Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1520 :
Les survivants de la fuite nocturne de Cortés atteignent enfin la terre ferme après avoir tenté de quitter Tenochtitlan par la chaussée de Tlacopan. Les Mexicas ont infligé une défaite écrasante : des centaines de morts, des soldats noyés sous le poids de l’or, la perte des chevaux et de l’artillerie. La Noche Triste, commencée le 30 juin au soir, se termine ce 1ᵉʳ juillet et constitue l’une des plus grandes victoires autochtones de la conquête.
1661 :
En pleine guerre des Castors, une troupe iroquoise attaque un campement innu près du poste de Tadoussac. L’assaut, mené par surprise, fait de nombreuses victimes et choque les Français installés dans la région. L’épisode marque l’extension des raids iroquois vers le nord‑est, jusque dans les zones côtières du Saint‑Laurent, et fragilise les réseaux de traite innus et français.
1675 :
Dans les premiers jours de la guerre du Roi Philip, des miliciens de Plymouth patrouillant entre Rehoboth et Swansea affrontent des guerriers wampanoags. Après une escarmouche, les colons prennent les premiers scalps autochtones du conflit et les envoient à Boston pour exposition. L’épisode, bien attesté début juillet, illustre la brutalisation immédiate de la guerre et l’usage propagandiste des trophées par les autorités coloniales.
1803 :
Le Bas‑Canada met en vigueur une loi interdisant la vente, le don ou le troc d’alcool aux populations autochtones dans les territoires de traite. Adoptée en mai, cette mesure vise à limiter les ravages sociaux causés par les spiritueux importés. Elle s’applique dans les postes du Saguenay, du Labrador et du Nord‑Ouest, et marque une tentative de régulation coloniale face aux abus des marchands de fourrures.
1835 :
A Agency House sur la rivière Rouge, les Caddos signent avec l’agent Jehiel Brooks un traité de cession d’environ un million d’acres. Sous la pression des colons louisianais, ils doivent quitter leurs terres ancestrales et s’exiler à leurs propres frais vers le Texas mexicain. Ratifié le 29 juillet, le traité marque la disparition du territoire caddo en Louisiane et ouvre une période de déplacements forcés qui mènera finalement à leur installation en Territoire indien.
1852 :
A Santa Fe, l’agent John Greiner signe avec plusieurs groupes apaches un traité de paix imposant la soumission aux lois américaines. En échange, Washington promet des outils agricoles, des rations et une aide humanitaire. Mangas Coloradas n’est pas présent, et le colonel Sumner ne signe pas le texte. Ce premier traité officiel avec les Apaches marque une tentative de pacification qui échouera rapidement, ouvrant la voie aux conflits du Sud‑Ouest.
1859 :
Dans la région de l’Eel River, la milice californienne de Walter Jarboe lance une campagne de massacres contre les Yuki. Financé par l’État, Jarboe mène des raids systématiques visant à éliminer les villages autochtones et à capturer les survivants. Cette “Eel River War” s’inscrit dans la politique d’extermination qui accompagne la ruée vers l’or et conduit à la destruction quasi totale du peuple yuki.
1867 :
L’Acte de l’Amérique du Nord britannique entre en vigueur et crée le Dominion du Canada. L’article 91(24) attribue au Parlement fédéral la compétence exclusive sur “les Indiens et les terres réservées pour les Indiens”. Cette disposition centralise la gestion des peuples autochtones et pose les bases institutionnelles de la future Loi sur les Indiens (1876), qui structurera la politique de réserve, de tutelle et d’assimilation pendant plus d’un siècle.
1881 :
Au cœur de la “Pacification de l’Araucanie”, les Mapuches lancent une offensive contre le fort chilien de Lumaco. L’assaut, bien que repoussé, s’inscrit dans une insurrection plus large visant à freiner l’annexion militaire de leur territoire. Ces combats témoignent de la résistance organisée des communautés mapuches face à la spoliation et à l’occupation croissante de l’État chilien.
1898 :
Sous la dictature d’Estrada Cabrera, des troupes guatémaltèques répriment violemment une révolte paysanne kaqchikel à San Juan Sacatepéquez, incluant le hameau de Chochó. Les communautés protestaient contre les travaux forcés et la spoliation de leurs terres communales au profit des plantations de café. La répression, marquée par des massacres et des déportations, illustre la violence de la modernisation libérale et la résistance des peuples mayas face à l’annexion de leurs territoires.
1902 :
Le Congrès ratifie les accords conclus avec les nations Cherokee, Choctaw, Chickasaw, Creek et Seminole. La loi impose la citoyenneté américaine, la propriété individuelle des terres et le démantèlement des gouvernements tribaux, préparant l’intégration du Territoire indien dans le futur État d’Oklahoma. Bien qu’elle ne soit pas spécifique à l’Arkansas, elle marque une étape majeure dans la politique d’assimilation et de spoliation des Five Tribes.
1906 :
Une loi fédérale entre en vigueur pour finaliser le tracé des réserves dans les nouvelles provinces d’Alberta et de Saskatchewan. Elle impose la délimitation définitive des terres autochtones issues des Traités n° 8 et n° 10 et renforce le contrôle fédéral sur la mobilité et l’organisation des bandes. Cette législation facilite l’installation massive de colons européens et constitue une étape clé dans la politique de dépossession et d’assimilation menée par l’État canadien.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Portrait de Mangas, fils de Mangas Coloradas -pas de date