Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1539 :
Hernando de Soto débarque dans la baie de Tampa et entame l’une des expéditions les plus violentes de la conquête espagnole. Au cours des premiers jours de juin, il installe son camp, organise ses troupes et procède à une prise de possession symbolique de la Floride au nom de la Couronne, conformément à la capitulation royale de 1537.
L’arrivée de De Soto marque un tournant pour les nations autochtones du Sud‑Est, confrontées à la violence, aux prises d’otages et aux maladies introduites par l’expédition.
1660 :
L’abbé Gabriel Souart consigne dans les registres de Montréal le récit d’un Huron évadé, confirmant la destruction du groupe de Dollard des Ormeaux au Long‑Sault. Le combat, engagé à la fin de mai, oppose 17 Français, 40 Hurons et 4 Algonquins à près de 800 guerriers iroquois. La résistance acharnée des alliés franco‑autochtones se solde par leur mort ou leur capture, mais perturbe les plans d’une offensive iroquoise majeure contre la colonie. Cette date du 3 juin marque donc le dénouement officiel de la bataille du Long-Sault dans les archives de la Nouvelle‑France.
1754 :
Les troupes françaises de Louis Coulon de Villiers, appuyées par des alliés autochtones, attaquent Fort Necessity, où George Washington s’est retranché. Sous une pluie battante, les Virginiens, épuisés et mal protégés, sont rapidement submergés. Washington accepte de négocier et signe, dans la soirée, une capitulation qui met fin au combat.
1770 :
Le père Junípero Serra fonde la mission San Carlos Borromeo à Monterey, première étape d’un établissement qui sera déplacé à Carmel l’année suivante. Cette mission devient l’un des centres majeurs du réseau franciscain de Californie. Pour les peuples Ohlones et Esselen, l’arrivée des missionnaires entraîne une transformation brutale : travail forcé, sédentarisation, interdiction des pratiques culturelles et propagation d’épidémies meurtrières.
1825 :
Dans le comté de Madison (Indiana), les colons Andrew Sawyer et John Townsend Bridge Sr. sont pendus pour leur participation au massacre de Fall Creek, où neuf Amérindiens, Miami et Seneca‑Shawnee, dont des femmes et des enfants, avaient été tués en mars 1824. Ce procès exceptionnel marque l’une des premières fois où des Blancs sont condamnés à mort pour le meurtre d’Autochtones aux États‑Unis. L’affaire illustre la violence extrême des relations coloniales dans l’Indiana et la volonté ponctuelle de l’État de faire respecter la loi. Une troisième exécution, celle de James Hudson, suivra le 10 juin.
1825 :
Les États‑Unis imposent à la nation Kanza (Kaw) le traité de Saint‑Louis, destiné à sécuriser la piste de Santa Fe et à répondre à la pression croissante des squatters. Les Kaw cèdent alors près de 18 à 20 millions d’acres, incluant toutes leurs terres du Missouri et une grande partie de leurs territoires à l’ouest, ne conservant qu’une réserve réduite d’environ 2 millions d’acres. Cette perte brutale ouvre la voie à la spoliation de leurs espaces de chasse et à l’effondrement de leur autonomie.
1833 :
Face à l’invasion massive de colons blancs sur les terres Creek en Alabama, le Secrétaire à la Guerre Lewis Cass ordonne aux U.S. Marshals de faire respecter les traités et d’expulser les intrus. Ces directives, envoyées entre fin mai et début juin, visent à protéger les lots attribués aux familles Creek après le traité de 1832. L’incapacité du gouvernement fédéral à faire appliquer ses propres ordres accélère la spoliation des terres Creek et prépare la crise de 1836.
1850 :
Cinq membres de la nation cayuse (Clokomas, Isiaasheluckas, Kiamasumkin, Telakite et Tomahas) sont jugés et pendus à Oregon City pour leur prétendue participation au massacre Whitman de 1847. Ce drame survient après une épidémie de rougeole qui décime les Cayuses, convaincus que le missionnaire Marcus Whitman était responsable de la mort de leurs enfants. Après deux ans de guerre, les Cayuses livrent cinq hommes pour obtenir la paix, bien qu’ils ne soient probablement pas les auteurs de l’attaque. Leur procès, expéditif, se déroule dans une taverne devant une foule hostile. Les cinq sont exécutés le 3 juin 1850, et leurs tombes restent inconnues.
1913 :
Le Foreign Office britannique enregistre les derniers rapports officiels sur les atrocités commises dans le Putumayo, confirmant l’extermination de milliers de Huitotos, Boras et Ocainas par la Peruvian Amazon Company. Ces documents, qui clôturent les enquêtes ouvertes après les révélations de Roger Casement, rassemblent des preuves accablantes de travail forcé, de massacres et de violences systématiques. Leur publication marque l’un des premiers scandales internationaux liés à un crime colonial en Amazonie, même si elle n’entraîne aucune sanction réelle contre les responsables.
1917 :
La date du 3 juin est parfois utilisée comme repère symbolique pour la naissance de Pitseolak Ashoona, bien que son année réelle, située entre 1904 et 1917, demeure incertaine. Née près de Cape Dorset (Nunavut), elle devient l’une des grandes figures de l’art inuit du XXᵉ siècle. À travers des milliers de dessins et de gravures, elle documente la vie nomade traditionnelle, les récits mythologiques et la transition vers la sédentarisation imposée par le gouvernement canadien. Son œuvre constitue aujourd’hui une mémoire visuelle essentielle de la culture inuite.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Des hommes Ohlone exécutent une danse traditionnelle à la Mission San Francisco de Asís (Mission Dolores). Cette scène a été dessinée par Louis Choris, un artiste russe qui a visité la Haute-Californie en 1816. Illustration du livre « Voyage pittoresque autour de monde : avec des portraits de sauvages d’Amérique, d’Asie, d’Afrique, et des iles du Grand océan; des paysages, des vues maritimes, et plusieurs objets d’histoire naturelle; accompagné de descriptions par le Baron Cuvier, et A. de Chamisso, et d’observations sur les crânes humains, par m. le docteur Gall» 1822