Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1670 :
Le pueblo zuni de Hawikuh est attaqué par un groupe de guerriers identifiés dans les sources comme Apaches ou Navajos. Les assaillants incendient l’église franciscaine et tuent le missionnaire résident. Cet épisode s’inscrit dans une série de raids contre les missions espagnoles du Nouveau‑Mexique et contribue au déclin définitif de Hawikuh. Il annonce les tensions croissantes qui mèneront à la grande révolte des Pueblos de 1680.
1735 :
L’Assemblée coloniale de Virginie congédie les interprètes officiels des Cheroenhaka (Nottoway), affaiblissant leur protection juridique. Le même jour, un premier acte notarié transfère une portion du Circle Tract (territoire Nottoway réservé depuis le XVIIème siècle), amorçant le morcellement légal des 41 000 acres de terres réservées à la tribu. Cet événement marque le début d’une longue série de cessions foncières imposées aux Nottoway au XVIIIᵉ siècle.
1757 :
Durant le siège du Fort William Henry, Montcalm envoie son aide de camp Bougainville porter une sommation formelle de reddition au commandant britannique George Monro. Soutenu par près de 2 000 guerriers autochtones (Wendats, Abénaquis, Outaouais), Montcalm cherche à éviter un assaut sanglant. Monro refuse, espérant des renforts, mais cette démarche diplomatique ouvre la voie à la capitulation du fort le 9 août.
1758 :
Une conférence de paix s’ouvre dans le New Jersey entre des représentants britanniques et les Minisink (Lenape). Pendant deux jours, les deux parties discutent de la sécurité des villages, des tensions frontalières et des intrusions coloniales. Cette rencontre, bien que préliminaire, s’inscrit dans les efforts diplomatiques qui mèneront au traité d’Easton quelques mois plus tard, pivot des relations entre les Lenape et les autorités britanniques.
1789 :
Le premier Congrès des États‑Unis crée le Department of War. Faute de ministère civil dédié, la gestion des relations avec les nations autochtones, des frontières et des traités est confiée à ce département, sous l’autorité du secrétaire Henry Knox. Cette décision fait du War Department le premier organe fédéral chargé des affaires indiennes et structure durablement la politique autochtone américaine jusqu’à la création du Bureau of Indian Affairs en 1824.
1827 :
A Butte des Morts (Fox River, Wisconsin), les commissaires américains Lewis Cass et Thomas McKenney signent un traité avec les Menominee, Ojibwe et Ho‑Chunk. L’accord fixe des frontières intertribales précises pour mettre fin aux litiges territoriaux et reconnaît officiellement Oshkosh comme chef principal des Menominee. Ce traité constitue une étape importante dans la structuration politique et territoriale des nations du Wisconsin.
1836 :
Le gouvernement fédéral publie une directive exécutive encadrant l’enrôlement et le financement des milices volontaires mobilisées dans le Sud‑Est. Ces troupes doivent appuyer l’armée régulière dans la Seconde Guerre séminole et dans les expulsions forcées des nations Creek et Cherokee vers l’Ouest. Cette mesure renforce l’appareil militaire de l’Indian Removal et structure la participation des milices aux opérations fédérales.
1840 :
Au lendemain du sac de Linnville, plusieurs centaines de Comanches Penateka menés par Buffalo Hump attaquent Victoria, Texas. Ils pillent des habitations, incendient des ranchs et poursuivent leur retraite avec un butin immense de chevaux et de mules. Prévenue, la ville limite les pertes humaines, mais l’attaque confirme l’ampleur du raid de vengeance comanche déclenché après le massacre du Council House. Cet épisode conduit directement à la bataille de Plum Creek quelques jours plus tard.
1840 :
Durant la Seconde Guerre séminole, une troupe de guerriers menée par Chakaika attaque Indian Key dans les Florida Keys. À l’aube, les Séminoles, désignés dans les rapports comme « Indiens espagnols », détruisent l’établissement, incendient les maisons et s’emparent de marchandises et de poudre. Ce raid spectaculaire constitue l’un des points d’orgue de la résistance séminole dans les Everglades.
1855 :
L’agent indien Garland Hurt conclut un accord avec des chefs Shoshone sur la Humboldt River. Ce traité local vise à sécuriser les voies de transit des migrants américains sur la California Trail et à réduire les tensions entre convois et groupes shoshones. Bien que non ratifié par Washington, l’accord constitue une étape importante dans la diplomatie territoriale de l’Utah et dans la gestion des routes de l’Ouest.
1856 :
A Washington, les États‑Unis signent un traité avec les Creeks et les Séminoles réinstallés dans le Territoire Indien. L’accord réorganise les terres concédées, délimitant un territoire propre aux Séminoles au sein de la concession Creek. Il garantit également que ces nations ne seront pas soumises aux lois des États voisins, mais uniquement à l’autorité fédérale et à leurs gouvernements tribaux. Ce traité stabilise la géographie politique des deux nations dans l’Oklahoma.
1864 :
Les colonnes du général Alfred Sully engagent une coalition de Lakotas, Yanktonais et Dakotas dans les Badlands de la Little Missouri River. Les combats, qui se poursuivent jusqu’au 9 août, s’inscrivent dans les campagnes militaires menées après la guerre des Dakota de 1862 pour repousser les nations des Plaines vers l’ouest. L’affrontement illustre la difficulté des opérations américaines dans un terrain escarpé et la résistance autochtone face à l’expansion militaire.
1877 :
Environ 800 Nez‑Percés menés par Chief Joseph et Looking Glass franchissent les Bitterroot Mountains et établissent un campement de repos dans la vallée de la Big Hole River. Pensant être momentanément hors d’atteinte des troupes américaines, ils s’y installent pour reprendre des forces. Deux jours plus tard, le 9 août, l’armée lance une attaque surprise, déclenchant la bataille de Big Hole, l’un des épisodes les plus tragiques de la guerre des Nez‑Percés.
1882 :
Le Congrès américain adopte une loi autorisant le Secrétaire à l’Intérieur à renégocier les traités Sioux. Ce texte donne au gouvernement fédéral un mandat légal pour réviser les limites de la Grande Réserve Sioux créée en 1868. Il constitue une étape majeure dans le démantèlement progressif de ce vaste territoire et prépare la redistribution par lots des terres sioux à la fin du XIXᵉ siècle.
1924 :
Le Parlement canadien adopte un amendement à la Loi sur les Indiens qui étend pour la première fois son application aux Inuits, alors désignés comme « Esquimaux ». Cette modification place leurs affaires, leurs terres et leur bien‑être sous la tutelle directe du Department of Indian Affairs. L’amendement marque un tournant majeur dans la politique arctique canadienne, en intégrant officiellement les Inuits dans le cadre administratif fédéral.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Ruines d’Hawikuh, Zuni Pueblo, Nouveau Mexique- 1925 – Edward S. Curtis – https://zunitourism.com