Note : Beaucoup d’événements n’ont été pas enregistrés à une date très précise quand ils ne viennent pas de transmission orale. Certains autres se sont déroulés sur des périodes plus ou moins longues. La liste ci-dessous n’est bien sûr pas exhaustive.

1493 :

La flotte de Christophe Colomb aperçoit une île des Petites Antilles habitée par les Kalinagos. Comme la découverte a lieu un dimanche, l’île est baptisée Dominica. Cette escale marque l’un des premiers contacts documentés entre les Espagnols et les peuples des Caraïbes orientales. Les récits de l’expédition décrivent une région déjà occupée et organisée par les Kalinagos.

1591 :

Au cours des campagnes espagnoles menées dans les montagnes du Nayarit, les forces de Rodrigo del Río de Losa auraient capturé puis exécuté plusieurs dirigeants cora et huichol. Cet épisode s’inscrit dans la longue résistance des peuples autochtones du Grand Nayar face à l’expansion coloniale espagnole. La prise de bastions indigènes renforce temporairement l’autorité espagnole dans la région. Toutefois, la résistance cora et huichol se poursuivra durant plus d’un siècle.

1762 :

La France cède secrètement la Louisiane à l’Espagne à la suite de la guerre de Sept Ans. Cette décision transfère à la couronne espagnole de vastes territoires habités par de nombreuses nations autochtones, dont les Choctaws, Chickasaws et Osages. Aucune de ces nations n’est consultée sur ce changement de souveraineté. L’accord redessine l’équilibre politique de l’Amérique du Nord et annonce une nouvelle phase des relations entre peuples autochtones et pouvoir colonial européen.

1791 :

À proximité de la rivière Wabash, les guerriers de la Confédération autochtone de la vallée de l’Ohio se préparent à attaquer l’armée américaine du général Arthur St. Clair. Menées notamment par Little Turtle et Blue Jacket, les forces autochtones profitent de la vulnérabilité du camp américain. Au matin du 4 novembre, leur offensive déclenche une victoire décisive. Cette bataille demeure la plus grave défaite militaire des États-Unis face à des nations autochtones et marque l’un des plus grands succès de la résistance indigène en Amérique du Nord.

1804 :

À Saint-Louis, William Henry Harrison conclut un traité avec des représentants sauks et meskwakis dirigés par Quashquame. L’accord cède aux États-Unis une vaste étendue de terres à l’est du Mississippi. Contesté par de nombreux Sauks et Meskwakis, qui estiment que les signataires n’avaient pas mandat pour vendre ces territoires, ce traité devient l’une des principales sources du conflit qui mènera à la guerre de Black Hawk.

1813 :

Durant la guerre Creek, les forces américaines du général John Coffee, appuyées par des alliés autochtones, attaquent et encerclent le village muscogee de Tallushatchee en Alabama. La bataille se solde par la destruction complète du village et la mort d’environ 186 guerriers red sticks. De nombreuses femmes et enfants sont faits prisonniers après les combats. Cette victoire constitue l’un des premiers succès majeurs de la campagne menée par Andrew Jackson contre les Red Sticks. Elle marque un tournant dans la guerre et annonce l’affaiblissement progressif de la résistance muscogee.

1865 :

Les États-Unis signent un traité avec la nation Ho-Chunk (Winnebago) afin d’établir une nouvelle réserve dans le Nebraska. Cet accord intervient après plusieurs déplacements forcés imposés au peuple ho-chunk depuis le Wisconsin, le Minnesota puis le Dakota. Le traité reconnaît officiellement leur installation sur un territoire qui deviendra la réserve des Winnebagos du Nebraska. Bien qu’il apporte une relative stabilité après des années d’exil, il s’inscrit dans la politique fédérale de relocalisation des nations autochtones. L’événement marque une étape importante dans l’histoire de la survie et de la réorganisation du peuple ho-chunk.

1887 :

Les autorités américaines mettent fin au mouvement mené par Sword Bearer (Wraps-Up-His-Tail), chef spirituel de la nation crow (Absaroka) dans le Montana. Après une confrontation avec les forces fédérales près de la réserve crow, Sword Bearer est tué et ses partisans se rendent. Ce soulèvement exprimait le refus des politiques d’assimilation et de la tutelle croissante exercée par le gouvernement américain sur les peuples autochtones. Sa répression marque un recul de l’autonomie politique et religieuse des Crows.

Huit prisonniers Crow sous surveillance à l’agence Crow, Montana – 5 novembre 1887 – NARA
Les huit prisonniers identifiés dans les archives sous les noms de : Crazy Head, Knowing his Coos, Deaf Bull, The Bank, Looks with his Ears, Big Hail, Carries his Food et The Rock

1903 :

Le Panama proclame son indépendance de la Colombie, ouvrant une nouvelle phase de son histoire politique. Pour les Gunas de l’archipel de San Blas, ce changement de souveraineté entraîne une redéfinition de leurs relations avec l’État. Au cours des années suivantes, les politiques de centralisation et d’assimilation de la jeune république accentuent les tensions avec les communautés autochtones. Ces pressions contribuent à nourrir un fort mouvement de résistance culturelle et politique. Elles déboucheront finalement sur la révolution guna de 1925 et la reconnaissance progressive d’une autonomie territoriale.

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Photo : Huit prisonniers Crow sous surveillance à l’agence Crow, Montana – 5 novembre 1887 – NARA
Les huit prisonniers identifiés dans les archives sous les noms de : Crazy Head, Knowing his Coos, Deaf Bull, The Bank, Looks with his Ears, Big Hail, Carries his Food et The Rock