Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1533 :
Pedro de Heredia fonde Carthagène des Indes sur les ruines du village caribe de Calamarí, déclenchant une résistance acharnée des populations locales. Les Calamarí, réputés pour leurs flèches empoisonnées, s’opposent aux tentatives d’asservissement et au pillage de leurs sépultures par les Espagnols.
1548 :
Sous la pression des colons de la Capitainerie générale du Guatemala, les autorités espagnoles réorganisent le repartimiento, un système de travail forcé rotatif imposé aux communautés mayas. Cette révision locale contourne l’esprit des Lois Nouvelles de 1542, qui visaient à abolir l’esclavage des Indiens. Si l’esclavage direct dénoncé par Las Casas recule, il est remplacé par une exploitation institutionnalisée de la main‑d’œuvre K’iche’, Kaqchikel et d’autres peuples mayas. Même si aucune ordonnance n’est datée précisément du 1er juin, mais l’année 1548 marque un tournant dans la consolidation du travail forcé en Amérique centrale.
1660 :
La quakeresse Mary Dyer est exécutée à Boston pour avoir défié les lois puritaines interdisant la présence des Quakers. Son martyre révèle la radicalisation religieuse et politique de la Nouvelle‑Angleterre, où les autorités renforcent leur contrôle social et leur intolérance envers toute dissidence. Ce climat de crispation interne influence indirectement les relations avec les nations autochtones, notamment les Wampanoags et les Narragansetts, déjà fragilisées par les pressions foncières et missionnaires.
1716 :
Au lendemain de la guerre des Yamasee, les autorités de Caroline du Sud concluent une alliance décisive avec les Cherokees, qui acceptent de combattre les Creeks et de rouvrir les routes commerciales. Le Conseil colonial valide alors plusieurs accords de paix et de commerce, rétablissant l’approvisionnement en armes et marchandises européennes.
1756 :
Les Delawares (Lenapes) mènent une série de raids dans les vallées de la Juniata et de la Susquehanna, sous la conduite de chefs comme King Beaver, Shingas et Captain Jacobs. Ces attaques visaient à repousser l’avancée coloniale et à défendre les territoires de chasse lenapes, dans un contexte de tensions extrêmes au début de la guerre de Sept Ans.
1779 :
George Washington signe les instructions finales ordonnant à John Sullivan de lancer une vaste campagne contre les nations haudenosaunee alliées aux Britanniques. L’objectif explicite est la destruction totale des villages, récoltes et infrastructures des Sénécas, Cayugas et autres nations. Les opérations débutent quelques semaines plus tard et aboutissent à une politique de terre brûlée sans précédent, forçant des milliers d’Autochtones à la famine et à l’exil.
1792 :
Le Kentucky devient le 15ᵉ État des États‑Unis. Cette admission accélère l’afflux de colons et de milices dans la vallée de l’Ohio, aggravant la pression sur les territoires de la Confédération du Nord‑Ouest (Shawnees, Delawares, Miamis, Wyandots). Face à cette expansion légitimée par l’État nouvellement créé, les chefs Little Turtle et Blue Jacket durcissent leur résistance militaire. Si l’entrée du Kentucky n’est pas l’origine du conflit, elle contribue à l’intensification de la guerre du Nord‑Ouest, qui culminera en 1794.
1847 :
Un convoi de colons atteint la mission de Waiilatpu, apportant une souche virulente de rougeole. L’épidémie frappe de plein fouet les Cayuses, dont les enfants meurent massivement faute d’immunité, tandis que les traitements du missionnaire Marcus Whitman semblent efficaces pour les colons. Cette différence de mortalité conduit les Cayuses à soupçonner un empoisonnement délibéré destiné à préparer la prise de leurs terres. La tension monte tout l’été et débouche, en novembre 1847, sur le massacre de la mission et l’ouverture de la guerre Cayuse.
1866 :
Les représentants américains arrivent à Fort Laramie pour préparer une grande conférence de paix destinée à sécuriser la Bozeman Trail à travers les territoires lakotas. Les discussions officielles n’ouvrent pas ce jour‑là, car Red Cloud exige un report afin d’attendre l’arrivée de toutes les délégations autochtones. Lorsque les Lakotas découvrent que l’armée américaine construit déjà des forts sur la piste sans leur accord, Red Cloud rompt les pourparlers et quitte le fort. Cet échec marque le début de la guerre de Red Cloud (1866–1868), l’un des rares conflits où les nations des Plaines imposeront une victoire stratégique aux États‑Unis.
1868 :
A Fort Sumner, les chefs navajos ; dont Barboncito, Armijo, Delgadito, Herrero Grande et Manuelito, signent avec les commissaires Sherman et Tappan le traité qui met fin à la déportation de Bosque Redondo. Après quatre années de famine et de souffrances, ils obtiennent enfin le droit de retourner sur une partie de leurs terres ancestrales. Le traité garantit la paix, la création d’une réserve navajo et des aides matérielles pour reconstruire leur société. Cet accord marque la fin de la Longue Marche et le renouveau du peuple Diné.
1906 :
La presse de Rio de Janeiro relate l’initiative de Leolinda Daltro, militante indigéniste et féministe, qui accueille chez elle une délégation de leaders guaranis venue dénoncer les spoliations territoriales et demander audience au président de la République. L’épisode, largement commenté et souvent ridiculisé par la presse conservatrice, révèle les résistances politiques auxquelles se heurtent les peuples autochtones. Il marque l’un des premiers moments où des revendications indigènes sont portées publiquement dans la capitale brésilienne.
1913 :
Le ministère des Affaires indiennes reçoit une série de rapports alarmants sur les Inuits et les Dénés du Grand lac des Esclaves et des régions subarctiques. Ces documents décrivent un effondrement démographique causé par les épidémies de grippe et de rougeole introduites par les commerçants de fourrures et les baleiniers. Face à cette crise, Ottawa envisage d’étendre la présence policière et médicale dans l’Arctique, mais les mesures restent limitées et tardives.
1920 :
Le Canada modifie la Loi sur les Indiens pour rendre obligatoire la fréquentation scolaire des enfants des Premières Nations âgés de 7 à 15 ans. Cette révision donne aux agents fédéraux le pouvoir d’enlever les enfants à leurs familles et d’imposer leur placement dans les pensionnats autochtones, institutionnalisant l’assimilation forcée. Bien que les Inuits ne soient pas encore juridiquement concernés, l’amendement marque un tournant majeur dans la politique coloniale canadienne et prépare l’expansion du système jusque dans les régions subarctiques.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Chef Red Cloud (Makhpiya Luta) – 1867 – William S. Soule- Smithsonian Institution.