Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1535 :
Lors de sa remontée du Saint‑Laurent, Jacques Cartier parvient au grand village iroquoien de Stadacona, situé à l’emplacement de la ville actuelle de Québec. Guidé par Domagaya et Taignoagny, fils du chef Donnacona, il découvre une communauté dense, fortifiée et structurée, au cœur des réseaux politiques de la vallée. Les Iroquoiens du Saint‑Laurent observent prudemment les navires français, mais engagent des premiers échanges diplomatiques. Cette arrivée marque une étape majeure de la seconde expédition de Cartier et l’un des moments fondateurs de l’exploration européenne du Canada.
1565 :
Pedro Menéndez de Avilés débarque dans le grand village timucua de Seloy, où il installe le camp qui deviendra St. Augustine, première colonie européenne permanente des futurs États‑Unis. Les Timucuas accueillent d’abord les Espagnols, mais ceux‑ci s’approprient les maisons du village, créant rapidement des tensions. Ce premier contact marque le début d’une présence espagnole durable en Floride et d’une relation complexe, faite d’alliances, de missions et de conflits avec les Timucuas.
1756 :
Le colonel John Armstrong mène 300 miliciens dans une attaque surprise contre le village lenape de Kittanning, en représailles pour la destruction de Fort Granville. Le chef Captain Jacobs refuse de se rendre et meurt dans l’incendie de sa maison, où des réserves de poudre explosent. Le village est détruit, plusieurs dizaines de Lenapes sont tués et des prisonniers anglais sont libérés. Armstrong subit 17 morts et de nombreux blessés. L’opération marque un tournant psychologique dans la guerre de la Conquête sur la frontière pennsylvanienne.
1760 :
Lors de la reddition de Montréal, l’Article 40 des Capitulations garantit aux nations autochtones alliées des Français la liberté de culte, la protection contre les représailles et un traitement équivalent à celui des sujets britanniques. Le texte ne mentionne pas explicitement les terres, mais affirme la volonté britannique de maintenir la paix avec les Hurons-Wendats, Algonquins, Abénakis et autres alliés. Cet article marque le début d’une nouvelle ère diplomatique, bientôt redéfinie par la Proclamation royale de 1763.
1771 :
Les franciscains fondent la Mission San Gabriel Arcángel sur le territoire du peuple Tongva. L’installation espagnole provoque immédiatement des tensions : un Tongva est tué par un soldat, déclenchant une riposte armée et des attaques contre le camp. Les Espagnols s’approprient les maisons et les ressources locales, tandis que les Tongvas tentent de défendre leurs terres et leurs pratiques. La fondation de San Gabriel marque le début d’une résistance tongva durable, face à l’expansion missionnaire en Californie.
1815 :
Les États‑Unis ouvrent les négociations du Traité de Spring Wells avec les Wyandot, Delaware, Seneca, Shawnee, Miami, Ojibwe, Ottawa et Potawatomi, anciens alliés des Britanniques. Ces articles préliminaires établissent la paix, le pardon général et la fin des alliances britanniques. La signature formelle interviendra le 20 septembre, mais le 8 marque le retour officiel des nations dans la paix américaine. Ce traité clôt les hostilités de la guerre de 1812 dans la région des Grands Lacs et scelle la défaite de la coalition autochtone.
1816 :
Andrew Jackson ouvre à la Chickasaw Council House des négociations majeures avec les Chickasaws et les Cherokees. Les discussions portent sur la cession de vastes zones de chasse situées dans le futur Alabama et Tennessee, ainsi que sur l’ouverture de routes militaires. Les Chickasaws acceptent rapidement, tandis que les Cherokees négocient plus longuement avant de signer leurs propres traités. Ces accords marquent une étape décisive dans l’expansion américaine au sud des Appalaches et annoncent les grandes pertes territoriales autochtones des années suivantes.
