Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1521 :
Deux semaines après la chute de Tenochtitlan, les Espagnols et leurs alliés tlaxcaltèques intensifient la traque des derniers chefs mexicas cachés dans la lagune du lac Texcoco. Plusieurs capitaines et nobles guerriers sont capturés, mettant fin aux ultimes tentatives de résistance. Cette opération marque la disparition des structures militaires mexicas et scelle l’effondrement définitif de l’empire après la victoire de Cortés.
1666 :
A Québec, le chef mohawk Agariata se vante lors d’un banquet d’avoir tué un officier français. Le gouverneur Tracy le fait immédiatement arrêter et pendre, utilisant l’exécution comme acte de terreur politique pour intimider les Mohawks. L’incident ne rompt pas les négociations : il s’inscrit dans la stratégie française visant à imposer la paix. Quelques semaines plus tard, Tracy mène une expédition punitive contre les Mohawks, ouvrant la voie à la paix de 1667.
1680 :
Après le soulèvement orchestré par Po’pay, les derniers Espagnols et plusieurs Pueblos convertis évacuent définitivement la région de Santa Fe. Sous la pression des guerriers pueblos, la colonne se replie vers El Paso, abandonnant missions et établissements coloniaux. Ce départ marque le retour du contrôle autochtone sur le Nouveau‑Mexique pour plus d’une décennie, jusqu’à la reconquête espagnole de 1692.
1703 :
Dans le cadre de la Guerre de la Reine Anne, les Abénaquis et leurs alliés lancent un raid majeur contre Wells, l’un des postes anglais les plus exposés du Maine. L’attaque s’inscrit dans une offensive coordonnée visant à freiner l’expansion coloniale britannique et à défendre les territoires wabanakis. Les bâtiments périphériques sont incendiés et les défenses mises à l’épreuve, marquant l’un des épisodes les plus marquants de la résistance autochtone du début du XVIIIᵉ siècle.
1715 :
Sous l’impulsion des colons de Pennsylvanie, les Conestogas et les Catawbas concluent un traité de paix pour mettre fin à leurs affrontements récurrents. Les deux nations s’engagent à cesser les hostilités et à sécuriser les routes commerciales. Cet accord, motivé par les intérêts coloniaux, marque l’une des premières tentatives de pacification intertribale dans la vallée du Susquehanna au début du XVIIIᵉ siècle.
1778 :
Dans le secteur de Kingsbridge (actuel Bronx), la Stockbridge Militia, unité d’éclaireurs mohicans alliée aux insurgés américains, tombe dans une embuscade des Queen’s Rangers loyalistes. Plus de 30 guerriers mohicans sont tués, anéantissant le détachement. Cet épisode tragique marque l’une des pertes autochtones les plus lourdes de la guerre d’indépendance et illustre la violence des combats dans les zones frontalières de New York.
1794 :
Quelques jours après Fallen Timbers, la Confédération du Nord‑Ouest envoie des émissaires au Fort Miami pour vérifier si les Britanniques accepteront enfin d’aider les nations autochtones. Leur refus est confirmé : l’alliance anglo‑autochtone est rompue. Cette constatation force les Shawnees, Miamis et Lenapes à envisager la négociation, ouvrant la voie au Traité de Greenville et à la perte de la majeure partie de l’Ohio.
1836 :
Des chefs Ottawa et Chippewa signent un ajustement formel aux traités de cession conclus plus tôt dans l’année avec les États‑Unis. L’accord précise les limites des terres cédées, les compensations et les obligations de déplacement vers l’ouest du Mississippi. Enregistré sous la pression de la politique fédérale d’expulsion, cet ajustement scelle la perte des territoires autochtones autour du lac Michigan et prépare les déplacements des années suivantes.
1855 :
Le général Harney installe un camp de base près de la rivière Platte avec plus de 600 soldats, lançant l’« Expédition de la Grêle » contre les Lakotas Brulés de Little Thunder. Cette concentration de troupes prépare l’attaque du 3 septembre, qui se transforme en massacre d’Ash Hollow. L’opération marque un tournant brutal dans la Guerre des Sioux, inaugurant une politique de représailles massives contre les nations des Plaines.
1868 :
Des partis de guerre cheyennes et arapahos attaquent des convois de ravitaillement le long de la Little Blue River (Kansas), en réaction à l’avancée du chemin de fer et aux violations des traités. Les attaques visent à freiner l’expansion coloniale et à protéger les territoires de chasse. Cet affrontement s’inscrit dans l’escalade de l’été 1868, qui mènera à la campagne d’hiver contre les villages des Plaines centrales.
1877 :
En pleine traversée du Yellowstone, un groupe de guerriers nez‑percés neutralise une patrouille de reconnaissance américaine près de Pelican Creek. Cette action protège la retraite du campement mené par Chef Joseph, composé de familles et de blessés. L’escarmouche permet aux Nez‑Percés de conserver leur avance sur les colonnes américaines et marque l’un des épisodes tactiques clés de leur fuite vers le Canada.
1886 :
Dans le canyon de Skeleton, Geronimo, Naiche et leurs derniers résistants chiricahuas rencontrent le lieutenant Gatewood pour négocier les termes de leur reddition. Les chefs acceptent en principe les conditions imposées par le général Miles, préparant la capitulation formelle du 4 septembre. Cette rencontre scelle la fin des guerres apaches et ouvre une longue période de captivité pour la nation chiricahua.
1906 :
Roald Amundsen achève la première navigation réussie du passage du Nord‑Ouest à bord du Gjøa. Cette traversée n’a été possible que grâce aux connaissances géographiques et aux techniques de survie transmises par les Netsilik de Gjoa Haven, auprès desquels l’équipage a vécu près de deux ans. Leur maîtrise du milieu arctique (vêtements, chiens, navigation sur la glace) a joué un rôle déterminant dans le succès de l’expédition.
1926 :
Le gouvernement brésilien finalise un rapport d’inspection sur la vallée du Rio Negro, révélant les conditions de travail forcé et la spoliation des terres subies par les Tukano et Lokono face aux producteurs de caoutchouc. Le document décrit les mécanismes de dette, les violences et les réquisitions de main‑d’œuvre, constituant l’une des premières reconnaissances officielles des abus structurels dans l’Amazonie du début du XXᵉ siècle.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Wakinyan Cikala (Little Thunder), Sicangu, photographie de James Earle McClees autour de 1860
