Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1676 :
Le capitaine colonial Michael Pierce mène environ 60 soldats anglais et 20 alliés wampanoags dans une poursuite contre un groupe narragansett près de Central Falls, dans le Rhode Island actuel. Ce qu’il croit être une petite troupe ennemie est en réalité un leurre : les Narragansetts, dirigés par le sachem Canonchet, ont tendu une embuscade. Les forces de Pierce sont encerclées par plus de 300 guerriers narragansetts. Le combat tourne rapidement au massacre : près de 70 colons sont tués, dont la quasi‑totalité des hommes de Pierce. Les sources coloniales décrivent l’épisode comme l’une des pires défaites anglaises de la guerre.
1682 :
Alors qu’il descend le Mississippi pour en prendre possession au nom de la France, René‑Robert Cavelier de La Salle atteint la région des Natchez, l’un des peuples les plus structurés de la basse vallée du fleuve. Cette journée marque le premier contact documenté entre Européens et Natchez, un événement confirmé par les études historiques sur l’expédition. La Salle et son lieutenant Henri de Tonti sont accueillis pacifiquement, les Natchez se montrant ouverts au dialogue et au commerce. Les Français perçoivent immédiatement l’importance stratégique de ce peuple, installé sur des hauteurs dominant le fleuve et héritier d’une tradition politique complexe centrée sur le Grand Soleil. Cette rencontre inaugure une relation qui, dans les décennies suivantes, oscillera entre coopération, alliances et conflits, jusqu’aux guerres franco‑natchez du XVIIIᵉ siècle.
1812 :
Un séisme de magnitude 7,7 frappe le Venezuela en plein Jeudi saint, détruisant Caracas, La Guaira, Barquisimeto, San Felipe et Mérida. Entre 15 000 et 20 000 personnes périssent, et plusieurs cours d’eau changent de trajectoire, un nouveau lac se formant même à Valecillo. L’Église catholique et les autorités royalistes interprètent immédiatement la catastrophe comme une punition divine contre la rébellion indépendantiste. Cette lecture religieuse effraie une partie des populations autochtones et métisses, qui se détachent temporairement de la cause patriotique. L’événement contribue à l’effondrement de la Première République vénézuélienne, malgré la réaction célèbre de Bolívar affirmant qu’il fallait « faire obéir la nature ».
1832 :
Le chef sauk Black Hawk commence à rassembler un groupe de Sauks, Meskwakis et Kickapoos appelé la British Band pour retraverser le Mississippi et revenir sur leurs terres ancestrales en Illinois, qu’ils estiment avoir été cédées illégalement en 1804. Ce retour, pensé par Black Hawk comme une réinstallation pacifique, est perçu par les colons américains comme une invasion hostile, déclenchant la mobilisation de milices et de troupes fédérales. L’escalade conduit à la guerre de Black Hawk, un conflit bref mais meurtrier marqué par des affrontements comme Stillman’s Run et se terminant par le massacre de Bad Axe le 2 août 1832, où des centaines de membres du groupe, y compris femmes et enfants, sont tués. La défaite entraîne l’expulsion définitive des Sauks, Meskwakis et Kickapoos de l’Illinois.
1862 :
Les avant‑gardes de l’Union et de la Confédération s’affrontent dans Apache Canyon, au Nouveau‑Mexique, marquant le début de la bataille de Glorieta Pass. Bien que le combat oppose officiellement les deux armées américaines, il se déroule en plein territoire des Apaches Jicarilla. Les mouvements massifs de troupes forcent de nombreuses familles jicarilla à fuir leurs campements pour éviter les combats. Les deux armées, en manque chronique de vivres, pillent les ressources autochtones, chevaux, nourriture, matériel, aggravant les tensions déjà fortes entre militaires et populations locales. La bataille se conclut par une victoire stratégique de l’Union, mais laisse les Jicarilla affaiblis, déplacés et durablement affectés par une guerre qui n’était pas la leur.
1885 :
Près de Duck Lake (Saskatchewan), les Métis dirigés par Gabriel Dumont, soutenus par des alliés cris, affrontent une force d’environ 100 policiers de la Police à cheval du Nord-Ouest et volontaires canadiens menée par le surintendant Leif Crozier. Une tentative de négociation dégénère lorsque des coups de feu sont échangés, déclenchant un combat d’environ 30 minutes. Les forces canadiennes subissent 12 morts et 11 blessés, tandis que les Métis comptent 5 à 6 morts. La victoire métisse force la retraite des policiers vers Fort Carlton, marquant le début officiel de la Rébellion du Nord-Ouest. Cette victoire galvanise la résistance métisse et cris, mais entraîne une réaction militaire massive du gouvernement canadien qui mènera, quelques mois plus tard, à la défaite de Batoche et à une répression sévère contre les Métis et les Premières Nations.
1894 :
Le gouvernement nicaraguayen provoque une crise l’annexion de la Réserve de la Mosquitia. Depuis février, l’armée de Managua a occupé Bluefields et déposé le chef héréditaire miskito, malgré l’autonomie garantie par le traité de Managua de 1860 et confirmée par l’arbitrage international de 1880. En mars, les autorités et communautés miskitos multiplient pétitions, protestations et actes de résistance civile pour défendre leur autogouvernance, espérant un soutien britannique qui ne viendra pas. Après une brève intervention anglo‑américaine, les troupes nicaraguayennes reviennent et entament la réincorporation forcée du territoire. L’année se conclut par l’intégration officielle de la Mosquitia au Nicaragua le 20 novembre 1894, mettant fin à plus de trois siècles d’autonomie politique miskito
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
* Photo : Le transport du Grand Soleil by Antoine Simone Le Page du Pratz – illustration de livre « Histoire de la Louisiane, contenant la découverte de ce vaste pays ; sa description géographique ; un voyage dans les terres ; l’histoire naturelle, les mœurs, coûtumes & religion des naturels, avec leurs origines ; deux voyages dans le nord du nouveau Mexique, dont un jusqu’à la Mer du Sud ; ornée de deux cartes & de 40 planches en taille douce » Le Page du Pratz. 1758