Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1539 :
L’expédition de Hernando de Soto atteint le grand village apalachee d’Anhaica près de l’actuelle Tallahassee et l’utilise comme quartier d’hiver. Les Espagnols y séjournent jusqu’au 3 mars 1540, profitant des importantes réserves de maïs de la région. Malgré cette installation, les Apalachees poursuivent une résistance active par des embuscades et des attaques répétées contre les occupants. Le séjour d’Anhaica constitue l’un des épisodes majeurs de l’exploration espagnole du Sud-Est nord-américain.
1598 :
Depuis sa base de San Juan Pueblo, le gouverneur espagnol Juan de Oñate entreprend une tournée vers les pueblos de l’ouest afin de consolider la présence coloniale dans la vallée du Rio Grande. Cette expédition vise à établir des alliances, obtenir des approvisionnements et faire reconnaître l’autorité espagnole. Elle s’inscrit dans les premières étapes de la colonisation du Nouveau‑Mexique et précède les affrontements qui opposeront bientôt plusieurs communautés pueblos aux Espagnols.
1774 :
Les quelque 800 miliciens virginiens du colonel Andrew Lewis atteignent Point Pleasant, à la confluence des rivières Kanawha et Ohio, où ils établissent leur camp dans le cadre de la guerre de Dunmore. Leur présence menace directement les territoires de chasse revendiqués par les Shawnees. Quatre jours plus tard, le chef Cornstalk mène une importante offensive contre cette position, déclenchant la bataille de Point Pleasant, l’un des principaux affrontements de la guerre.
1777 :
Les forces britanniques du général Henry Clinton prennent d’assaut les forts Montgomery et Clinton, positions clés des insurgés américains sur l’Hudson. L’expédition est appuyée par des auxiliaires autochtones alliés de la Couronne, parmi lesquels figurent des Mohawks et d’autres Iroquois. Après de violents combats, les deux forts tombent aux mains des Britanniques. Cet épisode illustre l’implication de plusieurs nations autochtones dans la guerre d’Indépendance américaine aux côtés de leurs alliés européens.
1793 :
Malgré les instructions du gouverneur territorial William Blount, le capitaine John Beard conduit une quarantaine de miliciens américains contre le village cherokee de Coyatee. L’attaque surprend plusieurs chefs engagés dans un processus de paix avec les États‑Unis et blesse notamment le chef Hanging Maw. Considérée comme une trahison des négociations en cours, l’opération discrédite les partisans de la paix et contribue à la reprise des raids cherokees. La guerre de frontière se poursuit jusqu’au traité de Tellico Blockhouse en 1794.
1810 :
Les habitants d’Oruro, sous l’impulsion de patriotes menés par Tomás Barrón, se soulèvent contre l’autorité espagnole et rejoignent le mouvement révolutionnaire qui gagne le Haut‑Pérou. Des populations indigènes andines participent également à la mobilisation locale. L’insurrection contribue à l’affaiblissement du pouvoir royaliste dans la région et s’inscrit dans la campagne qui conduira à la victoire patriote de la bataille d’Aroma en novembre 1810.
1818 :
Les États‑Unis et la Nation Miami concluent l’un des principaux traités de St. Mary’s. Des chefs miamis, dont Jean‑Baptiste Richardville, cèdent une vaste partie de leurs terres de l’Indiana en échange de rentes, d’indemnités et de réserves reconnues par le gouvernement fédéral. Cet accord accélère l’expansion américaine dans le Midwest et marque une nouvelle étape de la réduction du territoire traditionnel des Miamis.
1838 :
Au cours de la Potawatomi Trail of Death, les familles potawatomies poursuivent leur marche forcée vers le Kansas sous escorte militaire. La traversée de l’Illinois s’effectue dans des conditions difficiles, marquées par la maladie, la fatigue et de nombreux décès, en particulier parmi les enfants. Cet exode forcé constitue l’un des épisodes les plus tragiques des politiques de déplacement des nations autochtones dans le Midwest américain.