1823 :
Les chefs séminoles signent le Traité de Moultrie Creek avec les États‑Unis. Ils abandonnent leurs terres du nord de la Floride en échange d’une réserve intérieure de 4 millions d’acres, placée sous surveillance militaire. Le traité impose des restrictions de commerce, des rations annuelles et l’obligation de livrer les esclaves fugitifs. Cette réorganisation forcée du territoire séminole marque un tournant majeur et prépare les tensions qui mèneront à la Seconde Guerre séminole.
1851 :
Le 8 septembre 1851, s’ouvrent à Horse Creek les négociations du grand Traité de Fort Laramie, réunissant plus de 10 000 Autochtones issus des nations Lakota, Cheyenne, Arapaho, Crow, Assiniboine, Mandan, Hidatsa et Arikara. Cette assemblée exceptionnelle vise à fixer les frontières tribales, garantir la paix intertribale et organiser le passage des migrants vers l’Ouest. Les discussions marquent un moment diplomatique majeur dans l’histoire des Plaines et préparent la signature du traité le 17 septembre.
1853 :
Le général Joseph Lane et les représentants Takelma, Shasta et Tututni signent au pied de Table Rock un traité de paix mettant fin à la première guerre de Rogue River. L’accord prévoit la cessation des hostilités et l’établissement d’une zone protégée autour de Table Rock pour les villages autochtones. Ce traité tente de stabiliser la vallée après les violences liées à l’arrivée des mineurs, mais les tensions persistent et mèneront aux conflits plus graves de 1855–1856.
1861 :
Des guerriers Chiricahuas et Mescaleros attaquent le village de Placitas, près de Fort Stanton, profitant du chaos militaire provoqué par la guerre de Sécession. Les miliciens civils et les soldats confédérés présents sont débordés, plusieurs bâtiments sont incendiés et du bétail est capturé. L’affrontement marque le début d’une série de raids apaches visant à reprendre le contrôle des vallées autour de la Sierra Blanca. Cette attaque illustre la fragilité du dispositif confédéré dans le Nouveau‑Mexique en 1861.
1865,
Le 8 septembre 1865, s’ouvre le Conseil de Fort Smith, où les États‑Unis convoquent les Cherokee, Choctaw, Chickasaw, Creek, Séminoles et plusieurs autres nations ayant traité avec la Confédération. Washington déclare leurs anciens accords nuls et exige de nouveaux traités de reddition, incluant l’abolition de l’esclavage, la libération des captifs afro‑américains et la cession de vastes territoires. Cette séance inaugure la réorganisation du Territoire Indien après la guerre de Sécession et prépare les grands traités de 1866.
1876 :
Alors que Mills progresse vers les Black Hills, les éclaireurs Grouard et Crawford repèrent des chasseurs lakotas et des poneys chargés de gibier. En suivant leurs traces, ils découvrent un village de 37 tipis, appartenant au chef American Horse, regroupant Oglalas, Miniconjous, Brulés et Cheyennes. Environ 260 personnes y vivent, dont 40 à 100 guerriers, installés dans une dépression entourée des aiguilles rocheuses de Slim Buttes. Grouard, déguisé en Indien, traverse le camp pour en analyser la disposition et les points faibles. Mills comprend qu’il tient une occasion rare de frapper un groupe lakota isolé. La journée se termine par la préparation minutieuse d’une attaque à l’aube, selon la tactique classique du raid surprise.
1878 :
Plus de 300 Cheyennes du Nord menés par Dull Knife et Little Wolf s’échappent de nuit de la réserve de Fort Reno, où famine et maladies ravagent leur peuple. Refusant de mourir dans le Territoire indien, ils entreprennent une longue marche vers leurs terres ancestrales du Nord. Cette fuite déclenche une poursuite militaire à travers l’Oklahoma et le Kansas et marque le début de l’Exode des Cheyennes du Nord.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Portrait de American Horse par John N. Choate – 1879 – National Anthropological Archives, Smithsonian Institution.
