Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1524 :
Pedro de Alvarado poursuit sa conquête des hautes terres mayas du Guatemala. Après avoir vaincu les K’iche’, il se tourne vers les Kaqchikel, jusque‑là alliés des Espagnols. Mais les exigences coloniales, tribut, captifs, travail forcé, provoquent une rupture : les Kaqchikel refusent de se soumettre et entrent en résistance. Cette période printanière marque la fin des alliances autochtones avec les Espagnols et le début d’une lutte prolongée contre le joug colonial.
1530 :
Dans l’actuel Honduras, Espagnols et Lencas entament des négociations de trêve précaires. Les peuples autochtones cherchent à préserver leur autonomie en alternant résistance armée, alliances tactiques et pauses diplomatiques. Les Espagnols, eux, veulent stabiliser leurs positions et imposer leur contrôle sur le corridor centraméricain. Ces trêves fragiles annoncent les grands soulèvements lencas des années suivantes.
1534 :
Francisco Pizarro établit Jauja comme première capitale de la Nouvelle‑Castille. Construite sur un important centre administratif inca, la ville devient le symbole du remplacement de l’État impérial par l’administration coloniale espagnole. Les infrastructures incas sont réutilisées et la main‑d’œuvre locale mobilisée pour bâtir la nouvelle cité.
1541 :
Coronado quitte Alcanfor pour se diriger vers le mythique royaume de Quivira. Cette décision intervient juste après les massacres de Tiguex, où ses troupes ont tué de nombreux habitants des villages Tiwa. L’expédition, affaiblie et isolée, cherche un nouveau but en poursuivant des récits exagérés de richesses. La marche vers Quivira illustre la fuite en avant d’une armée qui a déjà détruit ses relations avec les peuples pueblos.
1541 :
Pedro de Valdivia renforce les défenses de Santiago, récemment fondée, face aux premières escarmouches mapuches. Les Mapuches harcèlent les positions espagnoles pour empêcher l’installation durable de la colonie. Cet épisode marque les débuts de la Guerre d’Arauco, durant laquelle les Mapuches maintiendront une frontière et une autonomie exceptionnelles face à la couronne espagnole.
1670 :
Les autorités anglaises de New York finalisent de nouveaux « transferts » de terres autour de Staten Island et du New Jersey, repoussant encore les Lenape vers l’intérieur. Ces accords, imposés dans un contexte de faiblesse démographique et politique des Lenape, accélèrent la perte de leurs territoires de chasse et la fragmentation de leurs communautés. Ils s’inscrivent dans la continuité de la dépossession commencée sous les Néerlandais.
1721 :
Le missionnaire Hans Egede reçoit l’approbation royale pour lancer son expédition vers le Groenland, marquant le début officiel de la colonisation moderne du territoire. Dès son installation, Egede fonde une mission permanente qui devient un centre d’évangélisation et d’administration. Pour les Inuits (Kalaallit), cette période entraîne une transformation profonde : christianisation, réorganisation sociale, dépendance aux biens européens et contrôle croissant de l’État dano‑norvégien.
1774 :
Le frontiersman Michael Cresap, désireux de provoquer une guerre pour chasser les nations autochtones de leurs terres, tue avec ses hommes un Shawnee et un Delaware rencontrés dans les bois. Ces meurtres, commis sans provocation, enflamment la région de l’Ohio et contribuent directement au déclenchement de la guerre de Lord Dunmore. L’épisode illustre la stratégie coloniale consistant à créer des incidents pour justifier la violence et l’expulsion des peuples autochtones.
1830 :
Le sénateur Theodore Frelinghuysen prononce un discours de six heures contre l’Indian Removal Act, alors soutenu par le président Andrew Jackson. Il dénonce la violation des traités, l’immoralité de l’expulsion forcée des Cherokees, Choctaws et autres nations du Sud‑Est, et rappelle leurs efforts de coexistence pacifique. Malgré la puissance de son plaidoyer, la loi sera adoptée un mois plus tard.
1850 :
L’État de Californie adopte des mesures préparatoires à la future “Loi pour le gouvernement et la protection des Indiens”, qui légalise en réalité la servitude des Autochtones. Les décisions prises ce jour‑là facilitent la détention des personnes dites « vagabondes », leur placement forcé chez des colons et le rapt d’enfants pour le travail domestique. Cet épisode marque le début d’une période tragique pour les nations autochtones de la côte Ouest, où la violence coloniale se pare d’un vernis juridique.
1876 :
L’armée américaine intensifie ses préparatifs de campagne contre les Lakotas et les Cheyennes, déclarés « hostiles » pour justifier une intervention militaire. Les colonnes de Terry, Crook et Gibbon se mettent en mouvement pour forcer les nations des Plaines à entrer dans les réserves. Deux mois plus tard, cette campagne conduira à la bataille de Little Bighorn, point culminant de la résistance autochtone.
1880 :
Le capitaine Eli Huggins et la troupe E du 2ᵉ Cavalerie, partis de Fort Keogh, surprennent un petit groupe lakota qualifié d’« hostile ». Ce type d’escarmouche printanière est alors fréquent, l’armée cherchant à confiner les derniers groupes libres dans les réserves après la défaite des grandes coalitions autochtones. Les soldats saisissent chevaux et matériel pour briser la mobilité lakota.
1926 :
Dans le Nord‑Ouest américain et canadien, plusieurs communautés autochtones discutent des pétitions portant sur les droits de pêche et de chasse. Cette date s’inscrit dans une année où des organisations comme l’Alaska Native Brotherhood et divers conseils tribaux commencent à utiliser le système juridique occidental pour défendre leurs terres et leurs ressources. Ce moment marque le passage d’une résistance surtout physique à une résistance juridique, annonçant les grandes revendications territoriales du XXᵉ siècle.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Illustration : Fondation de Jauja – Wenceslao Hinostroza