Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1493 :
A Barcelone, les Rois Catholiques confirment solennellement les privilèges de Christophe Colomb, lui accordant les titres de Vice‑roi et Gouverneur de toutes les terres découvertes et à découvrir. Ce décret fonde juridiquement le pouvoir colonial espagnol dans les Antilles. Il donne à Colomb l’autorité politique et économique qui permettra l’instauration des encomiendas et l’asservissement des Taïnos et des Caraïbes. Cet acte marque le passage de l’exploration à la colonisation.
1518 :
Juan de Grijalva remonte le fleuve Tabasco et rencontre pacifiquement les Mayas chontales dirigés par Tabscoob. Contrairement au combat de Champotón, cette rencontre se déroule dans un climat diplomatique : Grijalva offre des soieries et des perles, Tabscoob répond par des parures d’or et des provisions. Ce contact révèle aux Espagnols la richesse du Tabasco et accélère la décision d’organiser une expédition de conquête, celle de Cortés en 1519.
1660 :
Radisson et des Groseilliers amorcent leur retour vers Montréal à la tête d’un immense convoi de fourrures, escorté par des Outaouais et des Hurons‑Wendat. La flotte, comptant jusqu’à 250 canots selon certaines traditions, transporte une quantité exceptionnelle de castors. Ce retour spectaculaire brise le blocus iroquois et sauve l’économie de la Nouvelle‑France, alors au bord de l’effondrement.
1675 :
Les Français consolident une alliance stratégique avec les Potawatomis autour du lac Michigan. Soutenue par La Salle, cette alliance repose sur l’échange d’armes, de fourrures et de protection mutuelle. Elle permet aux Potawatomis de résister aux incursions iroquoises durant les guerres du Castor et ouvre aux Français la voie du Mississippi et de la future Louisiane. Cet accord devient l’un des piliers du système franco‑autochtone des Grands Lacs.
1748 :
Les peuples Pames et Jonaces de la Sierra Gorda se soulèvent contre la perte de leurs terres au profit des éleveurs espagnols. Ils attaquent des convois et des garnisons liés au gouverneur José de Escandón. La réponse coloniale est brutale : une campagne de “pacification” qui entraîne déportations, regroupements forcés et destruction des communautés nomades.
1812 :
Les communautés indigènes et métisses de Huánuco se soulèvent contre les abus fiscaux et commerciaux des autorités coloniales espagnoles. Les insurgés s’emparent de la ville et contrôlent la région pendant plusieurs semaines. Le vice‑roi Abascal envoie alors une armée qui reprend Huánuco au printemps. Le 28 mai 1812, les tribunaux coloniaux ouvrent des procès de masse : les leaders indigènes sont exécutés ou bannis.
1828 :
Les communautés indigènes d’Iquicha et de Huanta, dirigées par Antonio Huachaca, poursuivent leur rébellion contre la jeune République péruvienne. Restés fidèles à la monarchie espagnole, ils refusent les nouvelles taxes et la menace sur leurs terres communautaires. Fin mai, l’armée républicaine lance une offensive majeure pour “pacifier” la région, sans parvenir à écraser la guérilla.
1830 :
Le Congrès américain adopte l’Indian Removal Act, proposé par Andrew Jackson dans son message du 8 décembre 1829. Jackson, surnommé “Sharp Knife” par plusieurs nations, affirme que Blancs et Autochtones ne peuvent coexister et propose de les déplacer à l’Ouest du Mississippi. La loi permet de renier les traités garantissant leurs terres “pour toujours”. Elle ouvre la voie à la déportation des nations du Sud‑Est, dont les Cherokees, Creeks, Choctaws, Chickasaws et Seminoles.
1851 :
Un traité est signé à Dent’s et Ventine’s Crossings entre les commissaires fédéraux et plusieurs groupes autochtones de la Trinity River. Comme les autres traités californiens de 1851–1852, il prévoit des réserves et une protection contre les violences des mineurs en échange de vastes cessions de terres. Mais le Sénat américain refuse de ratifier ces accords et les garde secrets pendant 50 ans. Les terres promises ne sont jamais attribuées.
1924 :
Le Congrès américain crée la U.S. Border Patrol via le Labor Appropriation Act. Cette nouvelle police des frontières affecte immédiatement les nations autochtones dont les territoires chevauchent les frontières coloniales, comme les Tohono O’odham, les Yaquis ou les Kumeyaay. Le contrôle renforcé criminalise leurs déplacements traditionnels et sépare des familles. Au nord, les Inuits et Gwich’in voient progressivement leurs routes de chasse transfrontalières restreintes. Ce durcissement intervient paradoxalement quelques jours avant l’Indian Citizenship Act, révélant la contradiction entre citoyenneté et perte de mobilité autochtone.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Tohono O’odham – clown à la grande fête de Santa Rosa – issue du livre « New trails in Mexico » de Carl Lumholtz – 1912