Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1528 :
L’expédition de Pánfilo de Narváez quitte le grand village apalachee d’Ivitachuco, où elle a séjourné près d’un mois sous les attaques constantes des guerriers locaux. Les Espagnols se dirigent vers Aute, un village situé près de l’actuelle St. Marks, espérant y trouver de la nourriture et un accès à la mer. Les chroniques de Cabeza de Vaca décrivent une marche harcelée par les Apalachees, marquée par la faim, les embuscades et les pertes humaines.
1534 :
Lors de son premier voyage, Jacques Cartier explore la baie de Gaspé, où il rencontre des groupes iroquoiens du Saint‑Laurent venus pêcher le maquereau et le saumon. Les premiers contacts sont pacifiques : échanges de présents, gestes amicaux et danses de bienvenue rythment les journées passées près de leurs campements. Cartier observe leurs techniques de pêche, leurs embarcations et leur organisation sociale.
1652 :
Les Susquehannock signent un traité de paix avec les commissaires du Maryland. L’accord établit une alliance militaire et commerciale, garantissant la paix, le libre passage et la coopération contre les Iroquois. Contrairement à certaines interprétations, le traité ne cède pas de vastes territoires : il reconnaît plutôt des droits de circulation et de commerce. Cet accord reflète la puissance susquehannock et la volonté du Maryland de sécuriser la région de Chesapeake au milieu du XVIIᵉ siècle.
1676 :
Benjamin Church, désormais allié aux Sakonnet, attaque un camp majeur de Metacom (King Philip). Philip échappe de peu, mais son épouse et son fils sont capturés puis déportés comme esclaves aux Bermudes. Les combats sont meurtriers, bien que le chiffre de 170 morts ne soit pas attesté. Cet épisode affaiblit définitivement la résistance wampanoag et prépare la mort de Philip en août 1676.
1776 :
Dragging Canoe mène une attaque contre les milices américaines à Island Flats, dans l’actuel Tennessee. Les Cherokees tentent de freiner l’expansion coloniale, mais l’assaut échoue et Dragging Canoe est grièvement blessé. Cette bataille marque un tournant : convaincu que la paix est impossible, il fonde la faction des Chickamauga Cherokees, qui mènera une résistance armée pendant deux décennies. Island Flats devient ainsi un épisode fondateur des guerres cherokees.
1781 :
Les Quechans (Yumas) se soulèvent contre les Espagnols et détruisent la mission de San Pedro y San Pablo de Bicuner. Le missionnaire et explorateur Francisco Garcés est tué, ainsi que de nombreux soldats et colons. Le soulèvement répond aux expropriations, aux violences et aux travaux forcés imposés par les missions. Cette victoire quechan met fin à la présence espagnole dans la vallée du Colorado pendant près d’un siècle et devient un épisode majeur de la résistance autochtone du Sud‑Ouest.
1795 :
Les négociations du traité de Greenville s’ouvrent à Fort Greenville entre le général Anthony Wayne et les chefs de la Confédération de l’Ouest. Après la défaite de Fallen Timbers, les nations shawnees, miamis, delawares et leurs alliés discutent d’une nouvelle frontière dans l’Ohio. Les pourparlers, marqués par la pression militaire américaine, aboutissent le 3 août à un traité qui cède de vastes territoires aux États‑Unis tout en réservant des zones autochtones. Cet accord met fin à la Northwest Indian War et redéfinit durablement la géopolitique du Midwest.
1815 :
Les Omahas signent à Portage des Sioux un traité de paix avec les États‑Unis, dans le cadre des accords conclus après la guerre de 1812. L’accord vise à rétablir la paix, à empêcher les alliances autochtones avec les Britanniques et à stabiliser la région du Haut‑Missouri. Contrairement à d’autres traités signés la même année, celui des Omahas ne comporte pas de cession territoriale majeure. Il marque une étape importante dans la diplomatie américaine et dans les relations entre les Omahas et le gouvernement fédéral.
1831 :
Les Shawnees et les Senecas de Lewistown signent un traité par lequel ils cèdent toutes leurs terres restantes en Ohio. En échange, le gouvernement américain leur attribue des territoires à l’ouest du Mississippi, dans l’actuel Kansas. Ce traité, signé sous pression, s’inscrit dans la politique de removal lancée en 1830. Il ouvre la voie à leur déportation, réalisée entre 1832 et 1833, et marque la disparition définitive de leurs communautés en Ohio.
1867 :
Le Congrès adopte une résolution créant l’Indian Peace Commission, chargée de négocier la paix avec les nations des Plaines. Cette commission officielle, approuvée par le président Andrew Johnson, doit stabiliser l’Ouest et proposer des politiques de relocalisation. Ses travaux conduisent directement aux traités de Medicine Lodge (1867) et de Fort Laramie (1868), qui redéfinissent les territoires autochtones et instaurent le système des réserves.
1877 :
Les Nez‑Percés menés par Chief Joseph et Looking Glass franchissent la Lolo Pass et entrent dans la Bitterroot Valley, poursuivis par l’armée américaine. Grâce à leur connaissance du terrain, ils parviennent à semer leurs poursuivants et à gagner plusieurs jours d’avance. Cette étape marque le début de la longue retraite vers le Canada, l’une des plus célèbres de l’histoire autochtone. La Bitterroot Valley devient un refuge temporaire avant les grandes batailles de l’été 1877.
1921 :
Le commissaire Henry Conroy signe à Fort Providence le Traité n°11 avec des représentants dénés du Deh Cho. Ce traité, dernier des “traités numérotés”, vise à affirmer la souveraineté canadienne sur le Nord et à encadrer l’exploitation pétrolière naissante. Il garantit aux Dénés des droits de chasse et de pêche, ainsi que des paiements annuels. Toutefois, de nombreux signataires affirment que les implications territoriales du traité leur ont été mal expliquées. L’accord devient un pilier des revendications autochtones du XXᵉ siècle.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Chef Joseph, Nez Percé – De Lancey W. Gill – April 1900 – Smithsonian Institution