort Belknap. L’enquête attribue rapidement le meurtre à deux Kickapoos, Thunder (Piawataka) et Polecat (Chekaquah). La tribu reconnaît leur implication et parvient à capturer Thunder, afin d’éviter une expédition punitive de l’armée américaine.
Le 17 mars 1854, les Kickapoos escortent Thunder vers un fort militaire pour le livrer aux autorités. En chemin, une altercation éclate et Thunder est tué pendant l’escorte, mettant fin à toute possibilité de procès. L’autre meurtrier, Polecat, reste en fuite à cette date.
Cet épisode illustre la volonté des Kickapoos de prévenir une répression collective en livrant eux‑mêmes le coupable, dans un contexte de tensions très fortes entre tribus et autorités militaires.
1876 :
Une colonne de cavalerie américaine commandée par le colonel Joseph J. Reynolds, opérant sous les ordres du général George Crook, attaque un village cheyenne du Nord et oglala lakota installé sur la Powder River (Montana). L’opération ouvre la Grande Guerre Sioux de 1876.
Surpris à l’aube, les habitants évacuent rapidement le camp et se regroupent sur les hauteurs pour riposter. Les soldats s’emparent du troupeau de chevaux et incendient le village, détruisant vivres, peaux, munitions et abris, des ressources vitales en plein hiver. Mal coordonnée et menée dans un froid extrême, l’attaque tourne au retrait précipité : les Cheyennes et Oglalas parviennent à reprendre la plupart des chevaux dès le lendemain. L’armée compte plusieurs morts et de nombreux hommes gelés.
L’opération, tactiquement mal exécutée, renforce la détermination des Cheyennes et des Lakotas et contribue à l’escalade qui mènera, quelques mois plus tard, aux grandes batailles de Rosebud et Little Bighorn.
1906 :
Dans le Territoire Indien, l’administration américaine accélère la clôture des Dawes Rolls, les registres officiels recensant les membres des Five Civilized Tribes (Cherokees, Choctaws, Chickasaws, Creeks et Séminoles). Cette étape marque l’achèvement du processus d’allotment, qui transforme les terres tribales communes en parcelles individuelles attribuées à chaque inscrit. Une fois les lots distribués, toutes les terres restantes sont déclarées « surplus » et ouvertes à la colonisation blanche. Cette politique vise à dissoudre les structures politiques et foncières des nations autochtones et à préparer la création de l’État de l’Oklahoma en 1907. Elle entraîne une perte massive de terres et une profonde désorganisation des sociétés tribales, dont les effets se feront sentir pendant des générations.
* Photo : Baby Lone, homme medicine Kickapoo – 1917 – Library of Congress