Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1511 :
Diego Velázquez de Cuéllar fonde Baracoa, première colonie espagnole permanente à Cuba. Cet acte inaugure la conquête de l’île et l’asservissement des Taïnos, soumis à l’encomienda et aux réquisitions coloniales. La fondation déclenche la résistance armée menée par le cacique Hatuey, qui tente d’unir les communautés contre l’avancée espagnole. L’événement marque le début de la transformation profonde et violente des sociétés autochtones de Cuba.
1539 :
L’expédition de Hernando de Soto franchit la rivière Suwannee et entre sur les territoires timucuas. Les Espagnols tentent de réquisitionner les réserves de maïs, provoquant des escarmouches avec les guerriers locaux. Cet épisode illustre la résistance des chefferies timucuas face aux exigences coloniales et annonce les violences qui accompagneront toute l’avancée de De Soto dans le sud‑est nord‑américain.
1565 :
Pedro Menéndez de Avilés aperçoit la côte orientale de la Floride, près du Cap Canaveral. Quelques jours plus tard, il débarque et fonde St. Augustine, première implantation espagnole durable dans la région. Menéndez entre alors en contact avec la chefferie timucua du chef Seloy, dont le village sert de base initiale aux Espagnols. Cet épisode inaugure plus de deux siècles d’interactions, de missions et de conflits entre les Timucuas et la colonisation espagnole en Floride.
1724 :
Deux jours après la destruction du village abénaki de Norridgewock, les troupes du Massachusetts achèvent le pillage du site et entament leur retraite. Elles emportent les scalps des victimes abénakises ainsi que le corps du père Sébastien Rale, tué lors de l’assaut du 23 août. Cet épisode, l’un des plus violents de la guerre de Rale / Dummer, provoque l’exode des survivants vers le Canada et marque un tournant dans la lutte abénakie contre l’expansion coloniale britannique.
1737 :
Thomas Penn signe un accord avec les chefs munsee Manawkyhickon, Nutimus, Teeshacomin et Lappawinzoe, reconnaissant un acte de 1686 et préparant le Walking Purchase. L’accord prévoit la vente des terres lenape sur la distance qu’un homme peut marcher en un jour et demi. Le 19 septembre, les Penns transforment cette marche en course, obtenant une cession territoriale massive. Cet épisode, considéré comme une fraude majeure, entraîne l’expulsion progressive des Lenape de la vallée du Delaware.
1781 :
Près de l’actuelle Aurora (Indiana), une force conjointe de Shawnees, Miamis et Wyandots, menée par Joseph Brant et George Girty, tend une embuscade au détachement du colonel Archibald Lochry. La troupe américaine est entièrement détruite : Lochry est tué et tous ses hommes sont capturés ou abattus. Cette défaite majeure, survenue durant la guerre d’indépendance, freine les opérations américaines dans le Territoire de l’Ohio et confirme la capacité stratégique des nations autochtones de la région.
1825 :
A Fort Lookout sur le Missouri, le général Henry Atkinson et le commissaire Benjamin O’Fallon signent un traité de paix et d’amitié avec les chefs cheyennes. L’accord vise à réguler le commerce des fourrures et à garantir la protection des marchands américains circulant sur le haut Missouri. Ce traité, l’un des premiers engagements diplomatiques entre les Cheyennes et les États‑Unis, s’inscrit dans la stratégie américaine de sécurisation commerciale de la région.
1828 :
A Green Bay, les commissaires américains Lewis Cass et Pierre Menard signent un traité avec les Ho‑Chunk, Ojibwés, Outaouais et Potawatomi. L’accord établit un armistice et une délimitation territoriale provisoire, mettant fin aux tensions de la guerre des Winnebagos (1827). Il prévoit aussi le gel des concessions minières dans les zones disputées. Ce traité marque une étape de stabilisation avant les grandes politiques de déplacement autochtone des années 1830.
1832 :
Après la défaite de Bad Axe, le chef sauk Black Hawk rejoint un campement ho‑chunk près de Turtle Village. Il se rend aux chefs Spoon Decorah et Chaetar, qui le conduisent à Prairie du Chien pour le remettre aux autorités américaines. Cette reddition marque la fin de la guerre de Black Hawk et ouvre la voie à une intensification des politiques de déplacement autochtone dans le Midwest.
1862 :
Après les violents assauts des 19 et 23 août menés par les guerriers dakotas de Taoyateduta (Little Crow), la ville de New Ulm est totalement évacuée. Environ 2 000 réfugiés quittent la localité sous l’escorte du colonel Charles Flandrau, après des combats qui ont ravagé la ville. Cette retraite marque un tournant de la guerre des Dakotas du Minnesota, accentuant la mobilisation militaire américaine et la spirale de répression qui suivra.
1868 :
Le gouverneur par intérim du Colorado, Alexander C. Hall, télégraphie à l’armée que 200 Autochtones « dévastent le sud du territoire ». Le même jour, les militaires reçoivent un rapport signalant le meurtre d’un gardien de bétail près de Fort Dodge (Kansas). Ces alertes, dans un climat de tensions extrêmes entre autorités territoriales et nations des Plaines, contribuent à l’escalade qui mènera aux campagnes militaires de l’automne 1868.
1868 :
Des groupes de Cheyennes et Arapahos mènent plusieurs raids synchronisés le long de la Republican River (Kansas/Nebraska). Ils attaquent des campements de ravitaillement et des relais de voyageurs, dans un contexte de tensions croissantes liées aux routes de migration. Ces actions marquent une escalade des affrontements de l’été 1868 dans les Plaines centrales, prélude aux grandes campagnes militaires de l’automne.
1877 :
Durant leur traversée du Yellowstone, des guerriers nez‑percés capturent un groupe de touristes mené par George Cowan dans le Lower Geyser Basin. L’épisode survient alors que la bande de Chief Joseph tente d’échapper aux colonnes américaines. Cowan est blessé en tentant de fuir, et les captifs sont déplacés entre plusieurs campements avant d’être relâchés. Cet incident illustre la tension de la retraite nez‑percée avant la bataille de Canyon Creek.
1919 :
Knut Rasmussen formalise le programme de la Cinquième Expédition de Thulé, future traversée ethnographique de l’Arctique (1921‑1924). L’expédition vise à parcourir le Groenland, le Canada arctique et l’Alaska en traîneau à chiens pour documenter l’origine commune, les traditions et les dialectes des peuples inuit. Ce projet, conçu à Thulé, deviendra l’une des enquêtes ethnographiques les plus importantes du XXᵉ siècle dans l’Arctique circumpolaire.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : chef Arapaho du Sud Niwot (aussi connu sous le nom de Left Hand) photographié vers 1872 par William Henry Jackson
