Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1493 :
Une bataille éclate au sein du royaume kaqchikel dans les Hautes Terres du Guatemala. Les Annales des Cakchiquels décrivent cette période comme une guerre civile opposant différents lignages nobles pour le contrôle d’Iximché. Ces affrontements internes affaiblissent le royaume au moment où les rivalités avec les K’iche’ et les Tz’utujil restent vives.
1520 :
Lors de la fête sacrée de Toxcatl, les nobles et prêtres mexicas rassemblés dans l’enceinte du Templo Mayor sont massacrés sur ordre de Pedro de Alvarado, en l’absence de Cortés. L’attaque, menée contre des participants désarmés, est perçue comme une trahison et une profanation majeure. Elle déclenche immédiatement le soulèvement général de Tenochtitlan contre les Espagnols. Le massacre marque un tournant décisif de la conquête : la rupture totale entre Mexicas et conquistadors, prélude à la Noche Triste et à la guerre finale pour la capitale.
1524 :
Douze franciscains menés par Martín de Valencia arrivent à Tenochtitlan, inaugurant la conquête spirituelle du Mexique. Leur mission vise à convertir les peuples autochtones et à transformer en profondeur la société mexica : destruction des temples, interdiction des rites, création d’écoles chrétiennes. Malgré cette imposition, un syncrétisme religieux se développe, mêlant traditions nahuas et catholicisme.
1611 :
Henry Hudson explore la baie qui portera son nom, ouvrant les premiers contacts entre Européens, Inuits et Cris du Nord. Ces rencontres restent limitées, mais elles annoncent l’arrivée future du commerce des fourrures. L’exploration de Hudson prépare la création de la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui transformera profondément l’économie de subsistance des peuples subarctiques. La région devient un centre majeur de la traite, entraînant dépendances, réorganisations territoriales et bouleversements culturels.
1690 :
Durant la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, les forces françaises de Louisbourg et leurs alliés Abénakis assiègent et prennent Fort Loyal à Casco Bay. L’opération vise à stopper l’expansion anglaise sur les territoires wabanaki. Les Abénakis jouent un rôle central dans le siège, utilisant leurs tactiques de harcèlement et leur connaissance du terrain. La chute du fort marque une victoire stratégique pour la coalition franco‑autochtone.
1702 :
Les franciscains ont établi la mission de Santa Fe de Toloca dans un grand village timucua du nord de la Floride. Cette année‑là, des Apalachicolas, alliés aux Anglais, attaquent les Espagnols et les Timucuas missionnés. La bataille est meurtrière des deux côtés, mais les Apalachicolas finissent par l’emporter. L’affrontement marque une étape importante dans la destruction progressive du réseau missionnaire espagnol et dans le déclin des Timucuas. Il s’inscrit dans le contexte plus large des guerres coloniales opposant Espagnols et Anglais, chacun cherchant à rallier les nations autochtones.
1741 :
Dans le contexte de la guerre de l’Oreille de Jenkins, les rives du fleuve Orénoque deviennent un front secondaire entre Espagnols et Anglais. Les missions et avant‑postes espagnols sont attaqués ou menacés, et les peuples locaux, notamment les Guahibos, sont recrutés comme éclaireurs ou pris dans les représailles. Les Espagnols utilisent les missions comme zones tampons pour protéger leurs routes fluviales.
1775 :
La Déclaration de Charlotte marque la rupture des colons de Caroline du Nord avec la Couronne britannique. Pour les nations Cherokee et Catawba, cet acte inaugure une période critique : la guerre civile coloniale les force à choisir un camp. Les Cherokees se rapprochent des Britanniques pour protéger leurs terres, tandis que les Catawbas soutiennent les Patriotes. Le conflit entraîne raids, destructions et pertes territoriales massives.
1776 :
Lors de la campagne américaine au Canada, une force britannique appuyée par environ 200 guerriers mohawks menés par Joseph Brant capture un détachement de l’armée continentale aux Cèdres, près de Montréal. L’opération démontre l’efficacité militaire des Mohawks et l’importance stratégique des nations iroquoises dans le conflit. Pour les Mohawks, l’alliance avec la Couronne vise à protéger leurs territoires face à l’expansion américaine.
1781 :
L’Aymara Túpac Katari est exécuté près de La Paz après avoir dirigé le grand siège de la ville. Sa mort, d’une extrême brutalité, vise à terroriser les communautés andines. Mais elle produit l’effet inverse : la rébellion se radicalise et se poursuit sous la direction de leaders comme Bartolina Sisa et Gregoria Apaza. Katari devient un symbole durable de la résistance indigène contre l’ordre colonial.
1834 :
Le Congrès américain crée le poste de Commissaire aux Affaires indiennes, chargé de centraliser la politique fédérale envers les nations autochtones au sein du Département de la Guerre. Cette nouvelle structure administrative permet d’appliquer plus efficacement l’Indian Removal Act de 1830, qui organise le déplacement forcé des nations du Sud‑Est vers l’Ouest. Sous l’autorité du Commissaire, les Cherokees, Choctaws, Creeks, Chickasaws et Séminoles sont contraints à l’exil, prélude à la Piste des Larmes.
1862 :
Lincoln signe le Homestead Act, qui permet à tout citoyen de revendiquer 160 acres de terres “publiques”. Présentée comme une loi d’opportunité pour les colons, elle repose en réalité sur la spoliation des territoires autochtones des Grandes Plaines. L’arrivée massive de colons entraîne conflits, déplacements forcés et destruction des modes de vie lakotas, dakotas, cheyennes et arapahos. Le Homestead Act devient ainsi un pilier juridique de la colonisation de l’Ouest et un tournant majeur dans la dépossession des nations autochtones.
1885 :
Après la défaite de Batoche, le chef cri Poundmaker se rend aux forces canadiennes pour éviter la famine et protéger son peuple. Bien qu’il ait constamment cherché la paix et empêché des massacres, il est accusé de trahison‑félonie et emprisonné. Sa reddition marque un tournant dans la Rébellion du Nord‑Ouest et ouvre une période de répression sévère pour les nations cries. Poundmaker est aujourd’hui reconnu comme un chef diplomate, injustement condamné, dont la mémoire incarne la résistance et la dignité autochtones.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Plan de Mexico-Tenochtitlan publié en 1524 avec la deuxième lettre d’Hernán Cortés à l’empereur Charles Quint.