Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1640 :
Uncas, sachem des Mohegans, conclut avec la colonie du Connecticut un accord de cession territoriale plaçant une grande partie des terres moheganes sous supervision coloniale. Interprété comme une cession complète par les autorités, cet acte ouvre la voie à l’expansion foncière anglaise et devient le cœur du futur Mason Land Case. L’épisode marque une étape majeure de la dépossession autochtone dans le sud de la Nouvelle‑Angleterre.
1675 :
Une coalition nipmuc‑wampanoag attaque le village colonial de Deerfield dans le Massachusetts, incendiant des maisons et frappant les colons isolés. L’assaut marque l’extension de la guerre du Roi Philip vers le nord de la vallée du Connecticut. Face à cette avancée autochtone, les autorités du Connecticut décrètent un jour de jeûne et de prière, signe de l’alarme provoquée par la progression des raids.
1778 :
Le chef shawnee Blackfish arrive devant Fort Boonesborough avec 444 guerriers et quelques alliés britanniques, exigeant la reddition de Daniel Boone. Le refus de la garnison marque le début d’un siège majeur de la guerre d’Indépendance. Les Shawnees tentent d’incendier le fort, de couper l’eau et de miner les défenses, mais les colons résistent. Le siège se prolonge jusqu’au 17 septembre, avant le retrait shawnee.
1851 :
Les premières délégations Lakotas, Cheyennes et Arapahos arrivent à Fort Laramie, bientôt rejointes par les Crows et Shoshones. Cette journée marque l’ouverture du grand rassemblement diplomatique qui précède le Traité de 1851, l’une des plus vastes réunions intertribales des Plaines. Les autorités américaines organisent les campements, les présents et les premières discussions, dans un contexte de forte pression migratoire vers l’Ouest.
1855 :
L’armée du général Harney repère et encerle le campement des Lakotas Brulé (Sicangu) de Little Thunder le long de la Platte. Cette manœuvre nocturne vise à immobiliser le village avant l’attaque punitive. Deux jours plus tard, le 3 septembre, l’assaut se transforme en massacre d’Ash Hollow, marquant un tournant brutal dans les relations entre l’armée américaine et les nations des Plaines.
1858 :
Une coalition yakama, spokane, cœur d’alène et palouse affronte les troupes du colonel George Wright lors de la bataille des Quatre Lacs. Grâce à ses fusils à canon rayé et à sa cavalerie, l’armée américaine disperse les forces autochtones après trois heures de combat. Cette victoire ouvre la voie à l’attaque des Spokane Plains et scelle la défaite des nations du Plateau face à la campagne punitive américaine.
1866 :
Manuelito se rend à Fort Wingate avec 23 Navajos, après deux ans de résistance dans les montagnes. Affamé et traqué, il choisit de rejoindre les familles déjà internées à Bosque Redondo. L’armée enregistre la reddition et le transfère au camp. Cet épisode marque la fin de la résistance armée navajo, mais Manuelito deviendra ensuite un chef politique central après le traité de 1868.
1868 :
Environ 50 Kiowas attaquent un convoi et des bûcherons de l’armée près de Little Coon Creek. Le combat dure toute la nuit, marqué par un harcèlement continu des positions américaines. Les renforts du 7ᵉ Cavalerie arrivent au matin et repoussent les assaillants. Cet épisode fait partie des raids kiowas qui annoncent la campagne d’hiver de Sheridan contre les nations des Plaines du Sud.
1874 :
Des Cheyennes et Comanches attaquent le convoi de ravitaillement du capitaine Wyllys Lyman près de la Washita River, dans le cadre de la guerre de la Red River. Le convoi est encerclé et soumis à un harcèlement constant, forçant les soldats à se retrancher derrière leurs chariots. Le siège dure plusieurs jours, jusqu’à l’arrivée des renforts le 9 septembre. L’épisode illustre la stratégie autochtone visant à frapper la logistique américaine dans les Plaines du Sud.
1879 :
L’agent indien Nathan Meeker envoie une dépêche urgente réclamant des troupes pour contraindre les Utes de White River à abandonner leurs chevaux et à adopter l’agriculture. Cette demande militaire provoque une montée rapide des tensions dans la réserve. Quelques semaines plus tard, l’escalade aboutit au massacre de Meeker et à la capture de sa famille, ouvrant la révolte des Utes et leur déportation hors du Colorado.
1881 :
Des guerriers White Mountain Apaches lancent une attaque montée contre Fort Apache, en représailles à la mort du prophète Nochaydelklinne lors de la bataille de Cibecue Creek deux jours plus tôt. Sous le commandement du colonel Carr, le fort subit des tirs à longue portée durant toute la journée, les Apaches évitant volontairement le combat rapproché. Les défenseurs repoussent chaque assaut, et les renforts n’arrivent que deux jours plus tard, alors que les Apaches se sont retirés. Cet affrontement, associé à celui de Cibecue Creek, déclenche une nouvelle guerre apache qui se prolongera jusqu’à la reddition de Geronimo en 1886.
1918 :
La Carlisle Indian Industrial School ferme définitivement. Fondée en 1879 par Richard Henry Pratt, elle fut le premier pensionnat fédéral destiné à l’assimilation forcée des enfants autochtones. L’établissement est transféré au Département de la Guerre, qui y installe un hôpital militaire pour la Première Guerre mondiale. Plus de 10 000 enfants y ont été internés, laissant un héritage durable dans l’histoire des politiques d’acculturation.
1924 :
Plusieurs communautés K’iche’ de Totonicapán obtiennent la ratification officielle de la ré‑immatriculation de leurs terres communales, dans le cadre des réformes foncières républicaines du Guatemala. Cette confirmation juridique vise à protéger les ejidos indigènes contre les appropriations ladinas et s’inscrit dans la politique de citoyenneté amérindienne instaurée au début des années 1920.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Carte de Pierre-Jean De Smet en 1851. Les territoires indiens convenus lors du traité de Fort Laramie (1851) sont indiqués en clair : Assiniboines, Arikaras, Hidatsas et Mandans, Sioux (Dakotas ou Lakotas), Crows, Arapahos et Cheyennes