Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1500 :
Deux jours après l’arrivée de Cabral, les Portugais établissent leurs premiers contacts pacifiques avec les Tupiniquim sur la côte brésilienne. Les échanges de cadeaux et de gestes amicaux donnent l’image d’une rencontre harmonieuse. Mais cet épisode marque en réalité le début de la colonisation portugaise, qui entraînera bientôt esclavage, maladies et perte de territoires pour les peuples tupi du littoral.
1519 :
Hernán Cortés reçoit une délégation envoyée par Moctezuma II, venue apporter des cadeaux somptueux en or et en plumes pour encourager les Espagnols à quitter la côte. Dans la diplomatie aztèque, ces présents sont un geste de prestige et de prudence, mais les Espagnols y voient la preuve d’un empire riche et vulnérable. L’épisode attise leur ambition et renforce leur volonté d’avancer vers l’intérieur.
1645 :
Français et Mohawks tiennent d’importants pourparlers à Trois‑Rivières pour tenter de mettre fin aux raids et sécuriser la traite des fourrures. Les Français cherchent à protéger leurs alliés autochtones et leurs routes commerciales, tandis que les Mohawks envisagent une trêve tactique. Les discussions aboutissent à une paix fragile, avec échanges de prisonniers et promesses de non‑agression. Mais les rivalités autour du commerce et des alliances rendent cette trêve instable.
1754 :
Le chef Delaware Teedyuscung quitte le village morave de Gnadenhütten avec environ 70 Autochtones chrétiens pour s’installer dans la vallée de Wyoming, en Pennsylvanie. Ce déplacement vise à retrouver une plus grande autonomie face aux pressions coloniales croissantes. Le départ intervient dans un contexte de tensions foncières et de rivalités religieuses à la veille de la guerre de Sept Ans. À Wyoming, Teedyuscung cherche à rassembler les Delawares dispersés et à reconstruire une base politique.
1763 :
Pontiac tient un grand conseil de guerre secret avec des chefs Outaouais, Hurons‑Wendats et Potéouatamis pour finaliser une attaque surprise contre les forts britanniques. Inspiré par les enseignements de Neolin, il transforme un message spirituel en stratégie militaire coordonnée. Ce conseil prépare directement le siège de Détroit et lance la Rébellion de Pontiac.
1802 :
La Géorgie cède ses vastes terres occidentales aux États‑Unis, en échange du règlement de ses dettes et de l’engagement fédéral d’obtenir les terres autochtones situées dans l’État « dès qu’elles pourront être obtenues pacifiquement ». Cette clause pousse Washington à intensifier les pressions sur les Creeks et les Cherokees pour qu’ils cèdent leurs territoires. L’accord devient un fondement juridique majeur des futures politiques de dépossession et prépare l’Indian Removal des années 1830.
1818 :
Les États‑Unis exercent de fortes pressions sur les Delawares (Lenape) d’Indiana pour qu’ils cèdent leurs dernières terres à l’est du Mississippi. Les négociations, étalées sur plusieurs jours, s’inscrivent dans une stratégie fédérale visant à ouvrir la région à la colonisation. Acculés par la perte de leurs territoires, l’arrivée massive de colons et les dettes imposées par les commerçants, les Delawares sont contraints d’accepter un déplacement vers l’Ouest. Ces traités marquent le prélude aux déportations massives qui suivront.
1821 :
Durant la Guerra a muerte, des guerriers mapuches alliés aux royalistes affrontent les troupes patriotes dans le sud du Chili. Ces escarmouches, liées aux combats dits de Juan Guerrilla, reflètent la volonté mapuche de défendre leur autonomie territoriale face à la nouvelle république chilienne. Les Mapuches utilisent leur connaissance du terrain pour harceler les forces patriotes. Leur alliance avec les royalistes est avant tout stratégique, dans un contexte où l’État chilien apparaît comme une menace directe.
1846 :
L’incident Thornton oppose une patrouille américaine à des forces mexicaines dans une zone frontalière contestée. Cet affrontement sert de déclencheur officiel à la guerre américano‑mexicaine. Mais le territoire concerné est avant tout celui de nations autochtones du Sud‑Ouest, notamment les Apaches et les Comanches, qui subissent directement l’arrivée massive de troupes. Le changement de juridiction et la militarisation qui suivent bouleversent leurs déplacements, leurs territoires de chasse et leurs alliances.
1875 :
Plusieurs groupes de Cheyennes du Sud se rendent à Fort Sill après la guerre de la Red River. Affamés, privés de chevaux et traqués par l’armée américaine, ils n’ont plus les moyens de survivre de manière autonome. Leur reddition résulte d’une stratégie militaire visant à détruire leurs ressources et à briser toute résistance. À Fort Sill, les Cheyennes sont désarmés et enregistrés ; certains seront bientôt déportés vers Fort Marion en Floride.
1885 :
Lors de la Rébellion du Nord‑Ouest, les forces métisses de Gabriel Dumont, appuyées par des Cris et des Saulteaux, affrontent l’armée canadienne à Fish Creek. En utilisant le terrain escarpé comme un piège, les combattants autochtones stoppent l’avancée du général Middleton. Malgré leur infériorité numérique, ils infligent une défaite tactique aux troupes gouvernementales. Cette victoire offre un répit à la résistance menée par Louis Riel.
1885 :
A Fort Battleford, la tension atteint son paroxysme durant la Rébellion du Nord‑Ouest. Des Cris affamés, liés à Poundmaker et Big Bear, se présentent près du fort où les colons se sont réfugiés. Une série de malentendus et de coups de feu isolés crée une escarmouche qui marque un point de rupture entre les Premières Nations et le gouvernement canadien. Ottawa y voit une rébellion ouverte, justifiant une répression militaire renforcée.
1898 :
Au plus fort de la ruée vers l’or du Klondike, des milliers de Stampeders franchissent les cols du Chilkoot et du White Pass, routes traditionnelles tlingit et tagish. Ce flux massif introduit des maladies, détruit les zones de chasse et bouleverse l’économie locale. Les Tlingit perdent leur rôle d’intermédiaires commerciaux, tandis que les Tagish voient leurs territoires envahis par les prospecteurs.
1926 :
La ratification de la Convention de l’esclavage coïncide avec une période où le Canada renforce sa souveraineté arctique. Dans les années 1920, la GRC intensifie ses patrouilles et installe de nouveaux postes dans le Nord, imposant aux Inuits des lois et des normes extérieures à leurs traditions. Cette présence accrue contribue à la sédentarisation forcée, à la surveillance des déplacements et à la transformation du mode de vie nomade.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Totem du corbeau indien Thlinget au parc Saxman, au sud de Ketchikan, en Alaska, sur l’île Revilla, le 8 août 1957.