Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1615 :
Au village wendat de Carhagouha, le récollet Joseph Le Caron célèbre la première messe catholique en Ontario, en présence de Champlain et de nombreux chefs et guerriers wendats. Cette célébration marque le début officiel de la mission française en Huronie et s’inscrit dans l’alliance diplomatique entre Français et Wendats avant la campagne contre les Haudenosaunee. L’événement ouvre la voie à la présence missionnaire intérieure qui se développera avec les jésuites.
1676 :
Le chef wampanoag Metacom, appelé King Philip par les Anglais, est tué dans un marécage près de Mount Hope par John Alderman, un guerrier autochtone allié aux milices coloniales. Sa mort met fin à la Guerre du Roi Philip, le conflit le plus meurtrier par habitant de la Nouvelle‑Angleterre coloniale. L’effondrement de la coalition autochtone entraîne la perte de l’autonomie politique indienne dans la région et ouvre la voie à une domination coloniale totale.
1717 :
Plusieurs chefs de la confédération abénaquise, dont les Kennebecs et Pentagouets, concluent à Georgetown, sur l’île d’Arrowsic, un traité de paix et de commerce avec le gouverneur Samuel Shute du Massachusetts. L’accord vise à apaiser les disputes territoriales et les accrochages frontaliers qui persistent depuis la guerre de la Reine Anne. Bien qu’il stabilise temporairement la région, il ne résout pas les tensions profondes liées à l’expansion coloniale.
1769 :
Quelques semaines après la fondation de la Mission San Diego de Alcalá, des guerriers Kumeyaay affrontent un détachement espagnol près du presidio. L’accrochage, l’un des premiers conflits de la colonisation californienne, reflète l’inquiétude kumeyaay face à l’installation missionnaire sur leurs terres. Cet incident annonce les résistances plus fortes qui culmineront en 1775 avec l’incendie de la mission.
1776 :
Près de Tamassee (Caroline du Sud), 25 miliciens menés par Andrew Pickens sont encerclés dans un champ de maïs par environ 185 guerriers cherokees alliés aux Britanniques. Pour survivre, Pickens forme deux cercles concentriques tirant en alternance. Malgré de lourdes pertes, la milice est finalement secourue. Impressionnés par son courage, les Cherokees donnent à Pickens le nom Skyagunsta, “le Hibou sorcier”. L’épisode devient l’un des combats les plus célèbres de la frontière sudiste.
1795 :
Lors des négociations finales du Traité de Greenville, le général Anthony Wayne tient un conseil privé avec le chef miami Little Turtle. Constatant l’absence de soutien britannique et l’épuisement de la Confédération de l’Ouest, Little Turtle accepte à regret de céder la majeurepartie de l’Ohio aux États‑Unis. Cette décision scelle la fin de la guerre du Nord‑Ouest et ouvre l’Ohio à une colonisation rapide.
1831 :
Le gouvernement américain nomme George S. Gaines comme Special Agent chargé de superviser la collecte et la déportation des Choctaws vers l’ouest du Mississippi, conformément au traité de 1830. Les Choctaws, qui connaissent Gaines depuis longtemps, lui font confiance et souhaitent qu’il dirige l’ensemble du processus pour éviter les abus. Une fois rassemblés, les déportés sont remis à l’armée, inaugurant la première grande migration forcée du Sud‑Est, marquée par des conditions extrêmement difficiles.
1840 :
Au retour du Great Raid mené par Buffalo Hump en représailles au Council House Fight, les Comanches sont interceptés près de Plum Creek par les Rangers, la milice texane et leurs alliés tonkawa. L’affrontement, une course‑poursuite armée, permet aux Texans de récupérer une partie du butin de Linnville, mais les Comanches sauvent leurs familles et conservent plus de 2 500 chevaux. L’épisode illustre la puissance militaire comanche et inaugure un cycle de violence durable sur la frontière texane.
1868 :
Le président Andrew Johnson proclame officiellement le Traité de Fort Sumner, signé le 1ᵉʳ juin entre les chefs diné et l’armée américaine. Cette proclamation met fin à la Longue Marche et autorise les Navajos à quitter Bosque Redondo pour regagner leurs terres ancestrales. Elle fonde la Réserve navajo et marque l’un des moments les plus importants de la reconstruction du peuple diné après la déportation.
1887 :
Les derniers membres de la bande Cree Papaschase, signataires du Traité n° 6, sont contraints de quitter leur réserve située au sud de Fort Edmonton. Sous la pression des commissaires indiens, la réserve est dissoute et ses terres attribuées au développement urbain. Les Papaschase reçoivent des scrips, mécanisme qui facilite leur dépossession. Cet épisode marque l’une des expulsions les plus marquantes de l’histoire autochtone en Alberta.
1904 :
Lors des Jeux olympiques et de l’Exposition universelle de Saint‑Louis, les organisateurs mettent en scène les “Anthropology Days”, où des dizaines d’Autochtones (Patagons, Apaches, Cocopas, Aïnous, Inuits) sont soumis à des compétitions destinées à “mesurer” leurs capacités physiques face aux athlètes occidentaux. Présentées comme scientifiques, ces épreuves relèvent en réalité du spectacle colonial et de la pseudo‑anthropologie raciale. L’événement est aujourd’hui considéré comme l’un des épisodes les plus humiliants de l’histoire olympique.
1912 :
L’historien‑archéologue cubain Manuel Martínez‑Moles identifie sur le terrain, à Villa Clara, l’emplacement du village taïno de Carahatas, décrit par Las Casas en 1514. Cette prospection confirme l’un des rares sites autochtones précoloniaux de la région centrale de Cuba. L’événement marque une étape importante dans l’ethnohistoire cubaine et dans la reconstitution de la géographie taïno.
1924 :
Le Bureau des affaires indiennes publie un rapport validant les droits d’accès des Blackfeet (Piegan) à la bordure orientale du Glacier National Park pour la cueillette et le bois. Cette décision, liée au contexte de l’Indian Citizenship Act promulgué deux mois plus tôt, officialise une reconnaissance administrative des usages traditionnels malgré l’expansion du parc. L’événement illustre la tension entre conservation fédérale et droits autochtones.
N’hésitez pas à me compléter ou à me corriger le cas échéant
- Photo : Barboncito, chef de guerre navajo – autour de 1865 -Smithsonian Institute’s Anthropological Archives