Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1494 :
L’Espagne et le Portugal signent le traité de Tordesillas, qui divise le “Nouveau Monde” selon une ligne tracée dans l’Atlantique. Inspiré des bulles papales de 1493, l’accord attribue aux Espagnols les terres situées à l’ouest et aux Portugais celles à l’est, ouvrant la voie à la future colonisation du Brésil. Ce partage ignore totalement les souverainetés autochtones et fonde l’expansion impériale ibérique. L’acte est l’un des plus déterminants de l’histoire coloniale mondiale.
1663 :
Les Esopus lancent une attaque d’une rare sophistication contre la colonie néerlandaise de Wiltwijck. Après avoir exigé des pourparlers “désarmés”, ils profitent des portes ouvertes pour infiltrer la ville sous couvert de vendre des produits. Au même moment, un autre groupe détruit le village voisin de Nieu Dorp. L’assaut intérieur surprend totalement les colons : maisons incendiées, captifs enlevés, panique générale. Cet épisode marque le début de la Seconde Guerre des Esopus, qui se conclura par la destruction du fort esopus et la mort du chef Papequanaehen.
1769 :
Daniel Boone atteint le sommet de Pilot Knob et aperçoit pour la première fois les vallées du Kentucky, selon le récit popularisé par John Filson en 1784. Cette exploration, menée malgré l’interdiction britannique de franchir les Appalaches, ouvre la voie à la future Wilderness Road, qui deviendra l’axe principal de la colonisation du Kentucky. L’arrivée massive de colons déclenche des décennies de conflits avec les nations autochtones, notamment les Shawnees et les Cherokees,pour qui ces terres constituaient des territoires de chasse essentiels.
1803 :
Un important traité est signé à Fort Wayne entre William Henry Harrison et les représentants des Delaware, Shawnee, Miami, Kaskaskia, Kickapoo, Piankashaw, Potawatomi, Wea et d’autres groupes alliés. L’accord modifie les frontières établies par le traité de Greenville et cède aux États‑Unis plusieurs terres stratégiques, dont les sources de sel de Saline Creek. En échange, les nations reçoivent une ration annuelle de 150 boisseaux de sel et la garantie d’utiliser gratuitement les ferries.
1862 :
Le secrétaire d’État américain William H. Seward et le diplomate britannique Lord Lyons signent le traité Lyons–Seward, qui autorise les deux nations à intercepter les navires soupçonnés de traite négrière. Si l’accord vise la suppression du trafic transatlantique, il modifie profondément l’équilibre politique des Caraïbes et de la côte des Mosquitos : le renforcement des patrouilles maritimes perturbe les réseaux locaux et affaiblit l’autonomie du royaume miskito, facilitant son intégration forcée par les États d’Amérique centrale.
1869 :
Les Loyal Shawnees, expulsés successivement de l’Ohio puis du Kansas, signent un accord d’incorporation avec la Nation Cherokee. En échange d’un versement au Cherokee National Fund, ils obtiennent le droit de s’installer sur les terres cherokees du Territoire Indien. Cet accord leur offre une protection juridique mais entraîne la perte de leur souveraineté tribale indépendante, les transformant en “Cherokee Shawnees” pendant plus d’un siècle. Leur reconnaissance fédérale propre ne sera restaurée qu’en 2000.
1869 :
Le président américain proclame officiellement le traité de Fort Bridger signé en 1863 avec les Eastern Shoshone, lui donnant pleine force de loi. L’accord redéfinit les frontières du territoire shoshone et garantit aux États‑Unis un libre passage pour les routes d’émigration, les lignes de télégraphe, les diligences et le chantier du chemin de fer transcontinental. Cette proclamation ouvre la voie à une intrusion massive sur les terres du Grand Bassin, bouleversant les routes du grand gibier et le mode de vie shoshone.
1924 :
Le Congrès adopte le Pueblo Lands Act, destiné à résoudre les litiges fonciers qui menacent les terres des Pueblos du Nouveau‑Mexique. La loi crée le Pueblo Lands Board, chargé d’examiner les titres contestés après des décennies d’intrusions de colons non autochtones. Si elle valide certaines spoliations en échange d’indemnités souvent faibles, elle permet aussi aux Pueblos de sécuriser juridiquement une partie de leurs terres ancestrales et de préserver l’intégrité de leurs villages traditionnels.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Chief « Washakie » and His Sub-Chiefs- autour de 1885 – Amon Carter Museum of American Art, Fort Worth, Texas