Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1500 :
La reine Isabelle la Catholique signe un décret ordonnant à Francisco de Bobadilla de libérer les Indiens capturés par Christophe Colomb et envoyés comme esclaves en Espagne. Le texte affirme que les Autochtones sont des sujets libres de la Couronne, non susceptibles d’être réduits en esclavage. Cette décision répond aux abus commis dans les Antilles et marque une tentative de régulation morale de la colonisation. Toutefois, l’instauration ultérieure de l’encomienda contournera largement cet esprit protecteur.
1632 ;
Charles Iᵉʳ accorde à Cecil Calvert la charte du Maryland, qui définit un vaste territoire alors habité par les Piscataway, Nanticoke et Yaocomaco. Ce document fondateur autorise l’implantation coloniale anglaise et ignore totalement la souveraineté autochtone. À partir de 1634, l’arrivée des colons transforme profondément l’organisation territoriale et politique des nations de la Chesapeake, entraînant déplacements, traités inégaux et perte progressive des terres.
1675 :
Des guerriers wampanoags commencent à attaquer et piller des maisons anglaises dans la colonie de Plymouth, marquant le début effectif de la Guerre du Roi Philip. Ces hostilités précèdent de quelques jours le massacre de Swansea (24 juin), souvent retenu comme déclencheur symbolique. Le conflit naît d’années de spoliation, de tensions politiques et d’humiliations imposées aux Wampanoags. Il deviendra l’un des affrontements les plus meurtriers de la période coloniale en Nouvelle‑Angleterre.
1780 :
Le capitaine britannique Henry Bird attaque Ruddle’s Station avec près de 1000 hommes, dont 850 guerriers autochtones. Les 300 colons assiégés se rendent après l’usage d’un canon. Malgré la capitulation, les guerriers envahissent la station, tuent quelques personnes et capturent la majorité des survivants, un épisode ensuite appelé le Ruddle’s Station Massacre. Le lendemain, Martin’s Station se rend sans violence. Tous les prisonniers sont emmenés vers Detroit. L’événement marque l’une des incursions les plus marquantes de la frontière du Kentucky pendant la Révolution américaine.
1791 :
Les rapports espagnols de la baie de Nootka décrivent une situation de tension extrême entre les forces coloniales et les Nuu‑chah‑nulth du chef Maquinna. Si aucune attaque ni destruction du poste espagnol n’a lieu ce jour‑là, les Espagnols redoutent une offensive et constatent que Maquinna contrôle largement le commerce de la loutre de mer et les routes maritimes. L’épisode illustre le rôle central des nations de la côte Nord‑Ouest dans la crise de Nootka, qui oppose Espagne et Grande‑Bretagne pour la maîtrise du Pacifique Nord.
1815 :
Les nations Shawnee, Delaware et Wyandot signent avec les États‑Unis le traité de Spring Wells, qui officialise la paix après la guerre de 1812. Privées de soutien britannique et affaiblies par la mort de Tecumseh, ces nations doivent accepter les conditions américaines : pardon général, rupture des alliances avec la Grande‑Bretagne et reconnaissance de la souveraineté américaine. Ce traité marque la fin de la confédération de Tecumseh et ouvre une période d’expansion coloniale rapide dans la vallée de l’Ohio.
1872 :
Le général George Crook, à la tête du Department of Arizona depuis un an, restructure ses opérations contre les Apaches. Il renforce l’usage des scouts apaches, dont le rôle devient central dans la traque des groupes Tonto et Yavapai. Cette période marque la mise en place d’une stratégie mobile et agressive qui culminera dans les campagnes d’hiver 1872–1873 dans le bassin du Tonto.
1893 :
Le Pérou adopte un décret réglementant l’exploitation du caoutchouc dans les régions de Loreto et d’Ucayali. Présenté comme une mesure administrative, ce texte facilite en réalité l’octroi de vastes concessions privées et ouvre la voie à la mainmise des barons du caoutchouc sur les territoires autochtones. Les peuples Asháninka et Shipibo‑Conibo subissent dès lors déplacements forcés, travail servile et violences systématiques. Le décret marque ainsi un tournant majeur dans la mise en place du système extractiviste qui dévastera l’Amazonie péruvienne à la fin du XIXᵉ siècle.
1910 :
Le président Taft signe l’Enabling Act, autorisant le Nouveau‑Mexique et l’Arizona à rédiger une constitution en vue de leur admission dans l’Union. La loi impose que les futurs États renoncent à tout droit sur les terres autochtones, placées sous la juridiction exclusive du gouvernement fédéral. Cette clause vise à empêcher les États de s’approprier les territoires des nations Navajo, Hopi et Tohono O’odham. Si elle protège ces terres des gouvernements locaux, elle n’empêche pas les politiques fédérales d’assimilation et de contrôle.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Portrait en studio d’un Amérindien Yavapai (Mohave Apache) debout, vêtu d’un pagne et d’une coiffe de guerre ornée de plumes de hibou ; il tient un carquois. Accessoires : paniers, cactus et broussailles. Les Yavapais ne font pas partis du même groupe linguistique que les Apaches
Randall, A. F. (A. Frank) – Non datée – Denver Public Library Special Collections