Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1502 :
Lors de son quatrième voyage, Colomb reste au large d’Hispaniola après avoir été refusé par le gouverneur Ovando. Il avait prédit un ouragan imminent, que les autorités espagnoles ignorent. Le cyclone détruit la flotte d’Ovando, tandis que Colomb survit en se réfugiant dans une baie abritée. Cet épisode se déroule au moment où les Taïnos d’Hispaniola subissent l’effondrement final de leurs structures sociales sous l’encomienda.
1535 :
Diego de Almagro quitte Cuzco pour son expédition vers le Chili. Il entraîne avec lui des milliers de Yanaconas réquisitionnés comme porteurs et auxiliaires. La traversée des Andes et de l’Altiplano provoque une mortalité effroyable, décrite par les chroniqueurs comme l’un des épisodes les plus meurtriers de la conquête. L’expédition, décevante et désastreuse, prépare la guerre civile entre Almagro et les Pizarro.
1541 :
La nouvelle de l’assassinat de Francisco Pizarro se diffuse depuis Lima et déstabilise les colonies espagnoles. Au Guatemala, l’absence de Pedro de Alvarado ouvre la voie à l’ascension de Beatriz de la Cueva, tandis que les K’iche’ et Kaqchikel profitent de la confusion pour poursuivre des formes de résistance. Cette période marque une transition politique majeure dans la région, annonçant les crises qui culmineront quelques mois plus tard avec la destruction de Santiago de Guatemala.
1578 :
Martin Frobisher pénètre dans la baie qui porte aujourd’hui son nom lors de son troisième voyage arctique. Sa flotte, la plus grande jamais envoyée dans ces eaux, affronte des tempêtes violentes. Les contacts avec les Inuits, marqués par les enlèvements et violences des expéditions précédentes, sont tendus et empreints de méfiance. Frobisher tente d’exploiter un minerai qu’il croit être de l’or, mais qui s’avérera sans valeur.
1608
Samuel de Champlain fonde Québec à Kébec, “là où le fleuve se rétrécit”. Il y établit l’Habitation, premier poste français permanent au Canada. Cette fondation redéfinit les alliances avec les Hurons‑Wendats, Algonquins et Innus, et ouvre la voie au commerce des fourrures. Québec devient le centre politique et diplomatique de la Nouvelle‑France et marque le début de la colonisation française durable en Amérique du Nord.
1721 :
Le missionnaire norvégien Hans Egede débarque sur la côte ouest du Groenland, près de l’actuelle Nuuk. Pensant initialement retrouver de lointains descendants de colons vikings, il ne rencontre que les populations autochtones : les Inuits (Kalaallit). Ce 2 juin marque le point de départ officiel de la colonisation moderne du Groenland par le royaume de Danemark-Norvège. Bien qu’Egede ait développé un profond intérêt pour la langue et la culture inuite, son arrivée initie une entreprise massive de conversion religieuse, d’assimilation culturelle et d’introduction de maladies européennes dévastatrices pour les communautés de l’Arctique.
1724 :
Étienne Veniard de Bourgmont quitte Fort d’Orléans avec une coalition de Missouris et d’Osages pour établir la paix et le commerce avec les Padoucas des Grandes Plaines. L’expédition, composée d’environ 160 guerriers autochtones et de quelques Français, marque la première incursion française documentée dans le centre des Plaines. Bourgmont cherche à étendre l’influence française face aux Espagnols et à créer un réseau diplomatique durable.
1754 :
Les forces françaises de Villiers et leurs alliés autochtones encerclent Fort Necessity, un fort improvisé construit par George Washington. Sous une pluie battante, les Canadiens et les Hurons‑Wendats, Outaouais et Nipissings harcèlent les Anglais depuis les bois. Incapable de manœuvrer, Washington capitule (Ce sera la seule reddition de sa carrière). Cette bataille déclenche la guerre de la Conquête, qui devient la guerre de Sept Ans.
1761 :
Un grand conseil autochtone réunit près de Detroit les Delaware, Miami, Ojibwe, Ottawa, Potawatomi, Shawnee et Wyandot. Les nations cherchent à coordonner leur réponse à la domination britannique après la chute de la Nouvelle‑France. Les Britanniques interprètent cette réunion comme une “confederacy”, mais il s’agit plutôt d’une coalition diplomatique temporaire. Ce conseil annonce les tensions qui mèneront à la révolte de Pontiac en 1763.
1778 :
Des Loyalistes britanniques et des guerriers sénécas et cayugas attaquent les milices patriotes de la vallée de la Wyoming. La bataille tourne rapidement à la déroute américaine, et de nombreux patriotes sont tués dans la poursuite. Les journaux américains transforment l’événement en “massacre”, amplifiant les récits pour mobiliser l’opinion. Cet épisode accentue les tensions sur la frontière et mène directement à l’expédition Sullivan de 1779 contre les nations iroquoises.
1811 :
Alors que la Première République du Venezuela s’apprête à proclamer son indépendance, le Congrès débat de l’abolition du tribut indigène et de l’intégration des peuples autochtones. Les députés veulent supprimer les charges coloniales discriminatoires pour rallier les communautés indigènes ou garantir leur neutralité. Ces discussions, menées entre juin et début juillet, marquent une tentative de décolonisation juridique au moment où la République naissante cherche à consolider son unité interne.
1814 :
Les troupes américaines traversent la rivière Niagara et capturent Fort Erie, surprenant la garnison britannique. Les deux camps s’appuient sur des alliés autochtones issus de la Confédération iroquoise : Oneidas et Tuscaroras côté américain, Mohawks, Cayugas et Sénécas côté britannique. Cette situation transforme certains affrontements en guerres fratricides entre nations séparées par la frontière. La prise de Fort Erie ouvre la campagne du Niagara, l’une des plus violentes de la guerre de 1812.
1876 :
Une semaine après la destruction du 7ᵉ de cavalerie, les forces américaines de Terry et Gibbon restent regroupées près de la rivière Big Horn. Les survivants de Reno et Benteen ont été évacués par le vapeur Far West. L’armée, traumatisée, adopte une posture défensive et envoie seulement des patrouilles prudentes pour repérer les mouvements des camps lakotas. Sitting Bull et Crazy Horse ont déjà quitté la zone, amorçant une nouvelle phase de la guerre des Black Hills.
1898 :
Au pic de la ruée vers l’or du Klondike, des milliers de prospecteurs descendent le fleuve Yukon vers Dawson City. Ce flux massif bouleverse le territoire des Hän et des Gwich’in : déforestation, pollution, disparition du gibier et perte des sites de pêche. Les communautés autochtones subissent des épidémies apportées par les mineurs et sont progressivement déplacées, notamment vers Moosehide. La ruée vers l’or marque une rupture profonde dans l’histoire des peuples du Yukon.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Chef Isaac du people Hän, territoire du Yukon, autour de 1898 – Museum of Industry and History