Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1671 :
Au Sault‑Sainte‑Marie, l’envoyé royal Saint‑Lusson proclame officiellement la souveraineté de la France sur les vastes territoires des Pays d’en haut, devant quatorze nations autochtones et des missionnaires jésuites. Une croix et un mât aux armes de Louis XIV sont plantés, un procès‑verbal est lu et traduit, et la cérémonie se conclut par un Te Deum. Cet acte symbolique affirme les ambitions françaises dans les Grands Lacs et prépare l’expansion vers le Mississippi. C’est l’une des plus importantes proclamations territoriales de la Nouvelle‑France.
1774 :
Une escarmouche éclate sur la rivière Kanawha entre des éclaireurs virginiens et un petit groupe de Shawnees, dans un contexte de tensions croissantes qui mèneront à la guerre de Lord Dunmore. L’affrontement marque l’escalade des violences dans la vallée de l’Ohio. Contrairement à certaines versions tardives, aucun Iroquois n’est impliqué : les Haudenosaunee restent officiellement neutres en 1774.
1818 :
Lors de la Première Guerre séminole, les troupes d’Andrew Jackson capturent le chef séminole Hemme Hadjo près de l’Apalachicola. Accusé d’avoir mené des raids contre les colons, il est exécuté sommairement sur ordre direct de Jackson, sans procès. Bien que la date du 4 juin soit plausible, les sources situent l’événement entre le 2 et le 5 juin. Cette exécution vise à briser la résistance séminole et s’inscrit dans la stratégie de terre brûlée qui prépare la prise de la Floride par les États‑Unis.
1832 :
Six hommes envoyés de Fort Hamilton pour travailler à Spafford Farm tombent dans une embuscade tendue par des guerriers Kickapoo. Trois sont tués sur le coup, un quatrième en fuyant, tandis que Francis Spencer et le jeune Bennett Million parviennent à s’échapper. Le lendemain, les volontaires de Fort Defiance découvrent des corps mutilés et les enterrent sur place. Informé du massacre, le colonel Henry Dodge lance une poursuite qui mène directement à la bataille de Pecatonica.
1866 :
A Washington, la Nation Creek signe un traité imposé par les États‑Unis après la guerre de Sécession. Ce texte oblige les Creeks à céder la moitié ouest de leur territoire en Territoire indien pour un prix dérisoire, afin d’y installer d’autres nations et les Freedmen. Le traité impose également l’abolition de l’esclavage et la citoyenneté pour les anciens esclaves.
1877 :
Lors de leur déportation forcée vers l’Indian Territory, les Poncas passent par la réserve Otoe-Missouria. Émus par leur épuisement et la faiblesse de leurs chevaux, les Otoes leur offrent des montures et des vivres pour poursuivre la marche. Si la date du 14 juin n’est pas précisément attestée, l’épisode est bien documenté et constitue un moment marquant de solidarité autochtone au cœur de l’une des déportations les plus tragiques du XIXᵉ siècle.
1893 :
Natawistixina, sœur de Seen‑From‑Afar et tante du chef Red Crow , est enterrée sur la Blood Reserve en Alberta. Figure importante des Kainai et épouse du diplomate Alexander Culbertson, elle a joué un rôle majeur dans les relations entre les Pieds‑Noirs et les agents américains. Sa date de décès exacte n’est pas connue, mais son inhumation est attestée dans les registres de la réserve. Cet épisode illustre la continuité des lignages politiques kainai au moment où la communauté traverse les années difficiles de la période post‑bison.
1898 :
Le Parlement canadien adopte la première Loi sur l’extension des frontières du Québec, rattachant à la province la région de la Baie‑James et une vaste portion du Subarctique. Cette annexion unilatérale englobe les territoires ancestraux des Cris, des Inuits et des Naskapis, sans qu’aucun traité ne soit conclu avec eux. L’absence de reconnaissance du titre autochtone ouvre la voie à un siècle de contestations juridiques, jusqu’aux grandes négociations des années 1970.
1912 :
Le gouvernement britannique publie une série de documents officiels confirmant les atrocités commises par la Peruvian Amazon Company dans le Putumayo. Ces pièces, fondées sur les enquêtes de Roger Casement, détaillent les massacres, l’esclavage et l’extermination de milliers d’Amérindiens Witoto, Bora et Andoque. Cette publication provoque un scandale international et marque l’un des premiers moments où un génocide colonial est exposé publiquement, même si les responsables ne seront jamais réellement punis.
1912 :
Le Brésil promulgue le Décret n° 10.254, qui réorganise le Serviço de Proteção aos Índios fondé par Cândido Rondon. Le texte renforce les missions de pacification, de contact permanent et de protection des peuples autochtones, en particulier dans les régions amazoniennes. Il vise à substituer la violence des colons par une politique étatique centralisée, bien que fortement assimilationniste. Ce décret marque une étape majeure dans la structuration de la politique indigéniste brésilienne du XXᵉ siècle.
1921 :
L’expédition fédérale dirigée par Henry Conroy ouvre les négociations du Traité n° 11 à Fort Providence, dans un contexte de ruée pétrolière à Norman Wells. Les chefs dénés expriment leurs inquiétudes quant à la préservation de leurs territoires et de leurs droits de subsistance. Cette date marque le début des pourparlers, mais la signature officielle du traité n’aura lieu que le 27 juin 1921. Le Traité n° 11, dernier des traités numérotés, sera longtemps contesté pour son caractère coercitif et l’absence de compréhension mutuelle.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Natawista Iksina (Medecine Snake Woman), une femme du peuple Kainah de la Confédération des Pieds-Noirs, épouse d’Alexander Cullbertson. Diplomate et interprète de talent.