1846 :
Dans le cadre de la politique américaine de déplacement des nations autochtones, plus de 300 Miamis sont rassemblés près de Peru avant leur transfert vers le Territoire indien, dans l’actuel Kansas. Le convoi emprunte notamment le canal Wabash‑Érié avant de poursuivre sa route vers l’Ouest. Cette déportation, conséquence des traités signés dans les années 1840, marque la fin de la présence de la majorité de la Nation Miami sur ses terres ancestrales d’Indiana.
1869 :
Sous l’impulsion de Louis Riel et de John Bruce, les Métis de la Rivière Rouge fondent le Comité national des Métis afin de défendre leurs droits face au transfert de la Terre de Rupert au Dominion du Canada. L’organisation s’oppose aux opérations d’arpentage menées sans consultation des habitants et revendique la protection des terres, de la langue et des institutions métisses. Cette initiative marque le début de la Résistance de la Rivière Rouge et ouvre la voie à la création du Manitoba en 1870.
1874 :
À la suite des découvertes d’or annoncées après l’expédition de George A. Custer, le groupe de prospecteurs dirigé par John Gordon entreprend de pénétrer dans les Black Hills, territoire reconnu aux Lakotas par le traité de Fort Laramie (1868). Cette intrusion illégale marque le début des pressions croissantes exercées sur les terres sacrées sioux. L’échec des autorités à empêcher ces expéditions contribue à l’ouverture de la ruée vers l’or et prépare le conflit qui mènera à la guerre des Black Hills.
1877 :
Au lendemain de la reddition du chef Joseph, les forces du général Nelson A. Miles procèdent au désarmement et au regroupement des Nez‑Percés survivants dans les Bear Paw Mountains. Les familles sont recensées et placées sous contrôle militaire avant leur transfert vers l’est. Cette étape marque la fin effective de la résistance militaire nez‑percée après l’une des plus remarquables retraites de l’histoire autochtone nord‑américaine.
1879 :
Les premiers enfants autochtones arrivent à la Carlisle Indian Industrial School, fondée par Richard Henry Pratt. Provenant notamment des nations Lakota, Cheyenne, Arapaho, Comanche et Kiowa, ils sont transférés loin de leurs familles pour intégrer le premier grand pensionnat fédéral autochtone hors réserve des États‑Unis. L’établissement devient le modèle du système des pensionnats d’assimilation, fondé sur la suppression des langues et cultures autochtones au profit des normes euro‑américaines.
1892 :
La Commission Jerome poursuit ses négociations avec les nations Kiowa, Comanche et Apache afin d’imposer le lotissement des terres tribales conformément à la politique fédérale d’assimilation. Le 6 octobre, plusieurs dirigeants comanches et certains chefs kiowas signent l’accord prévoyant l’attribution de lots individuels et la cession de vastes territoires au gouvernement américain. Cet accord ouvre la voie à l’ouverture des terres dites « excédentaires » à la colonisation et marque une étape majeure dans la réduction du territoire autochtone des Plaines du Sud.
1898 :
Au lendemain de la bataille de Sugar Point, des échanges de tirs sporadiques et des tensions persistent entre les Ojibwés Pillager associés au chef Bug-O-Nay-Geshig et les soldats du 3ᵉ régiment d’infanterie des États‑Unis. Les forces fédérales, éprouvées par les pertes subies la veille, renoncent à toute offensive majeure. La crise se résout progressivement sans bataille décisive supplémentaire. L’événement demeure considéré comme le dernier conflit armé significatif opposant l’armée américaine à une nation autochtone.
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Photo : Le chef Ojibwe Hole-In-The-Day a été identifié à tort comme un « chef Sioux » par les Archives nationales. Autour de 1860-1865 – Mathew B. Brady – National Archives and Records Administration
