Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1524 :
Pedro de Alvarado poursuit sa campagne dans les hauts plateaux du Guatemala. Après la défaite des K’iche’, il entre dans la phase de soumission des Kaqchikel, anciens alliés désormais visés par les exigences coloniales. Cette période marque l’effondrement des grandes structures politiques mayas et l’imposition du système de l’encomienda, qui asservit les communautés locales au profit des conquistadors.
1700 :
D’Iberville visite un village pascagoula situé à une journée de marche du poste français de Biloxi. Il constate que la population a été fortement réduite par les maladies introduites par les Européens. Cette visite s’inscrit dans les premiers efforts diplomatiques français pour établir des alliances dans la région du Golfe. D’Iberville, dans un regard typiquement colonial, note la beauté des femmes pascagoulas. L’épisode illustre les débuts de la présence française en Louisiane et la fragilité des nations autochtones déjà frappées par les épidémies.
1755 :
Sous l’influence du marquis de Pombal, le Portugal crée la Companhia Geral de Comércio do Grão-Pará e Maranhão et réforme le statut des peuples autochtones du Brésil. Pombal abolit officiellement l’esclavage indigène, mais pour affaiblir les Jésuites et transférer la main‑d’œuvre vers l’État et les colons. Le travail salarié devient obligatoire et l’assimilation culturelle est accélérée. Ces mesures entraînent une perte d’autonomie pour les peuples amazoniens et ouvrent la voie au Diretório dos Índios (1757), qui impose la portugaisisation forcée.
1851 :
Un traité est signé à Camp Barbour entre les commissaires fédéraux et plusieurs groupes Yokuts et Chukchansi. Comme les autres traités californiens de 1851–1852, il promet des réserves protégées et une aide matérielle en échange de vastes cessions de terres. Mais le Sénat américain garde le texte secret et refuse de le ratifier. Les terres promises ne sont jamais attribuées, laissant les communautés autochtones sans protection face aux colons.
1868 :
C’est l’ouverture des signatures du Traité de Fort Laramie, conclu entre les États‑Unis et les nations Lakota, Yanktonai et Arapaho. Le traité garantit aux Lakotas la propriété exclusive des Black Hills et des droits de chasse au Wyoming et au Montana. Il impose aussi la fermeture des forts du Bozeman Trail, une concession obtenue grâce à la victoire de Red Cloud qui signera finalement le traité en novembre. Cet accord constitue l’un des rares cas où les États‑Unis cèdent aux demandes autochtones.
1877 :
Dans la vallée de Wallowa, les pressions de l’armée américaine pour forcer les Nez‑Percés à rejoindre une réserve réduite en Idaho atteignent un point critique. Les chefs Nimiipuu refusent de quitter leurs terres ancestrales, qu’ils n’ont jamais cédées par traité. Cette impasse marque le point de non‑retour : quelques semaines plus tard, la situation dégénère et déclenche la Guerre des Nez‑Percés, une fuite héroïque de plus de 1 800 km vers le Canada pour échapper à la cavalerie américaine.
1882 :
Le lieutenant George Morgan et six soldats du 3ᵉ de cavalerie tentent d’arrêter “Ute Jack”, un chef des White River Utes. Blessé au bras après avoir résisté, Ute Jack se réfugie dans un tipi, y saisit un fusil et tire sur le sergent du détachement. Le major Julius Mason arrive en renfort et, selon les rapports militaires, « prend des mesures » qui aboutissent à la capture et à la mort du chef ute.
1886 :
Des rapports missionnaires annoncent l’expansion de l’école résidentielle Old Sun sur la réserve Siksika, en Alberta. Cette institution devient un outil central de l’éducation religieuse forcée imposée aux enfants Blackfoot. L’école vise à éradiquer la langue et la culture Siksika, en séparant les enfants de leurs familles et en imposant un programme disciplinaire strict. Cet épisode marque le début d’une ère d’assimilation systématique dont les conséquences seront profondes et intergénérationnelles pour la nation Siksika.
1904
Un décret brésilien reconnaît officiellement une partie des territoires du peuple Kadiwéu, dans le Mato Grosso do Sul. Alliés du Brésil durant la guerre de la Triple Alliance, les Kadiwéu obtiennent cette délimitation en récompense de leur soutien militaire. Il s’agit d’une reconnaissance territoriale précoce et rare dans l’histoire du pays. Toutefois, les frontières ainsi établies seront rapidement contestées par les éleveurs de bétail, entraînant des conflits fonciers persistants. L’épisode marque un moment clé dans la lutte des Kadiwéu pour la défense de leurs terres ancestrales.
1908 :
Plusieurs communautés cris et saulteaux du nord du Manitoba adhèrent au Traité n° 5, dans un contexte de pressions croissantes liées à l’exploitation des ressources du lac Winnipeg. Le traité promet des réserves, des droits de chasse et de pêche et une allocation annuelle, mais entraîne surtout une perte massive de souveraineté territoriale. Les réserves créées sont limitées, et les droits garantis seront ensuite restreints par la législation.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Raven Blanket–Nez Percé – 1910 – Edward S. Curtis – Library of Congress