Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1519 :
Hernán Cortés débarque sur la côte de l’actuel Veracruz, en plein Vendredi saint, marquant le début officiel de l’invasion espagnole en Mésoamérique. Les Espagnols jettent l’ancre à San Juan de Ulúa, où ils rencontrent les premiers émissaires envoyés par Moctezuma II, venus observer ces étrangers arrivés de la mer. Ces premiers contacts, encore prudents, ouvrent une phase de diplomatie ambiguë et de malentendus culturels. L’arrivée de Cortés déclenche rapidement des alliances locales, notamment avec les Totonaques, soumis aux Mexicas.
1530 :
Diego García de Moguer poursuit son exploration du fleuve Paraná, dans le bassin du Río de la Plata, région stratégique pour les ambitions espagnoles en Amérique du Sud. Son expédition remonte les voies fluviales afin de reconnaître les territoires intérieurs et d’affirmer la présence espagnole face aux Portugais. Durant cette période, García de Moguer établit certains des premiers contacts prolongés avec les peuples guaranis, dont les communautés contrôlent les réseaux fluviaux du Paraná et du Paraguay. Ces rencontres sont souvent tendues ou violentes, les Espagnols cherchant à imposer leur passage et leur autorité.
1746 :
Dans le Minas Gerais, Tiradentes deviendra l’une des figures majeures de l’Inconfidência Mineira, mouvement séparatiste de 1789 contre la domination portugaise. Son exécution le 21 avril 1792 fera de lui un symbole national de résistance et de martyre républicain. À la fin du XVIIIᵉ siècle, les mouvements d’indépendance brésiliens utilisent souvent l’image idéalisée de l’Amérindien comme incarnation de la pureté originelle du territoire. Ce discours coexiste pourtant avec la poursuite de l’expansion coloniale sur les terres autochtones. Dans le Minas Gerais et l’Amazonie, des peuples comme les Crenaques (Krenak) subissent alors la pression des fronts miniers et militaires.
1789 :
Le nouveau gouvernement de George Washington reçoit les rapports officiels du Traité de Fort Harmar, signé quelques semaines plus tôt à Marietta. Ce traité visait à réaffirmer les frontières entre les États‑Unis et plusieurs nations de la vallée de l’Ohio, dont les Wyandots, Delawares, Outaouais et Chippewa. Les chefs autochtones dénoncent rapidement un accord signé sous contrainte, en l’absence de représentants légitimes et sous pression militaire. Considéré comme illégitime par de nombreuses nations, le traité ne parvient pas à apaiser les tensions. Au contraire, il contribue directement à l’escalade des violences dans l’Ohio. Cet échec diplomatique devient l’un des déclencheurs de la Guerre amérindienne du Nord‑Ouest (1789–1795), l’une des plus grandes résistances autochtones contre les États‑Unis.
1806 :
Le Congrès américain crée, au sein du Department of War, le poste de Superintendent of Indian Trade. Cette nouvelle fonction centralise la gestion du factory system, réseau de comptoirs gouvernementaux chargé de contrôler le commerce avec les nations autochtones. Le Superintendent, nommé par le président, doit acheter et distribuer des marchandises aux tribus, superviser les comptoirs et gérer les fourrures reçues en échange. La mesure vise à limiter les abus des commerçants privés et à renforcer l’influence fédérale dans les territoires autochtones. Elle marque une étape importante dans la volonté du gouvernement de réguler et encadrer les échanges économiques avec les nations indiennes.
1847 :
Le gouvernement du Guatemala, dirigé par Rafael Carrera, se proclame république indépendante, rompant avec la Fédération d’Amérique centrale. Cette nouvelle structure politique renforce le pouvoir des élites ladinas (métisses et blanches), concentré autour de la capitale. Pour les Mayas, pourtant majoritaires dans le pays, cette date marque le début d’une ère de centralisation autoritaire et de marginalisation accrue. Les nouvelles lois foncières visent à démanteler les terres communales autochtones afin de développer l’économie du café, moteur de l’exportation. Ces politiques entraînent expropriations, travail forcé et pressions croissantes dans les hautes terres mayas.
1868 :
La Guerre de Red Cloud atteint un moment décisif dans le Wyoming et le Montana, alors que des escarmouches continuent le long de la piste Bozeman. Ce jour‑là, les négociations s’intensifient à Fort Laramie entre les représentants lakotas et les émissaires américains, l’armée étant affaiblie par deux ans de défaites. Red Cloud refuse toute discussion tant que les forts de la piste ne sont pas évacués, imposant un rapport de force inédit. Autour du 21 avril, Washington accepte finalement ces conditions. Quelques jours plus tard, le Traité de Fort Laramie (29 avril 1868) reconnaît une victoire militaire totale des Lakotas, leur garantissant la souveraineté sur un vaste territoire incluant les Black Hills.
1904 :
L’inspecteur fédéral James McLaughlin est envoyé sur la Wind River Reservation pour obtenir la cession des terres du nord auprès des Eastern Shoshone et des Northern Arapaho. Les deux nations, confrontées à la pauvreté et à la fin des annuités prévues par le traité de 1868, subissent une forte pression pour accepter l’accord. McLaughlin promet des paiements immédiats et des investissements dans l’irrigation des terres restantes, tandis que les éleveurs blancs occupent déjà illégalement une partie des zones convoitées. Le 21 avril 1904, un accord est signé, prévoyant la cession d’environ 1,5 million d’acres. Cette signature marque la phase décisive du processus, avant la ratification par le Congrès en 1905.
1908 :
L’explorateur américain Frederick Cook affirme avoir atteint le pôle Nord, accompagné de deux chasseurs inuits du Groenland, Ahwelah et Etukishook. Bien que la véracité de son exploit soit aujourd’hui largement contestée, le rôle des deux Inuits fut déterminant pour la progression de l’expédition. Leur témoignage a contribué à une meilleure cartographie et compréhension des zones extrêmes de l’Arctique. L’épisode illustre la dépendance totale des explorateurs occidentaux envers les savoirs autochtones : techniques de chasse, navigation sur la banquise, gestion des traîneaux et construction d’abris. Sans ces compétences inuites, aucune expédition polaire du début du XXᵉ siècle n’aurait pu survivre.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Campement indien près de Fort Laramie, Wyoming
Vue de personnes se tenant au bord d’un plan d’eau devant un campement de tipis, probablement Lakota, près de Fort Laramie, pendant les négociations du traité de Fort Laramie
William T. Sherman collection of Alexander Gardner photographs
National Museum of the American Indian- Smithsonian Institution