Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1755 :
Des Indiens alliés aux Français attaquent les fermes autour de Fort Sartwell, à Vernon(Connecticut). Plusieurs colons sont tués et les survivants se réfugient dans le fort, qui résiste à l’assaut. L’attaque s’inscrit dans les raids de la guerre de Sept Ans visant à déstabiliser la frontière anglaise. L’épisode devient l’un des événements marquants de la mémoire locale du Connecticut colonial.
1757 :
Des Ottawas appuyés par quelques soldats français attaquent un convoi britannique de 22 barges sur Lake George. Les forces du lieutenant‑colonel John Parker subissent 160 morts et près de 150 capturés ; seules deux barges s’échappent. L’attaque prive Fort William Henry de renforts essentiels et s’inscrit dans la campagne franco‑autochtone qui mènera à la chute du fort en août 1757.
1758 :
Les Britanniques prennent officiellement possession de Louisbourg, au lendemain de la capitulation française. Durant le siège, les Mi’kmaq, alliés des Français, mènent des actions de guérilla pour harceler les troupes anglaises. La chute de la forteresse marque un tournant majeur : les nations autochtones de la région perdent leur principal allié européen, tandis que la domination britannique s’impose définitivement en Nouvelle‑Écosse.
1763 :
En pleine guerre de Pontiac, une force britannique de 260 hommes menée par James Dalyell parvient à briser le blocus fluvial et à entrer dans Fort Detroit, apportant vivres et munitions aux assiégés. Ce succès logistique redonne espoir aux Britanniques, mais reste fragile : quelques jours plus tard, la sortie offensive de Dalyell se termine par le désastre de Bloody Run, où les guerriers de Pontiac infligent une lourde défaite.
1793 :
Les nations de la Confédération de l’Ouest finalisent leur réponse aux commissaires américains à la rivière Détroit. Menés par les Shawnees et les Delawares, ils refusent toute cession de territoire au sud de la rivière Ohio, considérée comme une frontière inviolable. Ce refus met fin aux négociations et ouvre la voie à la campagne militaire américaine de 1794, qui culminera à Fallen Timbers.
1806 :
Lors du retour de l’expédition Lewis & Clark, Meriwether Lewis affronte un groupe de jeunes Blackfeet près de la Two Medicine River. Après une rencontre amicale la veille, les Blackfeet tentent à l’aube de voler les fusils et les chevaux des explorateurs. Lewis tire sur un jeune homme, tandis qu’un de ses compagnons en tue un autre au couteau. Cet incident, seul affrontement mortel de l’expédition, scelle une hostilité durable entre les Blackfeet et les trappeurs américains.
1816 :
L’armée américaine détruit le Negro Fort sur la rivière Apalachicola, en Floride espagnole. Un boulet de canon touche la poudrière, provoquant une explosion qui tue plus de 270 Afro‑Américains, Creeks et Séminoles. Ce bastion antiesclavagiste était un refuge pour les esclaves fugitifs et un allié des Séminoles. Sa destruction choque profondément les nations de la région et marque le déclenchement de la Première guerre séminole, qui éclatera l’année suivante.
1827 :
Six Osages du Missouri débarquent au Havre, emmenés par l’aventurier David Delaunay. D’abord reçus avec faste à Paris et présentés à Charles X, ils sont ensuite abandonnés et sombrent dans la misère. Leur errance en France et en Belgique devient un scandale public. Lafayette intervient pour organiser leur secours et leur rapatriement en 1829. L’épisode illustre l’exploitation des peuples autochtones dans l’Europe du XIXᵉ siècle.
1836 :
En pleine guerre des Creeks, un groupe d’environ 900 Creeks de la bande d’Eneah Emathla est capturé par les forces américaines. Enchaînés, ils sont entassés sur des bateaux pour être déportés vers le Territoire indien, dans des conditions dramatiques. Cette opération s’inscrit dans les premières vagues de la Piste des Larmes, marquant la fin de la résistance creek et l’expulsion massive de la nation vers l’Ouest.
1853 :
Les Comanches, Kiowas et Apaches des Plaines signent le traité de Fort Atkinson avec l’agent Thomas Fitzpatrick. L’accord garantit la paix, sécurise la piste de Santa Fe et autorise les États‑Unis à construire des forts et des routes sur les territoires autochtones. En échange, les nations reçoivent des annuités pendant dix ans. Ce traité marque une étape majeure dans la diplomatie des Grandes Plaines, mais ouvre aussi la voie à l’expansion américaine et aux conflits futurs.
1866 :
Les Mandan, Hidatsa et Arikara signent un traité à Fort Berthold avec les commissaires américains. L’accord prévoit des cessions territoriales, des annuités et la création d’un territoire commun. Bien que jamais ratifié par le Sénat, il est appliqué de facto et sert de base à l’établissement de la réserve de Fort Berthold.
1892 :
Le Congrès américain adopte une loi accordant des pensions aux vétérans des guerres indiennes de 1832–1842 (Black Hawk War, Creek War, Cherokee disturbances, Seconde guerre séminole). Le texte prévoit des pensions pour les survivants et leurs veuves, reconnaissant officiellement ces campagnes comme un service militaire ouvrant droit à compensation. Bien que la loi ne mentionne pas la “soumission” des nations autochtones, elle s’inscrit dans la mémoire nationale de la conquête de l’Ouest et institutionnalise la reconnaissance fédérale des “Indian Wars”.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Portrait de Cheshakhadakhi ou Tcecaqadaqic (Lean Wolf) – Minitari (Hidatsa) -1880 – Charles Milton Bell – National Anthropological Archives, Smithsonian Institution