Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1502
Lors de son quatrième voyage, Christophe Colomb débarque près de Cariay, sur la côte du Costa Rica, à proximité de l’île Uvita. Il établit les premiers contacts européens avec les peuples chibchas et huetares, engagés dans des réseaux d’échanges régionaux. Les interactions, d’abord pacifiques, révèlent rapidement des tensions. Cet épisode marque le début des relations — souvent conflictuelles — entre les Européens et les sociétés autochtones de l’isthme centraméricain.
1655 :
Plusieurs centaines de Munsee occupent New Amsterdam avant de se retirer pacifiquement. Mais l’ordre donné par Cornelis van Tienhoven de tirer sur les Munsee en partance déclenche une série de raids sur Pavonia et Staten Island, causant 43 morts, plus de 100 captifs et la destruction de 28 fermes. L’absence de Stuyvesant, parti conquérir New Sweden, laisse la colonie sans défense. Les négociations d’octobre permettent la restitution progressive des captifs, tandis que van Tienhoven est tenu pour responsable de l’escalade. L’épisode révèle la fragilité des implantations néerlandaises et les conséquences d’une diplomatie mal maîtrisée.
1778 :
Le Congrès continental ratifie le Traité de Fort Pitt, signé deux jours plus tard avec les Delawares (Lenapes). C’est le premier traité officiel entre les États‑Unis et une nation autochtone. L’accord prévoit une alliance militaire contre les Britanniques, le passage des troupes américaines sur les terres lenapes et la possibilité d’un futur État indien allié. Malgré ces promesses, l’alliance est rapidement trahie et les Lenapes subissent de lourdes pertes dès 1779.
1815 :
A Portage des Sioux, les États‑Unis signent un traité de paix et d’amitié avec les Osages, dans le cadre de la série d’accords post‑guerre de 1812. Dirigé par William Clark, l’accord confirme la fin des hostilités, la liberté de commerce et la reconnaissance de l’autorité américaine. Il contribue à stabiliser la frontière Ouest du Mississippi et prépare les futures cessions de terres osages des années 1818–1825.
1821 :
Les autorités de Guatemala signent l’Acte d’indépendance de l’Amérique centrale, rompant avec l’Espagne. Les nouvelles républiques (Guatemala, El Salvador, Honduras, Nicaragua et Costa Rica) passent sous le contrôle des élites créoles. Des millions d’Autochtones, notamment Mayas, Lencas et Nahua‑Pipils, voient leurs territoires intégrés dans des États qui perpétuent les structures coloniales. L’indépendance ouvre une période de réformes, de conflits internes et de marginalisation politique des peuples autochtones.
1830 :
Les commissaires John Eaton et John Coffee ouvrent le conseil de Dancing Rabbit Creek avec les chefs choctaws Greenwood LeFlore et Mushulatubbee. Ces négociations, menées sous forte pression, préparent la signature du premier grand traité d’expulsion après l’Indian Removal Act. Le traité du 27 septembre entraîne la cession de millions d’acres et l’expulsion de milliers de Choctaws vers l’Oklahoma, inaugurant la Piste des Larmes.
1851 :
Au camp de Horse Creek, s’achève l’un des plus grands conseils autochtones des Plaines. Les représentants lakotas, cheyennes, arapahos, crows, assiniboines, mandans, hidatsas et arikaras finalisent le texte du traité de Fort Laramie, qui sera signé le 17 septembre. L’accord fixe des frontières tribales, garantit la paix intertribale et organise le passage des migrants vers l’Ouest. Cet événement marque un tournant majeur dans la diplomatie des Plaines.
1858 :
Le Butterfield Overland Mail commence ses opérations entre St. Louis, Memphis et San Francisco, via Fort Smith. Ce service postal de 2 800 miles devient la plus longue ligne terrestre des États‑Unis. Contrairement aux récits hollywoodiens, la route n’est attaquée par les Apaches qu’une seule fois, en 1859, près de Dragoon Springs. Le Butterfield Mail joue un rôle crucial dans la communication entre l’Est et la Californie jusqu’à son interruption en 1861.
1873 :
Sous la pression des missionnaires et des autorités coloniales, la communauté haïda de Masset met en place un conseil de village conforme aux normes administratives imposées après l’intégration de la Colombie‑Britannique au Canada. Cette réorganisation vise à protéger les terres ancestrales face aux projets de dépossession et à l’expansion économique coloniale. L’événement marque l’un des premiers cas d’adaptation forcée de la gouvernance haïda aux structures prévues par la future Loi sur les Indiens.
1877 :
A Blackfoot Crossing, les représentants de la Couronne mènent les derniers arbitrages avec Crowfoot et les chefs Siksika, Kainai, Piikani, ainsi qu’avec les Stoney‑Nakoda. Les discussions portent sur les réserves, les paiements annuels, les droits de chasse et les engagements de paix. Cette journée marque la finalisation du texte du Traité no 7, qui sera signé le 22 septembre 1877, entraînant la cession des territoires ancestraux des nations des Plaines du sud de l’Alberta.
1897 :
Un décret guatémaltèque confirme la délimitation et l’octroi de titres communaux aux Kaqchikels de San Martín Jilotepeque, dans les hautes terres du Guatemala. Cette mesure vise à protéger les terres ancestrales contre l’expansion des plantations de café et les revendications privées. Le décret stabilise temporairement les droits fonciers des communautés mayas, dans un contexte de forte pression foncière liée aux réformes libérales.
1906 :
Le Département des Affaires indiennes invalide les demandes de concessions forestières sur les territoires de chasse des Algonquins du lac Barrière, près de Maniwaki. L’ordonnance reconnaît le droit d’usage traditionnel des familles autochtones et rejette les prétentions des compagnies de coupe. Cette décision, temporaire mais importante, constitue un rare précédent de protection administrative des terres algonquines avant les grandes revendications territoriales du XXᵉ siècle.
1923 :
La commission mixte fédérale‑ontarienne mène ses séances décisives auprès des communautés ojibwées des lacs Simcoe, Huron et Rice. Les commissaires examinent les revendications territoriales, les compensations insuffisantes et les droits de chasse et de pêche. Ces travaux finalisent les recommandations qui mèneront à la signature des Williams Treaties en octobre‑novembre 1923, entraînant la cession des derniers titres ancestraux ojibwés dans le sud de l’Ontario.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
Photo : Crowfoot, chef de la Nation des Pieds-Noirs), 1886, photographie de Oliver Buell, Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa.
