Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1692 :
Une grave crise de famine provoque un soulèvement massif des populations indigènes de Mexico. Après la mort d’une femme nahua lors d’une distribution de maïs, une foule de milliers de personnes envahit la Plaza Mayor et incendie le Palais du Vice‑roi, les archives municipales et plusieurs commerces espagnols. Connu comme le Motín de los Indios, cet épisode révèle la détresse des communautés autochtones face aux abus coloniaux. L’érudit Sigüenza y Góngora sauve une partie des archives des flammes. La répression qui suit renforce durablement le contrôle colonial sur les quartiers indigènes.
1758 :
Les troupes britanniques d’Amherst et Wolfe débarquent devant Louisbourg, ouvrant l’un des sièges décisifs de la guerre de Sept Ans. Autour de la forteresse, les Mi’kmaq, alliés fidèles des Français, mènent des embuscades et des actions de harcèlement pour ralentir l’encerclement et défendre leur territoire ancestral, Mi’kma’ki. Malgré leur résistance, Louisbourg tombe en juillet, privant les Mi’kmaq de leur principal soutien européen et ouvrant la voie à la domination britannique en Acadie.
1846 :
Le chef penateka Santa Anna figure parmi les signataires du traité de Council Springs, conclu entre les Comanches et les autorités américaines nouvellement installées au Texas. L’accord vise à pacifier la frontière, à réglementer le commerce et à obtenir la libération des captifs. Ratifié par le Sénat, il marque un jalon majeur dans la transition entre la diplomatie de la République du Texas et celle des États‑Unis, ouvrant une période de paix fragile avant la mise en réserve des Penatekas.
1871 :
A Fort Sill, le chef kiowa Satanta revendique devant les autorités américaines le raid meurtrier du 18 mai contre un convoi sur la Butterfield Trail. Sherman ordonne l’arrestation de Satanta, Big Tree et Satank. En route vers Fort Richardson, Satank parvient à briser ses menottes, attaque un garde et tente de s’emparer d’un fusil avant d’être abattu. Cet épisode marque un tournant : les chefs sont traduits devant un tribunal civil texan, et l’armée adopte une politique offensive qui mènera à la Red River War.
1874 :
Le grand chef chiricahua Cochise meurt dans la réserve d’Apache Pass, après plusieurs années de maladie. Artisan d’une paix fragile conclue en 1872 avec le général Howard, il avait obtenu une réserve autonome dans les Dragoon Mountains. Sa disparition met fin à l’une des dernières périodes de stabilité pour les Chiricahuas : dès 1876, la réserve est supprimée et les Apaches sont déplacés vers San Carlos, déclenchant de nouvelles guerres menées par Geronimo et Naiche.
1874 :
Le général Alfred Terry signe à Saint Paul les ordres officiels envoyant George A. Custer explorer les Black Hills, territoire sacré garanti aux Lakotas par le traité de Fort Laramie (1868). Cette mission, officiellement scientifique, vise en réalité à vérifier les rumeurs d’or. La découverte de gisements déclenche une ruée massive de mineurs, la violation du traité et, deux ans plus tard, la guerre des Black Hills, qui mènera à la perte définitive de Paha Sapa pour la Grande Nation Sioux.
1906 :
Theodore Roosevelt signe l’Antiquities Act, qui autorise la création de monuments nationaux pour protéger les sites archéologiques et historiques des terres publiques. Si la loi vise à lutter contre les pillages, elle entraîne la prise de contrôle fédérale de milliers de sites sacrés, ruines et sépultures autochtones. Trois semaines plus tard, Mesa Verde devient l’un des premiers monuments nationaux. Pour les nations amérindiennes, cette loi marque le début d’une longue période où leur patrimoine culturel est géré sans leur consentement, parfois au détriment de leurs pratiques spirituelles.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Portrait du Chef Satanta (White Bear) – printemps 1867 – William Stinson Soule
National Anthropological Archives, Smithsonian Institution