Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1526 :
Charles Quint promulgue à Grenade des ordonnances destinées à encadrer les expéditions de conquête. Elles imposent la présence de religieux pour instruire pacifiquement les peuples autochtones et réaffirment l’obligation de lire le Requerimiento avant toute action militaire. Ces mesures cherchent à limiter les abus des conquistadors et à renforcer l’autorité royale sur les conquêtes, sans toutefois empêcher la poursuite des violences coloniales. Elles annoncent les réformes plus ambitieuses des Leyes Nuevas de 1542.
1555 :
Nicolas Durand de Villegagnon quitte Le Havre à la tête d’une expédition destinée à fonder la colonie de France Antarctique. Arrivés en novembre dans la baie de Guanabara, les Français établissent leurs premiers contacts majeurs avec les Tupinambás, qui voient en eux des alliés contre les Portugais. Une alliance militaire et commerciale se forme rapidement, permettant l’installation du fort de Coligny et ouvrant une décennie de rivalités franco‑portugaises au Brésil.
1611 :
Après un hivernage catastrophique dans la baie de James, l’équipage d’Henry Hudson se mutine. Hudson, son fils et sept marins sont abandonnés dans une chaloupe et disparaissent dans les eaux glacées de la baie d’Hudson. L’événement se déroule sur les territoires traditionnels des Cris (Nehiyawak), qui conserveront des récits et des objets liés à ces premières expéditions européennes.
1641 :
Le 22 juin 1641 marque la fin de la campagne de Mbororé, au cours de laquelle les Guaranis des missions jésuites remportent une victoire décisive sur les Bandeirantes. Après la bataille principale de mars, les combats se prolongent jusqu’en juin, les Guaranis sécurisant le fleuve Uruguay et repoussant définitivement les chasseurs d’esclaves paulistes. Cette victoire met un terme aux grandes razzias dans la région et consacre la montée en puissance militaire des missions guaranies.
1721 :
Hans Egede longe la côte ouest du Groenland et établit ses premiers contacts directs avec les Inuits (Kalaallit) près de l’actuelle Nuuk. Ces échanges, encore prudents, marquent le début de la mission danoise et de la présence coloniale moderne au Groenland. Egede cherchait d’abord les descendants des colons norrois, mais se tourne rapidement vers l’évangélisation des Inuits. Son installation quelques semaines plus tard ouvre une période de transformation religieuse, culturelle et politique durable pour les communautés locales.
1747 :
Le vice‑roi Manso de Velasco ordonne le renforcement des garnisons de Tarma et Jauja pour contenir l’expansion de la rébellion de Juan Santos Atahualpa. Les guerriers Asháninka, Yanesha et Shipibo multiplient les incursions depuis le Gran Pajonal, menaçant les vallées andines. Les opérations militaires se concentrent sur la défense des cols et des missions franciscaines. Cette année marque un tournant où les autorités coloniales reconnaissent l’impossibilité de reprendre le contrôle de la forêt centrale.
1763 :
Une coalition de guerriers Delawares, Shawnees et Sénécas encercle Fort Pitt, ouvrant l’un des sièges majeurs de la Rébellion de Pontiac. Les Britanniques, coupés de tout ravitaillement, subissent un harcèlement constant. C’est durant ce siège que des officiers britanniques distribuent des couvertures contaminées par la variole dans l’espoir de propager l’épidémie parmi les assiégeants. Le siège se prolonge jusqu’en août, lorsque la colonne du colonel Bouquet parvient à dégager le fort.
1807 :
La frégate britannique Leopard attaque l’USS Chesapeake au large de la Virginie, provoquant une crise diplomatique majeure. L’incident alimente le sentiment anti‑britannique aux États‑Unis et conduit à l’Embargo Act. Pour Londres, la détérioration des relations rend urgente la consolidation des alliances autochtones dans la région des Grands Lacs, notamment avec la future confédération de Tecumseh. Si l’attaque n’est pas la cause directe de ces alliances, elle contribue à la dynamique qui mènera à la guerre de 1812.
1818 :
Les États‑Unis signent à St. Louis un traité de paix et d’alliance avec les Pawnee Skidi (Pawnee Mahar). Ce premier accord officiel établit la paix, garantit la protection américaine et autorise l’installation d’agents fédéraux dans les villages, sans cession de terres. Le traité vise à sécuriser les routes commerciales et à intégrer les Pawnees dans la diplomatie américaine des Plaines. Il marque le début d’une relation qui conduira, dans les décennies suivantes, aux traités de cession territoriale.
1826 :
Simón Bolívar ouvre le Congrès de Panama, première tentative d’unifier les nouvelles républiques latino‑américaines. Les délégués discutent d’une ligue militaire, d’un pacte continental et de la citoyenneté républicaine. En arrière‑plan, la question du statut des millions d’Indigènes apparaît dans les débats sur l’intégration civique et la fin des anciennes juridictions coloniales. Bien que le Congrès n’adopte aucune mesure concrète, il révèle les tensions entre idéaux républicains et réalités sociales post‑coloniales.
1839 :
Trois leaders de la Treaty Party (Major Ridge, John Ridge et Elias Boudinot) sont assassinés en Indian Territory par des Cherokees partisans de John Ross. Tous trois avaient signé le Treaty of New Echota (1835), qui cédait les terres cherokees à l’est du Mississippi et servit de base à la déportation de 1838–1839. Une loi cherokee de 1829 prévoyait la peine de mort pour toute cession non autorisée, et les meurtriers considèrent leur acte comme une “exécution”. Ces assassinats plongent la Nation cherokee dans une longue période de divisions internes.
1877 :
Quelques jours après White Bird Canyon, les Nez‑Percés poursuivent leur retraite vers le nord‑est. Harcelés par la cavalerie américaine, ils mènent une série de manœuvres de retardement pour protéger leurs familles et leur bétail. L’arrière‑garde nimíipuu empêche les troupes de couper la colonne, permettant au groupe principal de franchir les rivières et de poursuivre sa route.
1897 :
Les célébrations du Jubilé de diamant de la reine Victoria donnent lieu, à travers le Canada, à des prises de parole et des pétitions de chefs des Premières Nations. Profitant de ce moment symbolique, ils dénoncent le non‑respect des traités numérotés, la réduction des rations, la perte d’autonomie et les restrictions imposées par la Loi sur les Indiens. Ces démarches, venues notamment d’Ontario et du Manitoba, rappellent à la Couronne ses obligations et marquent une étape importante dans la résistance politique autochtone.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Portrait d’un homme Nez-Percé portant une coiffe de plumes. Edward S. Curtis (entre 1905-1910) – National Anthropological Archives – Smithsonian Institution