Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1540 :
Sous Charles Quint(de 1536 à 1549), une série de Reales Cédulas ordonne le regroupement forcé des populations indigènes du Royaume de Guatemala dans des pueblos de indios. Ces décrets visent à centraliser la conversion, le contrôle politique et la collecte du tribut. Les communautés mayas, auparavant dispersées, sont contraintes de s’installer dans des villages planifiés par les autorités coloniales. Cette politique marque le début des reducciones en Amérique centrale et transforme durablement l’organisation sociale et territoriale des peuples autochtones.
1713 :
Les clauses nord‑américaines du Traité d’Utrecht commencent à être appliquées, cédant définitivement la baie d’Hudson à la Grande‑Bretagne. Ce basculement met fin au rôle de médiateurs commerciaux des Cris et des Dénés, désormais contraints de traiter directement avec les postes de la Compagnie de la Baie d’Hudson. L’implantation britannique transforme leurs réseaux de chasse et leurs routes d’échange, inaugurant une nouvelle ère de domination coloniale dans le Subarctique.
1843 :
La Compagnie de la Baie d’Hudson officialise le nom de Fort Victoria pour son nouveau poste de traite sur l’île de Vancouver, initialement appelé Fort Camosack. Le site est choisi en accord avec le chef Cheealthuc du peuple Lekwungen, dont l’appui est essentiel à la construction et à la survie du fort. Rapidement, Victoria devient un centre majeur du commerce autochtone de la côte nord‑ouest, attirant des milliers de marchands amérindiens.
1851 :
Un des 18 traités californiens est signé à Camp Persifer F. Smith entre les commissaires fédéraux et plusieurs tribus du nord de la Californie. L’accord prévoit la création de réserves et la protection des peuples autochtones face aux violences des colons. Mais comme les autres traités de 1851–1852, il sera gardé secret puis non ratifié par le Sénat américain. Les terres promises sont ouvertes à la colonisation, entraînant la dépossession et l’effondrement démographique des nations concernées.
1868 :
Les États‑Unis proclament un article supplémentaire au traité du 14 juin 1866 conclu avec la Nation Creek. Ce texte clarifie les compensations financières, les droits des Freedmen (anciens esclaves africains détenus par de nations comme les Creeks ou les Cherokees) et la redistribution des terres après les divisions internes de la guerre de Sécession. Il stabilise la gouvernance creek et fixe les limites du territoire restant dans le Territoire indien. Cet ajustement marque une étape clé de la reconstruction politique et territoriale des Creeks.
1875 :
Dans la région de Mal Abrigo (nord de Santa Fe), un groupe de guerriers mocovís ou tobas mène un raid contre une colonie frontalière. Profitant d’un épais brouillard, ils détruisent des installations et capturent des chevaux avant de se replier vers le Chaco. Ce type d’attaque s’inscrit dans les conflits violents qui opposent alors les nations autochtones aux lignes de fortins de l’armée argentine, en pleine expansion vers le nord.
1896 :
Le Congrès américain étend les pouvoirs de la Commission Dawes, l’autorisant à recevoir des demandes individuelles de citoyenneté et à réviser les registres des Cinq Tribus Civilisées. Cette loi permet au gouvernement fédéral de contrôler l’appartenance tribale et de purger les listes officielles, ouvrant la voie au lotissement des terres communales.
1896 :
Le capitaine chilien Domingo Canales remet au gouverneur de Magallanes un rapport décrivant l’internement forcé des Selk’nam en Terre de Feu. Il y détaille les rafles, la captivité des familles, l’acculturation imposée aux enfants et leur placement dans les missions salésiennes ou chez des particuliers. Ce document, conservé aux Archives nationales du Chili, constitue l’un des témoignages les plus précis sur la politique coloniale qui accompagne le génocide des Selk’nam à la fin du XIXᵉ siècle.
1910 :
Knud Rasmussen finalise à Copenhague les préparatifs logistiques et financiers nécessaires à la création de la station de Thulé à North Star Bay. Cette étape administrative rend possible l’expédition qui, quelques semaines plus tard, établira un poste de commerce et de recherche destiné à soutenir les Inughuit et à documenter leur culture. La station deviendra un centre majeur de l’exploration arctique et un outil essentiel pour la reconnaissance des droits et des traditions des Inuits du nord du Groenland.
1920 :
Une modification majeure de la Loi sur les Indiens entre en vigueur au Canada. Elle renforce les pouvoirs du surintendant général Duncan Campbell Scott et rend obligatoire la fréquentation des pensionnats pour tous les enfants autochtones de 7 à 15 ans. Cette mesure permet aux agents fédéraux de retirer les enfants de leur famille et d’imposer une assimilation forcée. Elle marque l’un des moments les plus sombres de la politique coloniale canadienne, entraînant la destruction des structures familiales, linguistiques et culturelles des Premières Nations.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Les derniers Selknam à Puerto Harris, île Dawson, Chili -1896 – Biblioteca Nacional de Chile