Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1675 :
La Confédération de la Nouvelle‑Angleterre déclare officiellement la guerre à la coalition autochtone menée par Metacom, sachem des Wampanoags. Cette résolution, adoptée après plusieurs attaques depuis juin, autorise la mobilisation générale des milices et la coordination militaire entre les colonies. Le conflit oppose les Anglais aux Wampanoags, Nipmucs, Podunks et bientôt aux Narragansetts. Cette date marque la formalisation politique de la guerre du Roi Philip, l’un des affrontements les plus dévastateurs du XVIIᵉ siècle en Amérique du Nord.
1700 :
L’explorateur français Pierre‑Charles Le Sueur atteint le confluent du Mississippi et de la Minnesota River, où il rencontre les Dakota de la région. Il y établit des relations diplomatiques et commerciales essentielles pour la présence française dans le Pays‑d’en‑Haut. Ces échanges ouvrent la voie à la construction de Fort L’Huillier et à l’intégration des Dakota dans les réseaux franco‑autochtones du début du XVIIIᵉ siècle.
1836 :
Le président texan David G. Burnet nomme Alexander Le Grand au poste d’Indian Commissioner. Il est chargé d’ouvrir des négociations de paix avec les Comanches et les Kiowas, afin de stabiliser les frontières de la jeune République du Texas. Sa mission vise à établir des relations pacifiques, sécuriser les routes et limiter les raids dans les colonies. Ces pourparlers constituent l’une des premières démarches diplomatiques texanes envers les nations des Plaines.
1849 :
Dans la vallée du Cañón de Chelly, les chefs navajos signent avec le lieutenant‑colonel John M. Washington le premier traité officiel entre les Navajos et les États‑Unis. L’accord proclame la fin des hostilités et place le territoire diné sous la juridiction américaine, sans en définir les frontières. Les Navajos doivent restituer les captifs, tandis que les États‑Unis promettent protection et paix. Ce traité inaugure une relation diplomatique fragile qui mènera aux conflits des années 1850 et à la Longue Marche.
1850 :
Les chefs ojibwés du lac Huron signent avec William B. Robinson le Traité Robinson‑Huron, par lequel ils cèdent à la Couronne une vaste région du nord de l’Ontario. En échange, ils obtiennent des réserves, une annuité et le maintien des droits de chasse et de pêche. Ce traité, suivi le lendemain du Robinson‑Superior, devient l’un des fondements juridiques majeurs des droits autochtones en Ontario et reste au cœur de litiges contemporains.
1850 :
Le Sénat américain ratifie le traité de 1849 avec la Nation Navajo, officialisant la fin des hostilités et la juridiction américaine sur le territoire diné. Le même jour, la Californie devient le 31ᵉ État, entraînant l’application des lois de 1850 qui autorisent l’asservissement et la dépossession systématique des peuples autochtones. Ces deux décisions marquent un tournant majeur dans la colonisation du Sud‑Ouest et de la Californie, ouvrant une période de violences extrêmes.
1857 :
Des miliciens mormons, accompagnés de quelques Paiutes du Sud, attaquent la caravane Baker–Fancher à Mountain Meadows. Le premier assaut échoue, mais il ouvre un siège de deux jours : les émigrants sont encerclés, privés d’eau et harcelés par des tireurs. Ce 9 septembre marque le début de l’encerclement qui mènera au massacre du 11 septembre.
1860 :
La caravane d’Elijah Utter est attaquée près de la Snake River par des guerriers Shoshones et Bannocks. L’assaut initial tue plusieurs émigrants et déclenche un siège meurtrier de plusieurs jours, l’un des plus tragiques de la piste de l’Oregon. Privés d’eau et encerclés, la plupart des membres du convoi périssent. Cet épisode, connu comme l’“Utter Disaster”, illustre la violence croissante autour de la Snake River dans les années 1860.
1864 :
Les troupes du général Alfred Sully regagnent Fort Rice, concluant une campagne punitive de plusieurs semaines contre les Lakotas/Dakotas. Après les combats de Killdeer Mountain et des Badlands, les soldats, épuisés et affaiblés, se replient vers le fort pour se réorganiser. Cette retraite marque la fin de la campagne de 1864, sans mettre un terme aux tensions qui se prolongeront dans le Dakota l’année suivante.
1875 :
Plusieurs bandes Cri et Saulteaux des lacs Qu’Appelle signent des adhésions au Traité n° 4, complétant les signatures de 1874. Elles cèdent leurs territoires en échange de réserves, d’outils agricoles, de rentes annuelles et du maintien des droits de chasse et de pêche. Cette journée marque l’intégration officielle des communautés de Qu’Appelle dans le cadre du traité et constitue une étape clé de la colonisation des Prairies canadiennes.
1876 :
À l’aube, Mills lance son attaque contre le village d’American Horse. Les 25 cavaliers de Schwatka chargent au milieu des tipis pour semer la panique et disperser les chevaux, tandis que 100 fantassins encerclent le camp et tirent sur les guerriers sortant des lodges détrempés par la pluie. Les Lakotas, surpris, tentent de se regrouper dans un ravin étroit où ils opposent une résistance acharnée. Les femmes évacuent les enfants et les blessés vers les hauteurs, abandonnant la quasi-totalité des biens. Le village est finalement capturé, livrant 300 poneys, armes, vivres et de nombreux objets provenant de Little Bighorn, dont un guidon du 7th Cavalry. Cet assaut marque le début de la bataille de Slim Buttes, première victoire américaine significative depuis juin 1876.
1878 :
Environ 353 Cheyennes du Nord menés par Morning Star (Dull Knife) et Little Wolf s’échappent de nuit de l’Agence Cheyenne‑Arapaho, où famine et maladies ravagent leur peuple. Ils entament une marche de plus de 2 000 km pour regagner leurs terres du Montana. Cette fuite héroïque déclenche une poursuite militaire à travers l’Oklahoma et le Kansas et marque le début de l’Exode des Cheyennes du Nord, l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire autochtone des Plaines.
1886 :
Le capitaine Henry W. Lawton remet à Fort Bowie son rapport officiel sur la poursuite et la capture de Geronimo et de son groupe chiricahua. Le document décrit les opérations menées dans la Sierra Madre, les négociations finales avec Miles et la reddition du 4 septembre. Ce rapport marque symboliquement la fin des guerres apaches, après des décennies de résistance chiricahua dans le Sud‑Ouest.
1891 :
Le gouvernement du Guatemala ratifie l’arpentage et la délimitation officielle de plusieurs terres communales K’iche’ dans le département d’El Quiché. Cette validation intervient dans un contexte de forte pression foncière liée à l’expansion de la caféiculture et vise à protéger les communautés contre les expropriations. L’acte confirme les limites cadastrales et les titres collectifs, constituant une étape clé dans la défense des territoires mayas à la fin du XIXᵉ siècle.
1924 :
Le gouvernement paraguayen promulgue plusieurs décrets fonciers concernant le Gran Chaco, dans un contexte de tensions frontalières avec la Bolivie. Ces mesures redéfinissent et limitent les territoires ancestraux des peuples Enxet et Nivaklé, au profit des concessions agricoles et forestières. Elles visent à consolider le contrôle paraguayen sur la région, tout en accentuant la pression foncière sur les communautés autochtones.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Numaga (vers 1830 – 5 novembre 1871), un chef paiute pendant la guerre paiute de 1860 – NARA
