Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1524 :
Pedro de Alvarado établit la première capitale espagnole du Guatemala à Iximché, cité du peuple Kaqchikel, allié initial des Espagnols contre les K’iche’. Quelques semaines plus tard, les exigences de tribut en or et les abus coloniaux provoquent une rébellion kaqchikel. Les seigneurs abandonnent la ville et mènent une guerre de résistance dans les montagnes. Les Espagnols doivent finalement quitter Iximché en 1527, marquant l’un des premiers grands épisodes de résistance maya à la conquête.
1536 :
Sebastián de Belalcázar fonde Santiago de Cali sur les terres des peuples Gorrones et Caimas. Cette implantation espagnole dans la vallée du Cauca entraîne la mise en place d’encomiendas, le déplacement forcé de villages et la spoliation progressive des terres autochtones. Les communautés locales opposent une résistance ponctuelle, mais la colonisation s’impose rapidement. L’événement marque le début de la domination espagnole dans le sud-ouest de la Colombie.
1567 :
Diego de Losada fonde Santiago de León de Caracas sur les terres des peuples Toromaima et Mariche, membres de la confédération caraïbe autrefois dirigée par Guacaipuro. La fondation entraîne la spoliation des terres, l’imposition d’encomiendas et le déplacement forcé des communautés autochtones. Malgré une résistance prolongée, la conquête espagnole s’impose dans la vallée du Venezuela, marquant un tournant majeur dans l’histoire coloniale de la région.
1609 :
Le navire anglais Sea Venture, en route vers Jamestown, fait naufrage aux Bermudes. Les survivants y établissent une présence anglaise qui devient une colonie permanente en 1612. L’archipel s’intègre ensuite aux réseaux atlantiques et sert de plaque tournante pour la déportation d’esclaves autochtones, notamment des Pequots capturés lors de la guerre de 1636–1638.
1693:
Dans le cadre de King William’s War, le gouverneur William Phips mène des opérations militaires et diplomatiques contre les Abénaquis, membres de la confédération wabanaki alliée aux Français. Ses patrouilles et menaces visent à briser l’alliance franco‑autochtone et à sécuriser les frontières du Maine et du Massachusetts. L’initiative provoque une intensification des raids abénaquis et renforce la coopération entre Français et Wabanakis, marquant une étape clé de la guerre sur la côte nord‑est.
1757 :
Un parti de guerre de 60 Shawnees attaque des fermes de la James River. Un colon et son enfant sont tués, et Hannah Dennis est capturée puis emmenée à Chillicothe. Elle parvient à gagner la confiance des Shawnees et obtient une liberté de mouvement inhabituelle. Après plusieurs mois, elle s’échappe et son récit devient l’un des captivity narratives les plus connus des colonies américaines même s’il n’a pas l’objet d’une publication.
1759 :
Durant la guerre de Sept Ans, la garnison française de Fort Niagara se rend aux Britanniques après un siège mené par Prideaux et Johnson. La chute du fort affaiblit gravement les alliés autochtones des Français dans les Grands Lacs et rompt les routes commerciales vers l’Ouest. Les Haudenosaunee, alliés aux Britanniques, voient leur influence régionale renforcée.
1814 :
La bataille de Lundy’s Lane, près des chutes du Niagara, oppose les forces américaines aux troupes britanniques, aux milices canadiennes et à des guerriers autochtones, notamment des Six Nations de la Grand River. Les combats, parmi les plus sanglants de la guerre de 1812, durent jusqu’à minuit. Les alliés autochtones jouent un rôle crucial dans la reconnaissance, le harcèlement et la protection des flancs britanniques. Les Américains se retirent, laissant aux Britanniques le contrôle du terrain.
1823 :
La Grande‑Colombie conclut un traité de paix et de commerce avec les Wayuu (Guajiro) de la péninsule de la Guajira. Peuple pastoral et commerçant, les Wayuu ont conservé une autonomie farouche grâce à leur maîtrise du cheval, leurs réseaux transfrontaliers et leur organisation clanique. L’accord reconnaît implicitement leur souveraineté locale et stabilise la frontière nord de la République. Cet épisode marque un moment rare où un État latino‑américain négocie d’égal à égal avec une nation autochtone.
1834 :
Les Crows menés par Rotten Belly (Arapoosh) commencent le siège de Fort McKenzie sur le Missouri. Ils encerclent le poste, coupent les accès et harcèlent les employés de la Compagnie américaine de fourrures. Le blocus dure environ une semaine et vise à empêcher le fort de fournir des armes aux Blackfeet, ennemis des Crows. L’épisode est l’un des rares sièges crow documentés et marque un moment clé des tensions intertribales du haut Missouri.
1861 :
Le Congrès crée le Territoire du Colorado en pleine ruée vers l’or de Pike’s Peak. Cette organisation administrative ouvre les terres cheyennes et arapahos à la colonisation, malgré les garanties du traité de Fort Laramie (1851). La spoliation s’accélère, les villages autochtones sont déplacés et la région se militarise. Cette dynamique mène directement aux tensions qui culmineront dans le massacre de Sand Creek (1864).
1878 :
Des équipes américano‑britanniques explorent et cartographient les vallées du Yukon et du Porcupine pour préparer la délimitation de la frontière Alaska–Canada. Ces expéditions traversent les territoires ancestraux des Gwich’in et des Iñupiat, sans consultation des nations locales. Le découpage étatique qui en résulte divise des routes de chasse, perturbe les échanges transfrontaliers et amorce la présence administrative permanente dans le Nord.
1881 :
L’armée argentine intensifie ses opérations dans le Gran Chaco, dans la continuité de la Conquête du Désert. Les expéditions d’exploration et de soumission visent les peuples Toba (Qom) et Wichí, afin d’intégrer leurs territoires à l’économie agricole et forestière nationale. Les colonnes militaires installent des postes, mènent des attaques et provoquent des déplacements forcés.
1924 :
Le Département de l’Intérieur publie les instructions d’application de l’Indian Citizenship Act votée le 2 juin, accordant la citoyenneté américaine à tous les Autochtones nés aux États‑Unis. Les agences indiennes reçoivent les directives pour enregistrer les nouveaux citoyens. Cependant, plusieurs États, notamment l’Arizona, le Nouveau‑Mexique, l’Utah et le Maine, continuent de refuser le droit de vote aux Autochtones, parfois jusqu’aux années 1950. L’événement marque une avancée juridique, mais une citoyenneté encore incomplète dans les faits.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Bouclier associé au chef Arapoosh (Sore Belly, Apsáalooke [Corbeau], vers 1795-1834) vers 1825 Montana – National Museum of the American Indian