Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1644 :
Le chef Opechancanough, âgé de plus de 80 ans, lance une attaque coordonnée contre les colonies anglaises de Virginie. Plusieurs tribus de la Confédération Powhatan frappent simultanément les plantations et hameaux en expansion. Environ 400 à 500 colons sont tués, dans ce qui constitue l’un des derniers grands efforts pour freiner l’avancée coloniale et la confiscation des terres autochtones. Malgré l’ampleur du raid, la population anglaise est désormais trop nombreuse pour être réellement menacée. La riposte est rapide et dévastatrice, entraînant la capture puis la mort d’Opechancanough en 1646. Le traité imposé la même année place les Powhatans sous la tutelle directe de la Couronne et met fin à leur autonomie politique.
1823 :
L’empereur Agustín de Iturbide abdique sous la pression d’une vaste rébellion républicaine, mettant fin au bref Premier Empire mexicain. Son autoritarisme, la crise économique et l’opposition des élites républicaines avaient rendu son maintien impossible. La chute de l’Empire ouvre la voie à une République qui proclame l’égalité juridique de tous les citoyens, y compris les Indiens, en théorie libérés de leur statut colonial. Mais cette égalité formelle sert rapidement de prétexte à l’abolition des protections spécifiques, notamment des ejidos et des terres communautaires. Pour les nations mayas, yaquis et d’autres peuples autochtones, cette période marque le début d’un long XIXᵉ siècle de spoliations foncières, de révoltes et de guerres locales. L’abdication d’Iturbide devient ainsi un tournant politique majeur, mais aussi le point de départ d’une nouvelle phase de conflits autour de la terre et de l’autonomie indigène.
1848
Les Ho-Chunk, déjà déplacés plusieurs fois depuis les années 1830, sont visés par une nouvelle phase de déplacements forcés. À cette date, le gouvernement américain finalise les discussions autour des traités qui préparent leur transfert vers la région de Long Prairie, dans le futur Minnesota. Ce déplacement découle du traité de 1846, qui prévoyait l’abandon des terres d’Iowa en échange d’un vaste territoire au nord du Mississippi, mais ces terres se révèlent rapidement inadaptées à l’agriculture ho‑chunk. L’objectif réel est de libérer des terres pour les colons blancs, alors que la région se prépare à devenir un territoire puis un État. Dès l’été 1848, les Ho‑Chunk sont contraints de quitter l’Iowa pour Long Prairie, où les conditions sont difficiles et les ressources limitées. Cet épisode marque une nouvelle étape dans une longue série de removals, qui se poursuivront jusqu’aux années 1860
1871 :
Près de Fort Dodge au Kansas, un convoi gouvernemental circulant sur la piste du Santa Fe est attaqué par un groupe de guerriers amérindiens, probablement Cheyennes, Kiowas ou Comanches. Les assaillants lancent plusieurs sorties rapides contre les wagons, cherchant à capturer chevaux et provisions. L’affrontement cause la mort de trois civils accompagnant le convoi, tandis que cinq guerriers sont blessés. Cet incident s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur les routes de l’Ouest, malgré les campagnes militaires récentes. Les nations des Plaines réagissent alors à la pression croissante sur leurs territoires et à la raréfaction du bison. L’escarmouche illustre la fragilité des convois civils et la résistance encore active dans la région à la veille de la fondation de Dodge City.
1877 :
Près de l’actuelle ville de Lubbock (Texas), quarante‑six chasseurs de bisons américains attaquent un campement comanche‑apache dirigé par le chef Black Horse. Le conflit naît de la destruction massive des bisons par les chasseurs, en violation du traité de Medicine Lodge (1867), et du meurtre brutal du chasseur Marshall Sewell un mois plus tôt. Les chasseurs, partis en expédition punitive, découvrent le camp en fin de journée et lancent une attaque en trois groupes. Surpris d’abord, les Comanches et Apache (environ 170 à 300 guerriers) se ressaisissent rapidement, repoussent l’assaut et blessent plusieurs assaillants, dont le captif blanc devenu guerrier Herman Lehmann. Les chasseurs, très inférieurs en nombre, battent en retraite sous un écran de fumée provoqué par des feux d’herbe. Ils regagnent Rath City le 27 mars, tandis que l’armée américaine lance ensuite une poursuite qui conduit à la reddition du groupe de Black Horse en mai 1877. Cette bataille constitue le dernier grand affrontement entre les États‑Unis et les peuples autochtones sur les High Plains du Texas, juste avant l’effondrement définitif des troupeaux de bisons et du mode de vie des nations des Plaines.
1877 :
Un groupe important de chefs lakotas se rend auprès du colonel Nelson A. Miles pour discuter d’une éventuelle reddition. Miles leur répète que ses conditions restent inchangées, si ce n’est qu’ils pourront se rendre dans une autre agence que celle initialement prévue. Il les avertit qu’il n’attendra plus longtemps : sans réponse rapide, l’armée reprendra les opérations militaires. Little Hawk, l’oncle de Crazy Horse, accepte de convaincre les groupes encore en fuite de venir au camp de Miles ou dans une agence. Pour garantir leur bonne foi, neuf chefs importants restent auprès de Miles comme otages volontaires. Cet épisode marque l’un des derniers efforts diplomatiques avant la reddition définitive des Lakotas quelques semaines plus tard.
* Photo : Black Horse, son épouse et sa fille à Fort Marion, vers 1875.