Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1541 :
A Lima, Francisco Pizarro est assassiné dans son palais par quatorze partisans de Diego de Almagro le Jeune, désireux de venger l’exécution de son père. L’attaque, menée après la messe dominicale, met fin au pouvoir du conquérant de l’Empire inca et plonge le Pérou dans une nouvelle phase de guerres civiles entre factions espagnoles. La Couronne espagnole reprend alors le contrôle direct du territoire, ouvrant la voie à la création du vice‑royaume du Pérou en 1542.
1744 :
Lors du traité de Lancaster, le chef onondaga Canassatego prononce un discours majeur devant les commissaires de Pennsylvanie, Virginie et Maryland. Il y affirme l’antériorité territoriale des Haudenosaunee et rappelle les obligations de la Chaîne d’Alliance. Ce discours, conservé dans les comptes rendus imprimés par Benjamin Franklin, devient l’un des textes les plus célèbres de la diplomatie iroquoise. Il influence durablement la pensée politique coloniale et illustre la maîtrise stratégique des Six Nations dans les négociations du XVIIIᵉ siècle.
1791 :
Les négociations du Traité de Holston s’ouvrent à Knoxville entre les représentants américains dirigés par William Blount et les chefs cherokees. Après plusieurs jours de discussions, le traité est signé le 2 juillet 1791. Il établit une paix officielle, fixe les frontières, place les Cherokees sous la protection des États‑Unis et encadre le commerce. Ce texte devient l’un des fondements des relations diplomatiques entre les États‑Unis et la Nation cherokee.
1794 ;
A Philadelphie, Henry Knox et une délégation de chefs cherokees, dont Doublehead et John McCleemore, signent un traité additionnel au Traité de Holston. Ce document réaffirme la validité du traité de 1791, fixe une annuité de 5 000 dollars en marchandises pour compenser les terres cédées et tente de réguler les tensions frontalières. Il constitue une étape importante dans la relation diplomatique entre les États‑Unis et la Nation Cherokee, marquée par des malentendus persistants et une pression croissante sur les territoires autochtones.
1827 :
Après la rumeur, fausse, de la libération de deux Winnebago accusés de meurtre, le chef Red Bird mène une attaque contre des familles de colons près de Prairie du Chien, déclenchant un bref soulèvement. D’autres attaques suivent sur le Mississippi. Les autorités américaines menacent de détruire la nation winnebago si Red Bird ne se rend pas. Il se livre finalement le 27 septembre 1827, mettant fin à ce que l’histoire appellera la Winnebago War.
1866 :
Le Sénat américain vote la ratification, avec amendement, du traité de Ruby Valley, conclu en 1863 avec les Shoshones occidentaux. Ce traité reconnaît les terres d’origine shoshones tout en accordant aux États‑Unis des droits de passage, de télégraphe et d’exploitation minière. Sa ratification tardive, après la guerre de Sécession, répond aux enjeux stratégiques du Nevada. Bien que jamais respecté par les autorités fédérales, le traité demeure un texte central des revendications territoriales shoshones.
1866 :
Le Sénat américain approuve, avec amendements, le traité signé le 29 septembre 1865 à Canville avec les Great et Little Osage. Ce texte prévoit la cession de vastes terres au Kansas, placées en fiducie pour être vendues au profit de la tribu, tout en préparant le déplacement des Osages vers une nouvelle réserve au sud. Les amendements sénatoriaux renforcent le contrôle fédéral et accélèrent l’ouverture des terres à la colonisation. Le traité est proclamé en janvier 1867.
1876 :
Au lendemain de la destruction du bataillon de Custer et du siège de Reno–Benteen, la grande coalition lakota, cheyenne et arapaho décide de lever le camp. L’arrivée imminente de la colonne Terry–Gibbon pousse les chefs à se replier vers les monts Big Horn pour éviter un nouvel affrontement. Lorsque les troupes américaines atteignent la Little Bighorn, les alliés ont déjà quitté la zone. Ce repli marque la fin de la bataille et ouvre la voie à la vaste campagne de représailles menée par l’armée américaine.
1888
Un décret fédéral valide une série de décisions de la Commission des réserves indiennes en Colombie‑Britannique. Cette étape administrative fixe les limites définitives de nombreuses réserves et entérine des réductions majeures imposées aux nations de la côte Nord‑Ouest, dont les Haïdas et les Kwakwaka’wakw. En confirmant ces arpentages contestés, Ottawa consolide un système de réserves très restreintes, modifiant profondément l’accès traditionnel des peuples autochtones aux ressources marines et forestières.
1899 :
Plusieurs chefs cris et dénés de la région du Lesser Slave Lake signent le Traité n° 8, quelques jours après sa proclamation officielle du 21 juin. Cette journée fait partie d’une série d’adhésions cruciales recueillies par les commissaires fédéraux dans un contexte de ruée vers l’or et d’expansion coloniale. Les signataires acceptent les termes du traité, réserves, annuités, droits de chasse, tandis que le Canada obtient l’accès aux ressources et aux routes du Nord. Cette date marque une étape importante dans l’intégration forcée du Nord-Ouest au système des traités numérotés.
1901 :
Plusieurs décrets fédéraux mettent en œuvre l’accord conclu avec la Nation Creek dans le cadre de la politique d’allotment. Ces mesures officialisent la dissolution des terres communales, l’attribution individuelle des lots et l’ouverture des terres excédentaires aux colons. Elles marquent une étape décisive dans la spoliation foncière des Creeks et dans la transformation du Territoire indien en futur État de l’Oklahoma.
1906 :
Theodore Roosevelt signe le Burke Act, qui modifie le Dawes Act en donnant au secrétaire de l’Intérieur le pouvoir de déclarer un Autochtone “compétent” sans son consentement. Cette décision lève immédiatement la protection fédérale sur sa terre, la rend imposable et entraîne souvent sa saisie ou sa vente forcée. Le Burke Act accélère la perte des terres autochtones et constitue l’un des instruments les plus destructeurs de la politique d’allotment.
1913 :
Le navire Karluk de l’Expédition arctique canadienne quitte Victoria sous la direction de Vilhjalmur Stefansson. Cette mission scientifique d’envergure vise à cartographier l’Arctique et à affirmer la souveraineté canadienne. Son passage dans la région de la mer de Beaufort bouleverse profondément les communautés inuvialuit, en introduisant un commerce de traite intensif, de nouvelles maladies et une transformation durable des réseaux économiques et culturels. L’expédition marque un tournant majeur dans l’histoire coloniale de l’Arctique.
1926 :
Dans le contexte des procès du Reign of Terror, le Bureau des Affaires indiennes produit plusieurs rapports et avis juridiques visant à réformer le système de tutelle imposé aux Osages. Ces documents dénoncent les abus des tuteurs blancs et recommandent de restreindre leur pouvoir sur les fortunes pétrolières autochtones. Cette date marque une étape importante dans la réaction fédérale aux assassinats et aux fraudes foncières qui ont frappé la Nation Osage.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Osage Warriors, photograph, 1885 – Oklahoma Historical Society.
De gauche à droite: non identifié, non identifié, Black Bird, Labon Myles
Il s’agit d’une carte postale imprimée par Oscar Drum Studio, Pawhuska, Territoire indien, vers 1910-1918.