Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1541 :
Les Mapuches menés par Michimalonco attaquent Santiago, fondée quelques mois plus tôt par Pedro de Valdivia. Profitant de l’absence du conquistador, ils incendient et détruisent presque entièrement la ville. Cet assaut majeur s’inscrit dans la résistance mapuche contre l’implantation espagnole et annonce la longue Guerre d’Arauco, qui marquera durablement l’histoire coloniale du Chili.
1550 :
Charles Quint publie un décret ordonnant de renforcer l’enseignement du castillan dans les colonies américaines. Il charge en parallèle les missionnaires de poursuivre la rédaction de grammaires et catéchismes dans les langues autochtones, jugées essentielles à l’évangélisation. Ce texte reflète la double politique linguistique de l’empire : uniformisation administrative en espagnol et maintien des langues locales pour la conversion.
1693 :
Des guerriers mayas de Naranjo attaquent Tuub’al dans le Petén, dans le cadre d’une série de raids destinés à freiner l’avancée espagnole. Ces assauts visent à empêcher les villages voisins de se rallier aux colonisateurs et à protéger la capitale itzá, Nojpetén. L’attaque de Tuub’al s’inscrit dans la résistance maya tardive, quelques années avant la chute définitive du Petén en 1697.
1700 :
Le gouverneur Louis‑Hector de Callière prépare à Montréal un projet de traité préliminaire avec des délégués des Cinq‑Nations iroquoises, après des décennies de guerres. Les discussions portent sur la paix, la neutralité iroquoise et la sécurisation des routes commerciales. Cet accord ouvre la voie à la Grande Paix de Montréal de 1701, qui réunira 39 nations autochtones et mettra fin aux guerres franco‑iroquoises.
1778 :
Des Wyandots et Mingos, alliés aux Britanniques, attaquent les troupes américaines autour du Fort Laurens dans l’Ohio. L’affrontement vise à empêcher l’installation du fort et à défendre les territoires autochtones contre l’expansion américaine. Cet engagement préfigure le siège de 1779 et s’inscrit dans la résistance des nations de l’Ohio durant la Révolution américaine.
1782 :
Une coalition d’environ 300 Shawnees, Delawares et Wyandots, appuyée par des loyalistes britanniques, assiège Fort Henry dans la vallée de l’Ohio. Les assaillants tentent d’incendier le fort et de repousser l’avancée coloniale américaine. Malgré la pression, les milices tiennent leurs positions. Cet engagement constitue l’une des dernières batailles de la Révolution américaine et illustre la résistance autochtone dans l’Ouest.
1838 :
Environ 850 Potawatomis franchissent la rivièreTippecanoe sous l’escorte de la milice de l’Indiana, dans le cadre de la “Piste de la Mort”. Le convoi avance dans des conditions dramatiques, marquées par la maladie, la chaleur et le manque de vivres. Cette étape illustre la brutalité de la déportation ordonnée par le général John Tipton, qui mènera les Potawatomis jusqu’au Kansas au prix de plus de 40 morts.
1851 :
A Christiana, un propriétaire d’esclaves du Maryland est tué en tentant de capturer des fugitifs protégés par une communauté abolitionniste composée d’Afro‑Américains, de Blancs et de familles autochtones. L’affrontement, lié au Fugitive Slave Act, entraîne des inculpations pour trahison mais se conclut par des acquittements. L’affaire devient un symbole de la résistance aux lois esclavagistes et marque une étape politique majeure dans l’Est des États‑Unis.
1851 :
Les assemblées du Conseil de Fort Laramie réunissent encore plus de 10 000 déléguésautochtones des nations Lakota, Cheyenne, Arapaho, Crow, Assiniboine, Mandan, Hidatsa et Arikara. Les discussions portent sur la délimitation des territoires tribaux, la sécurisation des routes migratoires et la paix intertribale. Cette journée s’inscrit dans le processus qui mènera au traité de Fort Laramie, signé le 17 septembre 1851, l’un des accords les plus importants de l’histoire des Plaines du Nord.
1855 :
Les États‑Unis concluent à Taos un accord de paix avec la bande moache des Utes du Sud. Le texte prévoit la sécurisation des routes, la fin des raids et des compensations matérielles. Non ratifié par le Sénat, l’accord reste local mais marque une étape dans la diplomatie américaine avec les Utes avant les grands traités des années 1860.
1857 :
Une milice mormone attaque la caravane Baker–Fancher à Mountain Meadows, après plusieurs jours de siège. Sous couvert d’une évacuation sécurisée, les miliciens tuent plus de 120 émigrants, n’épargnant que 17 enfants. Des Paiutes du Sud sont impliqués dans les premières attaques, mais leur rôle a été instrumentalisé par les autorités locales. Cet épisode, lié au climat de panique de la guerre de l’Utah, demeure l’un des événements les plus sombres de l’histoire de l’Ouest américain.
1877 :
Les négociations du Traité n° 7 se poursuivent à Blackfoot Crossing, réunissant les chefs Siksika, Kainai, Piikani, ainsi que les Stoney‑Nakoda et Tsuut’ina. Les discussions portent sur la délimitation des territoires, les paiements annuels, les droits de chasse et la création des réserves. Cette journée marque l’une des étapes décisives vers la rédaction finale du traité, signé le 22 septembre 1877, qui redéfinit durablement les relations entre les nations des Plaines et la Couronne.
1882 :
Des Chiricahuas menés par Juh poursuivent leurs raids transfrontaliers entre l’Arizona et le Sonora pour échapper au confinement imposé par la réserve de San Carlos. Profitant de la Sierra Madre, ils frappent des ranchs et des convois avant de se replier en montagne. Ces incursions illustrent la résistance chiricahua face aux politiques de sédentarisation et annoncent les campagnes finales des guerres apaches.
1906 :
Le chef squamish Joe Capilano et deux leaders du Nord‑Ouest du Pacifique sont reçus par Édouard VII au Palais de Buckingham. Ils présentent une pétition dénonçant les saisies de terres et l’absence de traités en Colombie‑Britannique. Bien que le roi renvoie la question au gouvernement canadien, cette démarche devient un moment fondateur de la diplomatie autochtone et de la lutte pour les droits fonciers.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Paiutes à cheval – autour de 1900 – Université du Nevada, Las Vegas
