Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.
1492 :
Au lendemain de son arrivée à Guanahaní, Christophe Colomb rédige ses premières descriptions détaillées des Taïnos lucayens qui ont accueilli son expédition. Les habitants échangent des présents avec les nouveaux venus et entretiennent des contacts pacifiques. Ces observations constituent les premiers témoignages écrits européens sur les peuples autochtones des Caraïbes. Pour les Taïnos, cette rencontre marque le début d’une période de bouleversements majeurs liés à l’expansion coloniale espagnole. Le 13 octobre représente ainsi le premier regard documenté porté par les Européens sur une nation autochtone des Bahamas.
1520 :
Une épidémie de variole se propage à travers Tenochtitlan et les territoires mexicas. Décrite dans plusieurs sources nahuas, elle couvre les victimes de pustules douloureuses et entraîne une mortalité considérable. La maladie frappe indistinctement guerriers, habitants et membres de la noblesse. Les structures sociales et les réseaux de ravitaillement sont profondément perturbés. Cette catastrophe démographique joue un rôle majeur dans l’effondrement de la puissance mexica durant la conquête espagnole
1710 :
Après plusieurs jours de siège, la capitale acadienne de Port-Royal capitule devant les forces britanniques. La défaite touche également les alliés autochtones de la Confédération Wabanaki, notamment les Mi’kmaq et les Malécites, qui combattaient aux côtés des Français. La ville est rebaptisée Annapolis Royal et devient le centre du nouveau pouvoir britannique en Acadie. Cet événement modifie durablement l’équilibre politique du Nord-Est de l’Amérique. Pour les nations wabanaki, il inaugure une longue période de résistance face à l’expansion britannique
1775 :
Le Congrès Continental autorise l’armement de ses premiers navires de guerre, acte considéré comme la naissance de la Continental Navy. Tandis que les insurgés américains se dotent de nouvelles capacités militaires, les nations Haudenosaunee observent avec inquiétude l’extension du conflit entre la Couronne britannique et les colonies rebelles. La guerre qui débute fragilise les équilibres diplomatiques du Nord-Est. Plusieurs nations iroquoises seront bientôt entraînées dans une lutte qui divisera la Confédération
1794 :
Après la défaite de la Confédération autochtone à Fallen Timbers, les forces du général Anthony Wayne poursuivent leur implantation dans la vallée de la Maumee. Les nations Shawnee, Miami et Delaware font face à une présence militaire américaine croissante et à la construction de nouveaux forts sur leurs territoires. Tandis que les chefs autochtones cherchent encore des appuis diplomatiques auprès des Britanniques, l’équilibre des forces bascule progressivement en faveur des États-Unis. Cette situation mènera quelques mois plus tard au Traité de Greenville.
1812 :
À la Bataille des Hauteurs de Queenston, les guerriers mohawks des Six Nations de Grand River dirigés par John Norton (Teyoninhokarawen) jouent un rôle déterminant dans la défense du territoire. Face à une force américaine supérieure en nombre, ils ralentissent l’avance ennemie sur l’escarpement de Queenston et maintiennent la pression jusqu’à l’arrivée des renforts britanniques. Leur intervention contribue directement à la victoire de l’alliance britannico-autochtone. Cette bataille demeure l’un des exemples les plus marquants du rôle militaire des Haudenosaunee durant la guerre de 1812
1846 :
Une délégation de la nation Winnebago (Ho-Chunk) signe un traité à Washington avec le gouvernement américain. En échange de compensations financières et de la promesse d’un nouveau territoire, les Ho-Chunk cèdent leurs dernières terres du Neutral Ground dans l’Iowa. Pour la nation winnebago, cet accord représente un nouveau déplacement imposé après plusieurs expulsions successives du Wisconsin. Le traité accélère la perte du contrôle territorial autochtone et prépare une nouvelle relocalisation vers l’ouest
1854 :
Les chefs des nations ojibwées de Saugeen et de Nawash concluent avec la Couronne britannique le Traité n° 72. L’accord transfère à la Couronne la majeure partie de la péninsule Bruce tout en maintenant plusieurs réserves et territoires protégés pour les communautés autochtones. Pour les Ojibwés, ce traité transforme profondément l’occupation traditionnelle du territoire et ouvre la région à la colonisation euro-canadienne. Ses conséquences foncières demeurent encore aujourd’hui au cœur de revendications territoriales de la Saugeen Ojibway Nation.
1864 :
Plusieurs centaines de guerriers Comanches et Kiowas lancent le grand raid d’Elm Creek contre les établissements de la frontière texane près de la rivière Brazos. Profitant de l’affaiblissement des défenses lié à la guerre de Sécession, ils attaquent des ranchs, capturent des chevaux et du bétail, et emmènent plusieurs captifs. Pour les nations des Plaines, cette opération s’inscrit dans la défense de leurs territoires face à l’expansion coloniale. Les combats causent des pertes des deux côtés et marquent l’un des plus importants raids autochtones au Texas durant la guerre civile américaine.
1904 :
La Comisión Radicadora de Indígenas poursuit la délimitation des terres reconnues aux communautés mapuches et l’attribution de títulos de merced. Ces titres définissent les réserves où les familles autochtones sont regroupées après l’occupation de l’Araucanie par l’État chilien. Si ces documents constituent une reconnaissance juridique de certaines terres, ils correspondent aussi à une forte réduction du territoire ancestral mapuche. Le processus de radication se poursuivra jusqu’à la fin des années 1920.
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Photo : 2 Kiowas posant avec des parapluies – autour de 1890 – George A. Addison – Missouri Historical Society
