Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1607 :
Les Anglais fondent la colonie de Popham sur les hauteurs dominant l’embouchure de la rivière Kennebec, dans le Maine. Composée uniquement d’hommes et de garçons, elle sert de poste commercial et naval. Malgré la construction de Fort St. George et du premier navire anglais fabriqué en Amérique, la colonie ne dure qu’un an : son second dirigeant, Raleigh Gilbert, hérite d’un domaine en Angleterre et ramène les colons au pays. Popham devient la première colonie anglaise abandonnée en Amérique du Nord.
1622 :
Durant la première guerre anglo‑powhatan qui suit le massacre de mars 1622, les colons anglais de Jamestown lancent une attaque de représailles contre un village Pamunkey. Sous le commandement de Sir George Yeardley, les Anglais mènent une expédition punitive visant à frapper les communautés alliées au chef Opechancanough. L’assaut s’inscrit dans une série de raids destinés à affaiblir les Powhatans et à sécuriser les plantations de la James River. Cette opération contribue à prolonger un conflit marqué par des violences réciproques et par l’effondrement progressif de l’équilibre diplomatique établi au début du XVIIᵉ siècle.
1692 :
Lors des procès des sorcières de Salem, John Proctor et quatre autres accusés sont exécutés à Gallows Hill, au Massachusetts. Proctor, fermier respecté, avait dénoncé publiquement la folie judiciaire, ce qui l’avait rendu suspect aux yeux des magistrats. Ces exécutions s’inscrivent dans un climat de peur collective, alimenté par les guerres frontalières contre la confédération Wabanaki, notamment durant la guerre du Roi Guillaume, qui avaient traumatisé les communautés puritaines.
1782 :
Lors de la bataille de Blue Licks, une force combinée d’environ 300 guerriers autochtones (Shawnees, Wyandots et Delawares) alliés à une cinquantaine de loyalistes britanniques tend une embuscade aux miliciens du Kentucky. Menés par John Todd, Stephen Trigg et Daniel Boone, les Américains sont attirés sur un terrain défavorable et subissent une défaite écrasante. Todd, Trigg et le fils de Boone sont tués. Cet affrontement, l’un des derniers de la guerre d’indépendance, illustre la persistance des combats sur la frontière occidentale bien après Yorktown.
1812 :
Trois jours après la prise de Fort Detroit, Tecumseh et Isaac Brock préparent la suite de la campagne du Haut‑Canada. Les deux chefs consolident leur alliance et coordonnent les forces britanniques et autochtones pour contrer les prochaines offensives américaines. Brock souligne dans ses rapports l’importance stratégique de Tecumseh et de sa confédération. Cette journée marque l’un des moments clés de la coopération militaire qui permettra aux Britanniques de maintenir leur avantage sur la frontière des Grands Lacs.
1854 :
Le lieutenant John L. Grattan se rend avec trente soldats au camp Brulé de Conquering Bear pour exiger la reddition de High Forehead, un Miniconjou Lakota ayant abattu une vache deux jours plus tôt. Malgré les offres de compensation lakotas, Grattan multiplie les menaces et refuse toute négociation. Un coup de feu retentit durant la « parlay », déclenchant l’ouverture du feu de l’artillerie américaine sur le camp. Conquering Bear tente d’arrêter les hostilités mais est mortellement touché par un obus. Les Lakotas ripostent et anéantissent la troupe : 29 des 30 soldats sont tués. Cet épisode, connu comme le Massacre de Grattan, marque le début des guerres entre les Lakotas et les États‑Unis.
1862 :
Au deuxième jour de la guerre des Dakotas, les guerriers Santee menés par Little Crow étendent leurs attaques aux colonies du Minnesota. Dans l’après‑midi, ils lancent un assaut contre Fort Ridgely, qui parvient à repousser l’attaque. Le même jour, les Dakotas commencent à viser la colonie de New Ulm, où les combats s’intensifieront le 20 août. Ces offensives sont la conséquence directe de la famine, des annuités fédérales non versées et de la corruption des agents indiens.
1880 :
En pleine Pacification de l’Araucanie, l’armée chilienne renforce ses positions dans la région du Cautín pour préparer l’occupation définitive des terres mapuches. Les forces du général Gregorio Urrutia sécurisent les lignes télégraphiques et consolident les postes avancés afin d’établir une présence permanente sur la frontière. Ces opérations logistiques et militaires ouvrent la voie à la fondation de nouveaux forts, dont Temuco en 1881.
1899 :
Les expéditions danoises opérant sur la côte est du Groenland poursuivent leurs contacts avec les communautés inuites d’Ammassalik / Tasiilaq. Les explorateurs de la Commission Littorale documentent les modes de subsistance, le commerce de la pelleterie, les traditions et la langue des Tunumiit, alors que l’influence européenne commence à transformer la région. Cette période marque l’un des moments clés de la constitution des grands corpus ethnographiques du Groenland oriental à la fin du XIXᵉ siècle.
1904 :
Le gouvernement de Porfirio Díaz renforce la sécurisation du réseau ferroviaire de Sonora vers Guaymas pour acheminer les captifs yaquis destinés à la déportation. Des détachements fédéraux protègent les convois et les lignes télégraphiques afin de prévenir les attaques de la résistance yaquie. Les prisonniers sont ensuite envoyés par bateau vers le Yucatán, où ils sont utilisés comme main‑d’œuvre forcée dans les plantations de henequén. Cette opération s’inscrit dans la politique de répression systématique visant à briser la nation yaquie au début du XXᵉ siècle.
1909 :
Au cœur de la fièvre du caoutchouc, des violences sont signalées le long du Putumayo, où les milices privées de la Peruvian Amazon Company imposent par la force les quotas de production. Les peuples Witoto et Bora, réduits en servitude, subissent des raids punitifs, des châtiments et des exécutions. Ces heurts s’inscrivent dans un système d’exploitation extrême qui marque l’une des pages les plus sombres de l’histoire amazonienne. Les événements de 1909 contribueront à déclencher les enquêtes internationales sur les atrocités du Putumayo.
1913 :
Dans le territoire Hopi d’Arizona, la Snake Dance est observée et documentée par des ethnologues et photographes de la Smithsonian Institution. Cette cérémonie, l’une des plus importantes du calendrier hopi, attire l’attention des autorités fédérales qui cherchent depuis plusieurs années à en limiter ou interdire la pratique. Les chefs hopis négocient pour préserver leurs traditions face aux pressions du Bureau of Indian Affairs. La documentation de 1913 témoigne ainsi des tensions culturelles entre les Hopis et l’État fédéral, tout en offrant un précieux témoignage sur la résistance rituelle de la communauté.
1924 :
Le Department of Indian Affairs valide l’imposition du système de conseils de bande élus aux Six Nations de la rivière Grand, conformément à la Loi sur les Indiens. Cette mesure vise à remplacer les gouvernements héréditaires haudenosaunee, fondés sur les clans et la Longhouse. Les chefs traditionnels dénoncent une violation des traités et une ingérence coloniale. La décision provoque une résistance politique majeure, qui se poursuit encore aujourd’hui à travers la coexistence de deux gouvernements concurrents au sein des Six Nations.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Snake Dancers – Hopi – National Anthropological Archives