Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1500 :
Pero Vaz de Caminha écrit au roi du Portugal une lettre décrivant les premiers contacts entre les Portugais et les Tupiniquim. Il y dépeint les habitants comme pacifiques et « nus », insistant sur leur apparente innocence. Ce texte, devenu fondateur, sert à justifier la future colonisation du Brésil. Il marque le début de la transformation profonde des sociétés tupi de la forêt atlantique, bientôt confrontées à l’esclavage, aux missions forcées et à la perte de leurs territoires.
« Ils sont de couleur brune, tirant sur le rouge, avec de bons visages et de bons nez, bien faits. Ils vont nus, sans aucune couverture. »
1518 :
L’expédition de Juan de Grijalva atteint Cozumel et intensifie ses contacts avec les Mayas. Les Espagnols y découvrent des temples, des villages organisés et une société complexe, bien différente des îles caraïbes. Ces observations nourrissent les récits sur la richesse du continent et renforcent l’idée d’une conquête possible. Les informations rapportées par Grijalva joueront un rôle décisif dans la décision d’envoyer Cortés l’année suivante.
1543 :
Les autorités de la Nouvelle‑Espagne tentent d’appliquer les Leyes Nuevas, inspirées par Las Casas, qui interdisent l’esclavage des Amérindiens et limitent l’encomienda. Les colons espagnols réagissent violemment, refusant de libérer la main‑d’œuvre indigène et s’opposant aux représentants royaux. Cette résistance force la Couronne à suspendre une partie des réformes. L’épisode illustre les limites de la politique impériale de protection des Autochtones et la puissance des encomenderos dans le Mexique colonial.
1637 :
Les colons du Connecticut déclarent la guerre aux Pequots après une série d’incidents et de tensions autour du commerce et des terres. Cette décision ouvre un conflit brutal mené en alliance avec les Narragansetts et les Mohegans. La guerre se déroule principalement au Connecticut et au Massachusetts et mène, quelques semaines plus tard, au massacre de Mystic. L’objectif colonial est la destruction de la nation pequot.
1708 :
En pleine guerre de la reine Anne, les autorités de Caroline du Sud consolident une alliance informelle avec les Cherokees. Ceux‑ci acceptent de fournir des guerriers pour protéger la colonie contre les raids espagnols et leurs alliés autochtones de Floride. Cette alliance fait des Cherokees un État tampon au service des intérêts coloniaux anglais. En échange, ils reçoivent armes et marchandises, mais deviennent progressivement dépendants du commerce colonial..
1830 :
En plein débat sur l’Indian Removal Act, Washington reçoit des pétitions massives envoyées par les Cherokees et les Choctaws, qui tentent désespérément d’influencer le vote final. Les journaux rapportent l’intensité des discussions au Congrès, profondément divisé sur la politique de déportation voulue par Andrew Jackson. Malgré cette mobilisation, la majorité jacksonienne reste déterminée à ouvrir les terres du Sud‑Est à la colonisation.
1833 :
Un recensement des Upper Towns Creeks dénombre 14 142 personnes, dont 445 Afro‑Américains réduits en esclavage. Ce décompte montre une nation encore nombreuse mais sous pression croissante des colons et des autorités de l’Alabama. L’adoption partielle de l’esclavage reflète l’influence coloniale sur l’économie creek. Ce recensement intervient à la veille des spoliations massives, de la guerre creek de 1836 et de la déportation vers l’Oklahoma.
1860 :
Le Traité de Managua entre dans sa phase d’application : le Royaume‑Uni transfère officiellement la souveraineté de la Mosquitia au Nicaragua. Les autorités nicaraguayennes commencent à redéfinir les frontières de la Réserve miskito et à imposer leur administration. Les Miskitos, jusque‑là protégés par les Britanniques, doivent désormais composer avec un État centraméricain qui cherche à réduire leur autonomie.
1864 :
Les communautés lencas et garifunas du Honduras se mobilisent contre l’accaparement croissant de leurs terres par les réformes agraires libérales. Cette date, traditionnellement liée au renouveau agricole, devient un moment de rassemblement pour défendre les titres fonciers ancestraux. Les Lencas protègent leurs terres de montagne, tandis que les Garifunas résistent aux pressions sur les villages côtiers.
1867 :
Dans le cadre de la Reconstruction, les États‑Unis renforcent leur contrôle sur les Cinq Tribus Civilisées du Territoire Indien. Considérées comme “nations vaincues” après la guerre de Sécession, elles subissent l’imposition de nouvelles politiques réduisant leur souveraineté et leurs terres. Le gouvernement fédéral commence à appliquer les mesures des traités de 1866, ouvrant la voie à la colonisation, aux chemins de fer et à la remise en cause de la propriété communautaire. Cet épisode annonce les politiques d’allotment qui culmineront avec le Dawes Act, entraînant la perte massive des terres tribales.
1883 :
Dans l’Ouest canadien, les inspecteurs des réserves reprennent leurs tournées auprès des nations cris et pieds‑noirs. Leurs rapports, souvent restrictifs, servent à justifier un rationnement punitif dans un contexte de famine et de disparition du bison. Ces mesures renforcent la pression fédérale sur les communautés, déjà fragilisées par la perte de leur autonomie et la surveillance constante. Les tensions ainsi accumulées mèneront, deux ans plus tard, à la Rébellion du Nord‑Ouest.
1905 :
Le Canada intensifie ses patrouilles de la NWMP dans l’Arctique pour affirmer sa souveraineté. Cette période marque la reprise des échanges entre les agents coloniaux et les communautés inuites, notamment autour du commerce des fourrures. Les patrouilles servent à surveiller les déplacements, collecter des informations et intégrer les Inuits à l’économie de marché occidentale.
1926 :
Alors que l’expédition Wilkins‑Detroit tente de survoler l’Arctique depuis Point Barrow, les rapports de George Hubert Wilkins soulignent l’aide vitale des Iñupiat. Leur connaissance de la glace, leurs vêtements en peau et leur soutien logistique permettent à l’expédition de poursuivre ses essais aériens. Cet épisode montre que les explorations technologiques occidentales dépendaient profondément des savoirs autochtones.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Chef Two Bears près de son tipi – Sud du Saskatchewan – chef Two Bears près de son tipi – Sud de la Saskatchewan – 1931(From the Paul Coze fonds)