Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1620 :
Le Mayflower quitte Plymouth (Angleterre) pour traverser l’Atlantique vers les terres ancestrales des Wampanoags, autour du village de Patuxet. Ce départ inaugure une colonisation anglaise permanente en Nouvelle‑Angleterre. Les passagers s’installeront quelques mois plus tard sur un site wampanoag récemment vidé par une épidémie, ouvrant une période de transformations profondes pour les sociétés autochtones de la région.
1675 :
Des guerriers nipmucs et wampanoags attaquent la garnison de Deerfield au début de la guerre du Roi Philip. Ils incendient plusieurs bâtiments et forcent les colons à se replier, montrant que le conflit s’étend désormais vers la vallée du Connecticut. L’assaut renforce la résistance autochtone et alarme les autorités coloniales, qui comprennent que la guerre ne se limitera pas aux zones côtières.
1676 :
Environ 200 réfugiés autochtones de la guerre du roi Philip sont accueillis par les Pennacooks à Cochecho. Boston exige leur restitution. Le major Richard Waldron organise alors une fausse bataille pour capturer les réfugiés sans affronter les Pennacooks : les miliciens encerclent les réfugiés et les arrêtent. Les 200 personnes sont ensuite emmenées de force à Boston, où quelques‑unes sont exécutées et la plupart sont réduites en esclavage, souvent envoyées dans les Antilles. Cet acte de trahison nourrira la vengeance de 1689.
1775 :
Lors de l’invasion américaine du Canada, une force combinée de soldats britanniques et de guerriers mohawks des Sept‑Nations du Canada tend une embuscade aux troupes du général Richard Montgomery près de Fort Saint‑Jean. L’attaque ralentit l’avancée américaine et oblige Montgomery à engager un siège prolongé. Cet affrontement marque l’un des premiers rôles militaires directs des alliés autochtones dans la défense du Canada pendant la Révolution américaine.
1812 :
Le siège de Fort Wayne atteint son point culminant : une coalition potawatomi‑miami menée par Winamac poursuit l’assaut majeur lancé la veille au soir. Les guerriers harcèlent la garnison américaine, tentent d’incendier le fort et maintiennent la pression jusqu’à 15 h, avant de se replier. L’attaque s’inscrit dans l’alliance entre Tecumseh et les Britanniques et dans la vague d’offensives autochtones qui suit la chute de Detroit.
1815 :
17 chefs ioways, dont Hard Heart, signent le traité de Portage des Sioux avec les représentants américains. L’accord, conclu après le traité de Gand, met officiellement fin aux hostilités et réaffirme l’autorité des États‑Unis dans le Haut‑Mississippi. Pour les Ioways, cette signature marque la fin de leur alliance avec la Grande‑Bretagne et ouvre une période de pression territoriale croissante.
1839 :
A Tahlequah, les représentants cherokees adoptent une nouvelle constitution pour reconstruire leur gouvernement après la Piste des Larmes. Ce texte unifie les différentes factions (Old Settlers, Eastern Cherokees, partisans de Ross) et réaffirme la souveraineté de la Nation Cherokee sur son nouveau territoire. La constitution établit un gouvernement à trois branches et devient le pilier de la renaissance politique cherokee au XIXᵉ siècle.
1857 :
En pleine guerre de l’Utah, les dirigeants mormons de Cedar City se réunissent en conseil pour décider d’une action contre la caravane Baker–Fancher. Cette réunion conduit à l’implication de guerriers paiutes et au lancement d’une opération punitive contre les pionniers à Mountain Meadows. Les décisions prises ce jour‑là déclenchent les attaques du 7 septembre et mènent directement au massacre du 11 septembre 1857, l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire de l’Ouest américain.
1861 :
Un chef yamparika et un autre Comanche signent un accord de paix avec un représentant de l’Union à Fort Wise, Colorado. L’Union cherche à sécuriser les routes militaires au début de la guerre civile, tandis que les Comanches veulent protéger leurs zones de chasse et limiter les incursions de colons. Cet accord local, sans portée territoriale majeure, marque une étape dans les relations entre les Comanches et les autorités fédérales pendant la guerre de Sécession.
1861 :
Au début de la guerre de Sécession, des représentants de l’Union concluent un accord temporaire de paix et de neutralité avec plusieurs bandes wichitas et caddos au nord du Texas. L’Union cherche à éviter que ces nations ne rejoignent la Confédération, tandis que les Wichitas et Caddos veulent protéger leurs villages et rester à l’écart du conflit. Cet accord local marque l’une des dernières initiatives diplomatiques fédérales dans la région avant le retrait des troupes américaines
1865 :
Lors de l’expédition de Sawyers sur la Bozeman Trail, les troupes américaines essuient des tirs et escarmouches de la part de guerriers lakotas et cheyennes le long de la Powder River. Les attaques visent à empêcher l’ouverture d’une piste traversant un territoire de chasse autochtone. Harcelée et ralentie, l’expédition révèle la montée des tensions qui mèneront à la guerre ouverte dans la région l’année suivante.
1877 :
Au lendemain de la mort de Crazy Horse à Fort Robinson, ses parents et l’homme-médecine Horn Chips récupèrent sa dépouille. Ils la placent sur un travois et quittent le fort en secret pour rejoindre les Black Hills, territoire sacré des Lakotas. Le corps y est inhumé clandestinement, dans un lieu demeuré inconnu. Ce départ marque le dernier acte de respect envers l’un des chefs les plus emblématiques des Plaines.
1911 :
Ishi, dernier survivant des Yahi, rencontre pour la première fois l’anthropologue Alfred Kroeber au musée d’anthropologie de San Francisco. Cette rencontre marque le début d’un travail d’archivage d’urgence sur la langue et les savoirs yahi, alors que son peuple a été décimé au XIXᵉ siècle. Kroeber et Waterman enregistrent ses récits, ses techniques et sa culture, faisant d’Ishi un témoin essentiel de l’histoire autochtone de Californie.
1926 :
Le gouvernement canadien finalise plusieurs décrets fonciers et administratifs concernant les territoires inuits des Territoires du Nord‑Ouest. Ces mesures modifient la gestion des postes de traite, des permis de chasse et des zones de piégeage, renforçant la juridiction fédérale sur les archipels arctiques. Elles s’inscrivent dans la politique d’encadrement des activités économiques et territoriales des communautés inuites au début du XXᵉ siècle.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Ho-Wear, chef Yamparika – Willam S. Soule -d’après un stéréogramme – Denver Digital Library
