Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1533 :
A Cajamarca, Atahualpa, dernier empereur inca indépendant, est exécuté par garrot sur ordre de Pizarro, malgré la rançon gigantesque versée pour sa libération. Son procès expéditif marque le basculement définitif de l’Empire inca sous domination espagnole. Après sa mort, les conquistadors installent des souverains fantoches et marchent sur Cuzco, ouvrant la voie à la colonisation des Andes.
1642 :
Un parti de guerre iroquois attaque le bourg huron‑wendat de Teanaostayé (mission Saint‑Joseph) en Huronie. Plusieurs dizaines d’habitants hurons et quelques Français sont tués ou capturés. Ce raid, l’un des plus graves avant les destructions de 1648–1649, marque une escalade dans les guerres franco‑iroquoises et révèle la vulnérabilité croissante des villages wendats.
1679 :
L’expédition de La Salle, à bord du Griffon, premier navire à voiles des Grands Lacs, franchit le détroit de Détroit entre les lacs Érié et Huron. Ce passage stratégique ouvre une voie maritime au cœur des territoires wyandot, outaouais et ojibwés. Il marque une étape décisive dans la pénétration française des pays d’en‑haut et dans la construction d’un réseau commercial reliant le Saint‑Laurent aux Grands Lacs.
1758 :
L’Assemblée du New Jersey crée la réserve de Brotherton à Indian Mills, première réserve amérindienne officiellement reconnue et financée par une législature coloniale. Destinée aux Lenape/Delaware, elle vise à protéger une communauté autochtone fortement dépossédée. Brotherton devient un modèle précoce de réserve missionnaire, annonçant les politiques de confinement territorial qui marqueront l’histoire autochtone des futurs États‑Unis.
1779 :
Près d’Elmira, l’armée continentale de Sullivan (3 200 hommes) affronte une force combinée de Rangers loyalistes et de guerriers iroquois et delawares retranchés derrière une breastwork camouflée. Malgré les désaccords entre les chefs autochtones et loyalistes, la position est tenue. Sullivan lance une attaque en trois volets (artillerie, feinte frontale, double enveloppement) à travers un terrain marécageux. Les défenseurs se replient, mais la bataille ouvre la voie à la destruction de plus de 40 villages iroquois, ruinant l’agriculture seneca et cayuga et poussant les survivants vers Fort Niagara.
1821 :
Dans la région hondurienne d’Olancho, des communautés indigènes et métisses se soulèvent contre les autorités coloniales espagnoles. Elles exigent la suppression du tribut indigène et la fin des abus fiscaux. Ce mouvement, survenant quelques semaines avant l’indépendance de l’Amérique centrale, illustre la désagrégation du pouvoir colonial et la résistance des populations rurales face aux exactions administratives.
1877 :
Après la bataille de Camas Meadows, les Nez‑Percés menés par Chef Joseph, Ollokot et Looking Glass franchissent le col de Targhee et pénètrent dans le Yellowstone. Cette progression rapide leur permet de distancer l’armée américaine dans leur fuite de plus de 1 800 km vers le Canada. Le passage par le Targhee Pass marque l’une des phases les plus maîtrisées de leur retraite à travers les Rocheuses.
1882 :
Dans la phase finale de la Pacificación de la Araucanía, plusieurs caciques mapuches de la région centrale se soumettent officiellement à l’armée chilienne à Traiguén. Cette capitulation, obtenue sous forte pression militaire, entraîne la perte de leur souveraineté territoriale et prépare l’installation de colonies européennes. L’événement marque une étape décisive dans l’intégration forcée du territoire mapuche à l’État chilien.
1899 :
L’expédition danoise de Gustav Holm poursuit ses travaux à Ammassalik et valide la collecte de données ethnographiques essentielles sur les Tunumiit, Inuit du Groenland oriental. Les explorateurs documentent leur habitat, leurs techniques de chasse, leurs récits et leurs pratiques quotidiennes, dans une région encore isolée. Ces observations deviennent la base des premières grandes synthèses sur la culture inuite de la côte est.
1911 :
Un homme amérindien affamé apparaît près d’un abattoir d’Oroville. Identifié comme Ishi, dernier survivant des Yahi, il est pris en charge par des anthropologues de l’Université de Californie. Sa découverte, largement médiatisée, révèle la disparition tragique de son peuple, décimé par les massacres du XIXᵉ siècle, et marque l’un des épisodes les plus poignants de l’histoire autochtone en Californie.
1915 :
Les gouverneurs traditionnels des Pueblos se réunissent à Taos Pueblo pour organiser un front commun contre les spoliations foncières et les intrusions de colons. Ils adoptent une stratégie juridique coordonnée visant à défendre les titres ancestraux et à obtenir une reconnaissance fédérale des territoires. Cette mobilisation constitue un jalon essentiel menant au Pueblo Lands Act et à la création du Pueblo Lands Board en 1924.
1921 :
La Cinquième Expédition de Thulé menée par Knud Rasmussen atteint la côte nord de la baie d’Hudson. L’équipe entre en contact avec les Inuits du Caribou (Ihalmiut et Padlermiut) et commence la collecte de récits, chants et cosmologies. Cette étape marque le début d’un travail ethnographique majeur, documentant une culture encore largement préservée des influences extérieures.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Kivallirmiu (inuit du caribou) en kayak – Photographie de David Johnston – McCord Museum Canadian Culture
