Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1534 :
Charles Quint divise l’ancien empire inca en deux gouvernements coloniaux, Nueva Castilla et Nueva Toledo, attribués à Pizarro et Almagro. Ce découpage, imposé depuis l’Espagne, ignore totalement les frontières traditionnelles du Tahuantinsuyu et fragmente les populations quechuas et aymaras. Il facilite la mise en place de l’exploitation minière et des systèmes de travail forcé.
1542 :
Hernando de Soto meurt d’une forte fièvre dans le village de Guachoyo, sur le Mississippi. Avant de mourir, il nomme Luis de Moscoso comme successeur. Craignant que les nations autochtones n’apprennent la mort de celui qui se présentait comme un “fils du Soleil”, Moscoso fait immerger secrètement le corps dans le fleuve. L’expédition, affaiblie et sans objectif, tente alors de rejoindre le Mexique.
1607 :
Christopher Newport et John Smith quittent Jamestown pour remonter la rivière James et établir les premiers contacts systématiques avec les villages de la Confédération Powhatan. Les échanges, prudents mais pacifiques, mêlent curiosité et méfiance. Les Anglais cherchent des vivres et des informations, tandis que les Powhatans évaluent ces nouveaux arrivants qui ne semblent pas vouloir repartir. Cette reconnaissance marque le début d’une relation complexe, faite d’alliances fragiles et de tensions croissantes, qui déterminera l’avenir de Jamestown et des nations autochtones de Virginie.
1701 :
Montréal accueille les premières grandes délégations autochtones venues préparer la Grande Paix. Plus de trente nations, Haudenosaunee, Anishinaabeg, Algonquins, Abénaquis et peuples des Grands Lacs, entament des négociations intensives avec les Français pour mettre fin à un demi‑siècle de guerres. Les discussions portent sur la fin des raids, la libération des captifs et la stabilisation des territoires de chasse. Ces préparatifs ouvrent la voie au traité d’août 1701, qui établira un nouvel ordre diplomatique dans le Nord‑Est.
1724 :
La Guerre de Dummer s’intensifie le long de la rivière Kennebec. Les forces de Nouvelle‑Angleterre multiplient les raids contre les Abénakis et les missions jésuites, cherchant à les repousser de leurs terres ancestrales. Les villages autochtones sont attaqués, les récoltes détruites et les déplacements surveillés. Les Abénakis répondent par des raids ciblés dans une guerre frontalière asymétrique.
1813 :
L’Assemblée de l’An XIII réaffirme l’abolition du tribut indigène et de la mita, dans le cadre des réformes révolutionnaires visant à établir l’égalité civile. Le décret proclame l’intégration des peuples autochtones comme citoyens des Provinces-Unies, rompant officiellement avec les structures coloniales. Mais son application reste très inégale : les autorités locales continuent souvent d’exiger le tribut, et les terres communautaires restent menacées.
1821 :
Lors de sa seconde expédition, William Edward Parry rencontre les premiers groupes inuits de la saison dans l’Arctique canadien. Ces contacts sont essentiels : les Inuits fournissent des cartes tracées sur peau de phoque, des indications sur les chenaux libres de glace et des techniques de chasse indispensables. Parry reconnaît que ces savoirs conditionnent la progression et la survie de son équipage.
1832 :
Un conflit autour d’un barrage bloquant les poissons d’un village potawatomi dégénère en massacre à Indian Creek. Environ 40 à 80 guerriers potawatomis, accompagnés de trois Sauks, attaquent la famille Davis et ses voisins, tuant quinze colons. Deux jeunes femmes, Sylvia et Rachel Hall, sont capturées puis libérées après négociation. L’épisode provoque une panique générale dans l’Illinois et renforce la mobilisation contre Black Hawk. Le site devient plus tard un lieu de mémoire, rappelant la convergence tragique entre conflit territorial, incompréhension culturelle et violence de la frontière.
1924 :
A quelques jours du vote de l’Indian Citizenship Act, des leaders autochtones et des organisations comme la Society of American Indians multiplient tribunes, réunions et interventions politiques. Ils défendent une citoyenneté qui n’efface pas la souveraineté tribale ni les droits collectifs des nations autochtones. Cette journée de lobbying intense rappelle que la citoyenneté ne doit pas devenir un outil d’assimilation. Les débats du 21 mai annoncent les grandes luttes du XXᵉ siècle autour de l’autodétermination et des droits civiques autochtones.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Boy Chief – Ojibbeway – 1843 – George Catlin – National Gallery of Art