Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1515 :
Bartolomé de Las Casas intensifie ses démarches auprès de la Couronne espagnole pour dénoncer l’encomienda, système de travail forcé qui décime les populations autochtones des Caraïbes et d’Amérique centrale. Il multiplie mémoires et audiences, décrivant la mortalité massive et les abus des colons. Ses interventions convainquent le cardinal Cisneros d’envisager des réformes et d’envoyer des enquêteurs dans les îles. Cette période marque le début de son rôle politique majeur et prépare sa nomination comme “Protecteur des Indiens”.
1763
Le chef outaouais Pontiac tente de s’emparer de Fort Détroit par la ruse, en entrant dans le fort sous couvert d’une visite diplomatique. Prévenu par un informateur autochtone, le commandant Gladwin déjoue la surprise. L’échec immédiat déclenche néanmoins le siège de Détroit et marque le début de la grande rébellion autochtone contre l’occupation britannique. Dans les jours suivants, les nations alliées encerclent le fort et la guerre s’étend à toute la région des Grands Lacs.
1793 :
Alexander Mackenzie remonte la rivière de la Paix et rencontre les Dane‑zaa (Beaver), dont il décrit les réseaux commerciaux et l’influence régionale. Ses journaux montrent que les Dane‑zaa contrôlent des routes de chasse et d’échange essentielles, et qu’ils négocient avec prudence face aux Européens. Mackenzie dépend de leurs connaissances du territoire pour poursuivre sa route vers l’ouest. Ces notes offrent un rare instantané des relations de pouvoir dans le commerce des fourrures avant l’arrivée massive des colons.
1824 :
Le Mexique fusionne le Coahuila et le Texas pour créer l’État de Coahuila y Tejas. Cette réorganisation vise à renforcer le contrôle du nord du pays et à attirer davantage de colons, notamment anglo‑américains. Pour les Comanches, Apaches et Lipans, ce nouveau découpage marque une accélération de la colonisation de leurs terres ancestrales. Les postes militaires et les colonies agricoles se multiplient, modifiant profondément les équilibres frontaliers.
1824 :
Lors de son expédition à bord du HMS Griper, le capitaine George Francis Lyon explore la région de l’île Southampton et consigne dans ses journaux des observations détaillées sur les Inuits. Il décrit leurs vêtements en peau, leurs techniques de chasse et leurs méthodes de déplacement sur la banquise printanière. Lyon souligne la précision de leurs connaissances géographiques et la sophistication de leur culture matérielle. Ses notes comptent parmi les premières descriptions européennes approfondies des Inuits du bassin d’Hudson.
1848 :
En pleine Guerre des Castes, les forces mayas contrôlent la majeure partie du Yucatán et consolident leurs positions autour des centres d’approvisionnement. Elles coupent les routes vers Mérida et Campeche, affaiblissant l’autorité yucatèque. Les insurgés réclament l’abolition des impôts religieux, la fin des corvées et la restitution des terres communautaires. Ce moment marque l’apogée de leur puissance militaire et politique.
1851 :
La Nation Cherokee ouvre son Female Seminary, au nord de Park Hill, un jour après l’inauguration du séminaire masculin. L’établissement offre un programme exigeant, algèbre, botanique, géographie, latin, musique, inspiré des académies de Nouvelle‑Angleterre. Financé et administré par la Nation, il marque la volonté cherokee de reconstruire une société instruite après le Trail of Tears.
1855 :
Un traité discuté avec les Wyandots organise leur transition vers la citoyenneté américaine. Présenté comme une intégration, ce processus impose en réalité la dissolution de la propriétécommunautaire au profit de parcelles individuelles. Cette stratégie permet au gouvernement d’ouvrir les terres “excédentaires” à la colonisation et affaiblit les structures sociales et politiques de la nation. Le traité marque un tournant majeur dans l’histoire wyandotte et préfigure les politiques d’allotment qui se généraliseront plus tard avec le Dawes Act.
1868 :
Les chefs Crows (Apsáalooke) signent à Fort Laramie un traité établissant une réserve d’environ 8 millions d’acres dans le Montana. Présenté comme une garantie de paix, le texte impose toutefois la sédentarisation et limite les déplacements de chasse. Malgré leur alliance ancienne avec les États‑Unis, les Crows voient ce traité inaugurer une réduction progressive de leur territoire traditionnel. Dans les décennies suivantes, plusieurs cessions forcées amputeront encore la réserve.
1877 :
Les troupes du colonel Nelson A. Miles surprennent un camp de Miniconjou Lakotas dirigé par le chef Lame Deer dans le sud‑est du Montana. Une tentative de négociation tourne court lorsqu’un tir isolé déclenche un échange de feu. Lame Deer est mortellement touché, et plusieurs guerriers sont tués ou capturés. Le camp est dispersé et les chevaux saisis, privant les survivants de toute possibilité de fuite. Cet affrontement constitue l’un des derniers combats majeurs de la Guerre des Black Hills.
1888 :
Les archives de la Carlisle Indian Industrial School indiquent l’envoi de plusieurs élèves autochtones, notamment Sioux et Cheyennes, dans des fermes blanches dans le cadre du programme “Outing”. Présenté comme une formation, ce système visait surtout à les séparer de leur culture et à les soumettre à un travail agricole ou domestique. Les placements, organisés chaque printemps, faisaient partie de la stratégie d’assimilation forcée de Carlisle.
1891 :
Des rapports d’expéditions militaires et scientifiques dans le Gran Chaco signalent des escarmouches avec les peuples Wichí et Toba. Officiellement destinées à cartographier la région, ces missions servent en réalité à préparer la colonisation de territoires décrits comme “vides” par les États‑nations. Les communautés locales résistent à l’intrusion, défendant leurs terres, leurs points d’eau et leurs réseaux de mobilité. Ces opérations marquent une nouvelle étape dans la spoliation du Chaco et l’effacement de la souveraineté autochtone.
1923 :
La lutte contre le Bursum Bill atteint son sommet. Les Pueblos, soutenus par John Collier et des alliés de Santa Fe, multiplient les actions publiques et les interventions devant le Sénat. Des articles nationaux dénoncent la spoliation des terres et des droits hydriques, mobilisant l’opinion. Face à cette pression, le gouvernement fédéral est contraint de revoir sa position. Le Bursum Bill est abandonné en 1923, ouvrant la voie à une législation plus protectrice en 1924.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Carabine Springfield Modèle 1873 calibre .45 ayant appartenu à Lame Deer (Minneconjou Lakota, vers 1821-1877) ; récupéré après sa mort en 1877 par le général Nelson A. Miles (1839-1925, armée américaine) ; légué à ses enfants, le major général Sherman Miles (1882-1966) et Cecelia Miles Reber (épouse de Samuel K. Reber, 1869-1952) ; donné à l’American Indian Museum par le major général Sherman Miles et Cecelia Miles Reber en 1925 – Smithsonian